Summer Love - Chapitre 4

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Summer Love - Chapitre 4
Summer Love - Chapitre 4
Summer Love - Chapitre 4
 
 
Été 2016. Carmel-By-The-Sea, Californie.

J'ouvre les yeux difficilement par manque de sommeil mais je suis d'excellente humeur. Il est à peine 14 heures et même si je sais que c'est stupide, je jette un ½il à mon portable. J'ai l'impression d'avoir été harcelé par Alison et Ethan mais aucun signe de vie de Louis. C'est normal et pourtant ça me pince le c½ur ; je crois que c'est la première fois que ça m'arrive.
 
Je vais fouiller dans mon frigo pour sortir du lait et je me fais un bol rempli à ras bord de Chocapic. J'ai l'impression de ne pas avoir mangé depuis 15 jours au moins. Je vais m'installer devant la télé, je lance un dessin animé ; y a pas mieux pour commencer une journée. J'en suis à peine à la moitié de mon bol quand on sonne à la porte. C'est forcément Louis alors je me précipite dans l'entrée pour ouvrir et je ne masque pas ma déception quand je réalise que ce n'est qu'Ethan.
 
« Bah cache ta joie, je t'en prie. Pour une fois que t'étais rapide, en plus. »
 
Il me bouscule pour entrer et je me renverse la moitié de mon lait dessus.
 
« Fait chier, je râle. Puis je t'ai pas invité à entrer je te signale.
– C'est pour ça que je suis rentrer tout seul. T'attendais qui ?, il demande alors que je referme la porte.
– Personne.
– Je sais que si, il insiste.
– Mais non putain, j'attendais personne ! »
 
Puis comme pour ne pas me venir en aide, on sonne de nouveau à la porte. Ethan se redresse du canapé où il s'est lamentablement échoué pour tenter d'apercevoir quelque chose mais j'entrouvre simplement la porte. Lorsque j'aperçois Louis, j'ai des palpitations et mon regard s'illumine. Il a un large sourire et je referme la porte derrière moi après être sorti.
 
« Pas très réveillé ?, il demande en désignant mon t-shirt tâché.
– En fait, c'est Ethan. »
 
Je me penche pour embrasser ses lèvres ; c'est bref parce qu'il fait un pas en arrière.
 
« Ethan est là ?, il s'inquiète.
– Oui.
– Je ne veux pas qu'il me voit ! Il n'arrête pas de tout répéter à tout le monde. »
 
J'affiche un sourire en coin à sa remarque.
 
« Alors c'est un amour de vacances secret ? », je demande.
 
Il pouffe de rire et me vole un baiser.
 
« Pour l'instant, j'aimerais qu'on soit tranquille.
– Moi aussi, je reconnais en repensant un peu à Peter et Kit. Fais le tour, je vais t'ouvrir par la porte de ma chambre. J'esquive Ethan et je suis à toi. »
 
Il hoche la tête le regard pétillant de malice et je me dépêche de rentrer chez moi.
 
« C'était qui ?, demande Ethan sans quitter l'écran des yeux.
– Le facteur.
– Tu reçois du courrier ici toi ? Depuis quand ?
– Depuis là, ma mère me fait suivre des lettres, c'est tout. T'es flic ou quoi ? »
 
Il pouffe de rire et reporte son attention sur la télé sans s'étonner que je n'ai pas les lettres en question dans les mains.
 
« Je vais changer mon t-shirt. », j'annonce sans attendre de réponse de sa part.
 
Je pose mon bol de céréales sur la table et je fonce dans ma chambre. Louis attend devant la porte qui donne sur mon jardin et je l'ouvre à peine qu'il se jette dans mes bras pour m'embrasser fiévreusement. Mes mains parcourent son dos alors qu'il s'accroche doucement à mes cheveux. Je crois que je n'ai jamais senti autant de passion dans un seul baiser. Tous mes sens sont en éveil et je mémorise chaque partie de son corps que mes mains découvrent.
 
« Il n'est pas encore dehors... », je glisse entre deux baisers.
 
Louis sourit, il ne me répond pas, il se contente de s'emparer de mes lèvres à nouveau. J'ai l'impression de le découvrir sous un autre jour et pourtant, je sais qu'il reste timide même si son audace me fait frémir. Il est en totale contradiction avec lui-même et ça me met sans dessus-dessous.
 
« Je dois changer de t-shirt. », je le préviens.
 
Sans même se demander si je suis d'accord avec ça, il glisse ses mains sous mon t-shirt et le remonte pour m'aider à le retirer avant de le faire valdinguer dans la pièce.
 
« Tant mieux parce qu'il était moche. Cette couleur ne te va pas. », il chuchote en riant.
 
Je pouffe de rire contre ses lèvres et je vais fermer la porte de ma chambre à clé.
 
« Tu ne le mets pas dehors ?, il s'étonne.
– T'en fais pas pour lui. Je n'ai aucune envie de quitter cette chambre pour le moment. »
 
Il rougit et lorsque je m'approche à nouveau, c'est son t-shirt à lui qui vole à travers la pièce. Ses lèvres parcourent mon cou, et les frissons que me donnent ses doigts sur ma peau n'ont pas d'égal. Jamais je n'ai ressenti une telle fièvre et c'est encore pire lorsqu'on se retrouve tous les deux sur mon lit, entièrement nu.
 
On s'embrasse, on se caresse. J'ai la sensation que le temps s'est arrêté. La passion se transforme lentement en tendresse et je voudrais que cet instant dure toujours tant je me sens serein et apaisé. Chaque fois que nos regards se croisent, ils s'accrochent, se désirent. Nos lèvres ses rencontrent, nos corps se frôlent. Nos mains se lient.
 
« Putain mais tu le fabriques ton t-shirt ou quoi ? », s'écrie Ethan de l'autre côté de la porte.
 
Louis niche sa tête dans mon cou pour étouffer un rire et je me mords l'intérieur des joues pour ne pas éclater de rire. J'avais carrément oublié qu'il était là et il m'a fait peur.  
 
« Dégage, j'suis pas bien, je vais rester coucher. », je réponds à Ethan.
 
Il tente d'ouvrir la porte et Louis tait mon rire en embrassant mes lèvres. Ethan n'est ni patient, ni très difficile à convaincre.
 
« Fais chier, il ronchonne. Je repasse ce soir ! »
 
Je ne réponds pas et on entend la porte d'entrée claquer. Mais je crois qu'on se fiche pas mal qu'il soit là ou pas. Nous voulions simplement qu'il se taise.
 
Louis et moi n'avons pas couché ensemble. Comme si c'était trop tôt, trop précipité. Nous avons simplement appris à nous connaître, à nous découvrir et à nous apprécier. Je suis venu, évidemment, et lui aussi. Mais nous n'avons pas dépassé le stade des caresses et des baisers.
 
Et contre toute attente, je ne me suis même pas senti frustré.
 
. . .
 
Une fois douché et habillé, j'ai proposé à Louis d'aller faire un tour et ses yeux brillaient tellement que j'ai su qu'il était d'accord. Il n'a pas eu besoin de parler pour que je le sache. Louis est silencieux après un moment intime. Il est très câlin, mais pas bavard pour un sou. Il me l'a expliqué après que nous ayons parcouru plusieurs kilomètres en voiture sur la côte, pour rejoindre une crique je connaissais bien. Personne n'y descend jamais parce qu'elle est difficile d'accès mais ce n'est pas un problème pour moi.
 
« Jamais je ne descendrais là, me dit Louis en voyant le vide et la pente raide que j'ai désigné.
– Est-ce que tu as confiance en moi ?, je demande sans trop d'espoir.
– Bof, il répond un peu sur la réserve.
– Bof ça veut dire au moins un peu alors ?, j'insiste.
– Oui, au moins un peu.
– Ok. Grimpe sur mon dos et ferme les yeux, d'accord ? Sans poser de questions. »
 
Il hésite un peu mais s'exécute. Je reconnais que je ne pensais pas qu'il serait aussi facile à convaincre, mais ça me convient bien parce que je n'aime pas me bagarrer pendant des heures pour obtenir ce que je veux.
 
« Je te demande juste de t'accrocher fermement parce que je ne pourrais pas de tenir. », je lui explique.
 
Ses jambes s'enroulent autour de ma taille et ses bras s'accrochent plus fort à mon cou. Je balance notre sac en bas ; il roule, se cogne dans les branches, les rochers, et lorsqu'il est hors de mon champ de vision, je me dis qu'il est arrivé sur le sol.
 
« On y va, je le préviens.
– Mais si tu glisses ?, il demande alors que j'escalade le gros rocher qui nous permettra de passer de l'autre côté pour atteindre le sentier abandonné que je convoite.
– Je me rattraperais aux branches.
– Je suis lourd, tu risques de perdre l'équilibre, il insiste.
– Un jour, je te raconterais une histoire. », je rétorque simplement, comme si ça rassurerait.
 
Une histoire que je me raconte en ce moment même. Celle qui est sans doute l'un des moments les plus difficiles de mon enfance et peu importe si c'était un jeu ou non. Peu importe si c'était un passage obligé pour tous les enfants de ma communauté. J'étais effrayé, perdu. J'avais froid, faim. Je voulais m'arrêter de courir mais si je le faisais, j'échouais. Mon père m'a toujours dit qu'un échec équivalais à une mort certaine – alors il était hors de question que j'abandonne. J'ai sauvé ma peau, celle de Kelly et nous sommes rentrés chez nous. Je me raconte cette histoire pour me rappeler que rien n'est plus difficile que cette nuit-là. Quand on arrive en bas, je suis à peine essoufflé et Louis quitte mon dos rapidement.
 
« Wow. Là c'est clair que si tu voulais m'impressionner, t'as réussi ! », il dit en fixant l'endroit d'où l'on vient. 
 
Je lève les yeux au ciel avant d'aller récupérer le sac qui s'était écrasé un peu plus loin. Je le redépose à nos pieds.
 
« Personne ne va venir ici, je dis. C'est toi qui voulait être tranquille, non ?, je demande en souriant.
– C'est ici que tu emmènes toutes tes conquêtes ?, il m'interroge avec un air suspicieux.
– Non, d'habitude je suis plutôt classique genre restaurant, tout ça.
– Je suis chanceux ?
– T'as pas idée à quel point. »
 
Il se met à rire et je le trouve vraiment très beau. Trop peut-être. Je l'attrape par la taille et embrasse ses lèvres à plusieurs reprises. Je crains qu'il ne réalise pas à quel point il est un aimant qui m'attire, m'attire, m'attire.
 
« Comment tu as découverts cet endroit ?, il demande en passant ses bras autour de mon cou.
– J'y suis tombé une fois. On jouait avec ma cousine. Nos parents étaient dans le restaurant d'en face.
– La brasserie ?
– C'est ça. Nous on jouait sur les rochers. On s'est disputé, elle m'a poussé et je suis tombé.
– Dans le vide ?, il s'étonne en écarquillant les yeux.
– Tu penses que je serais vivant si j'étais tombé dans le vide ? »
 
Il pouffe de rire et écrase ses lèvres contre les miennes.
 
« Peut-être que tu es un fantôme et que tu n'en sais rien. Peut-être que c'est pour ça que tu répètes les mêmes erreurs tous les étés !
– T'es con, je dis en riant.
– Donc t'es tombé ?, il reprend plus sérieusement.
– Oui. J'ai rebondi sur les cailloux, les branches, les arbres.. j'ai roulé dans la terre et je suis tombé à plat ventre juste ici, je dis en pointant du doigt le pied d'un énorme palmier.
– Tu te joues de moi ?, il demande très sérieusement.
– Je sais que tu as vu mes cicatrices tout à l'heure. Peut-être même que tu as tenté de les mémoriser avant de réaliser qu'elles étaient trop nombreuses. Certaine de ces cicatrices appartiennent à cette chute. »
 
Il se met à rougir et son regard fuit le mien, comme s'il était gêné que j'ai déduis tout ça.
 
« Qu'on dit vos parents ?, il poursuit.
– Ils m'ont demandé de remonter. »
 
Il lourd silence auquel je ne m'attendais pas nous tombe dessus.
 
« Pardon ? Bon sang mais c'est de la folie ! Quel genre de parents feraient ça ? Ils n'ont pas appelé les pompiers ? Ils ne sont pas descendus eux-mêmes ? Je n'imaginais pas ta mère comme ça c'est—
– Mon père est descendu oui. Il s'est assuré que j'étais toujours vivant parce qu'il était inquiet mais quand j'ai ouvert les yeux il m'a demandé de remonter et de rentrer chez nous.
– Mais non ! Tu mens ! C'est de la maltraitance ! », il s'indigne.
 
J'affiche un pâle sourire parce que je suis conscient que pour les gens extérieurs à notre communauté, ça n'a pas de sens. J'embrasse son front, comme pour le rassurer.  
 
« Ce n'est pas de la maltraitance, c'est de la survie.
– C'est ça l'histoire que tu devais me raconter ?, il s'offusque.
– Non.
– Quoi ? Y a pire ?
– Qui te dit que c'est pire ?, je demande calmement.
– La peur que j'ai entendu dans ta voix. »
 
Je me ferme complètement et quand il le comprend, il se radoucit. C'est étrange de ressentir toutes ces émotions, d'être perdu à ce point. Je connais Louis depuis deux jours mais j'ai la sensation que mon âme le connaît depuis toujours, qu'elle ne fait que le retrouver. Il tend une main vers moi et je la saisis au passage pour l'empêcher d'avoir un geste tendre à mon égard.
 
« Mes parents ne me maltraitaient pas. Quand tu sauras, tu comprendras. Ne juge pas ce que tu ne connais pas, ne sois pas comme tout le monde s'il te plait. », je demande très sérieusement.
 
Il hoche la tête, certainement soucieux de ne pas me décevoir.
 
« Pourquoi tu ne me le dis pas ?, il demande.
– Comme toi pour l'eau. Je n'ai pas assez confiance. »
 
Je laisse tomber sa main et il affiche un petit sourire. La tension retombe complètement et la malice dans ses yeux me fait oublier ma ranc½ur. À nouveau, mon c½ur résonne jusque dans mes tempes et les Saints Archanges me chantent les louanges de Louis dans les oreilles.
 
« Bien. Apprenons à nous faire confiance alors. », il conclue.
 
Sa main trouve la mienne et il la serre entre ses doigts. Il tire sur mon bras et je récupère le sac au passage avant de me laisser entraîner au bord de l'eau. L'espace de quelques secondes, ses doigts ne serrent plus ma main alors je me tourne vers lui pour découvrir qu'il est fasciné par la vue. Il a l'air d'un gamin devant son gâteau d'anniversaire et ça me rend heureux – et un peu fier aussi.
 
« T'as bien fait de tomber..., il plaisante.
– Tu vois ? Je te l'avais dit. »
 
Il pouffe de rire et je lâche sa main pour sortir la serviette géante que j'ai pris pour nous. Je l'étends par terre et il s'assoit dessus, face à l'océan. Moi je reste debout, je commence à me déshabiller.
 
« Qu'est-ce que tu fais ?, il s'étonne.
– Je vais me baigner.
– Quoi ? Sous mes yeux ? Mais si tu te noies ? », il s'inquiète.
 
Je pouffe de rire.
 
« Impossible. Je suis excellent en apnée.
– Mais je ne pourrais pas te... oh, il souffle sans se priver de me reluquer de la tête au pied quand je me débarrasse de mon boxer. Tu te baignes nu ?
– Je te l'ai dit : personne pour nous déranger.
– Ça me va, il répond en souriant.
– Quoi donc ?
– Toi nu, moi ici, sur cette plage que personne ne connaît. Ça me va. C'est mon nouvel endroit préféré.
– T'as pas le droit de le choisir, c'était le mien !, je m'exclame avec un sourire taquin.
– Alors c'est le notre. »
 
Sa réponse me convient et j'arrête de débattre. Je cours jusque dans l'eau et je me jette dans les vagues avec un plongeon gracieux. Je ne sais pas combien de temps je reste dans l'eau, j'adore ça. Je nage, je fais des aller-retours, je me laisse flotter, je crois que j'oublie le reste du monde quand je suis dans l'eau. Mais pas Louis. Je sais qu'une part de moi refuse d'ignorer sa présence parce qu'à aucun moment je n'ai plongé sous l'eau plus de deux secondes. Lorsque je le vois debout, les doigts de pieds touchant presque l'eau, je me redresse pour toucher terre. L'eau m'arrive à la taille.
 
« Tout va bien ?, je demande assez fort pour couvrir le bruit des vagues.
– Je crois que je deviens jaloux.
– De quoi ?
– De l'océan. Est-ce que c'est comme ça que tu traites tous tes Amour ?
– Tu es le seul Amour que j'ai jamais eu. »
 
Il éclate de rire et son écho ricoche sur chaque paroi de la crique, chaque grain de sable, chaque écume. Chaque partie de mon corps. Je le dévore du regard et lorsqu'il le remarque, il pique un far qui lui va vraiment bien. Je sors de l'eau et il se précipite sur la serviette pour la récupérer et venir m'enrouler dedans. Il fait chaud dehors et même si je n'en avais pas besoin, je crois que j'aime l'attention.
 
. . .
 
Je suis allongé sur le ventre, j'ai enfilé mon boxer et Louis est à côté de moi. Il fait glisser du sable sur mon dos, il le caresse et je somnole un peu.
 
« Je n'ai jamais fait ça. », il dit soudain.
 
Je tourne la tête vers lui mais comme je ne parviens pas à le voir sans me tordre le cou, je m'installe sur le dos. Ça ne l'empêche pas de continuer ses caresses ou de me recouvrir de petit tas de sable chaud.
 
« Fait quoi ?, je demande.
– Aller aussi vite. Je suis timide, je suis pudique. J'aime prendre mon temps. Je ne suis pas ce genre de personnes.
– Défini 'ce genre de personne', s'il te plait ? »
 
Il ferme les yeux quelques secondes, comme s'il cherchait les bons mots.
 
« Quelqu'un qui semble facile à avoir, qui se laisse faire ou qui aguiche au bout de 5 minutes. Je ne veux pas que tu aies cette image de moi. Je ne suis pas comme ça.
– Pourquoi ça t'inquiète que j'ai cette image de toi ?
– Parce que j'aimerais être quelqu'un de respectable à tes yeux.
– Mais tu l'es. »
 
Il stoppe ses caresses, sa main à plat sur mon ventre, pour me regarder sérieusement.
 
« Vraiment ?, il insiste.
– Oui. »
 
Il s'allonge à côté de moi et je cherche sa main avant de lier nos doigts. Il s'est mis encore plein de sable sur les mains mais cette fois-ci je ne dis rien. Je constate simplement qu'il ne sait pas prendre soin de lui même et ça ne me gêne pas, parce que je sais que je vais apprécier prendre soin de lui.
 
« Je me fiche bien de ce dont tu as l'air, je lui dis. Je ne me pose pas la question en fait. Ça m'arrange même qu'on ne perde pas de temps parce que j'ai l'impression d'avoir un millier de choses à découvrir et que deux mois, c'est un peu court.
– Deux mois c'est tout ce que tu nous accordes ?
– Oui. »
 
Il soupire mais il ne se braque pas.
 
« Comment je vais connaître chaque histoire de toutes tes cicatrices en si peu de temps ? »
 
Je pouffe de rire.
 
« T'es nul, je dis.
– Tu penses vraiment pouvoir me quitter à la fin de l'été ? », il demande en basculant sur le côté pour pouvoir s'allonger sur moi, à plat ventre.
 
Je place mes mains derrière ma tête en guise d'oreiller pour pouvoir regarder le ciel et je relève mes genoux de part et d'autre de Louis pour l'empêcher de glisser sur le côté.
 
« Je pense pouvoir y arriver oui, je réponds avec un sourire taquin. J'y suis parvenu jusqu'ici.
– Mais les autres étaient facile à oublier.
– Tu es difficile à oublier ?
Impossible, il me corrige. Je laisse des traces indélébiles.
Des cicatrices, j'en ai déjà beaucoup, je rétorque.
– Elles sont en surface.
– Oh, alors tu es du genre à faire souffrir ? »
 
Il lève la tête vers moi.
 
« Ça fait souffrir d'être loin de la personne qu'on aime. »
 
Je pouffe de rire et il me pince doucement la hanche. J'aime cette complicité entre nous, cette façon qu'on a de parler sérieusement sans que ça ne tourne au drame. Je me sens bien avec lui, mais je ne le lui dirais pas. Pas tout de suite.
 
« Tu as mauvais caractère, non ?, je lui demande après quelques secondes de silence.
– Non, pas du tout. Mais je suis entêté. Et toi ?
– Je suis... je ne sais pas trop. Peut-être que moi aussi, je suis entêté. Oh si, j'ai mauvais caractère. Je me bagarre souvent. Quand je n'apprécie pas quelqu'un, il est très au courant.
– Je suis discret, il ajoute.
– Je suis surprotecteur.
– Ça j'aime bien, il dit en passant ses doigts sur mes lèvres. Je suis ambitieux.
– Ah oui ? À quoi est-ce que tu aspires ?
– J'aimerais travailler dans les laboratoires qui cherchent des vaccins. Je trouve ça chouette. »
 
Je crois que je n'ai jamais entendu personne qui souhaitait faire un tel métier et ça me rend admiratif.
 
« Tu rentres à la fac ?, je demande en caressant son nez du bout du doigt.
– Non, je rentre en terminale cette année. Je la recommence parce que... enfin je veux avoir de meilleures notes pour avoir une meilleure fac. Surtout dans les matières scientifiques.
– Je ne connais personne qui redouble de lui-même pour avoir de meilleurs notes.
– Bah si. Tu me connais moi. »
 
J'éclate de rire et je m'avance pour embrasser ses lèvres.
 
« Et toi ? Tu rentres à la fac ?
– Non, pas du tout. C'est pas pour moi l'école. Quand j'en aurais envie, je pourrais reprendre un des garages de mon beau-père. Mais pour l'instant j'aimerais bien entrer dans l'armée.
– Dans l'armée ? C'est difficile comme choix de carrière.
– Mais ça me plait.
– Alors tu as raison de vouloir le faire. C'est important de faire ce qu'on aime.
– Je crois que t'es le seul qui pense comme ça. Mes parents sont vraiment contre. Surtout ma mère.
– C'est parce qu'elle a peur. Ça se comprend, il rétorque.
– Mouais, si on veut. »
 
Il comprend sans doute que ce n'est pas un sujet sur lequel je veux m'étendre parce qu'il scelle nos lèvres avec tendresse. Pour terminer la conversation, pour en commencer une nouvelle, pour me faire perdre la tête aussi. Ses mains parcourent mon corps et il se retrouve sur moi en quelques secondes. La tendresse se mue en passion et nous sommes interrompus par le portable de Louis qui vibre entre nous.
 
« Tu ranges ton téléphone portable dans la poche avant ?, je m'offusque.
– Quoi ? J'ai peur qu'on me le vole dans la poche arrière ! »
 
Il s'assoie sur mes cuisses et sort son téléphone pour répondre. Je comprends que c'est Peter lorsqu'il se lève pour s'éloigner un peu. Je n'écoute pas ce qu'il dit et je crois que ça m'emmerde qu'ils soient encore en contact. Mais ce qui m'agace le plus c'est quand Louis m'annonce qu'il faut qu'on rentre parce que ce soir on dine tous ensemble sur la plage privée de Bayview. Apparemment, j'aurais dit à Ethan que ce serait sympa d'organiser un feu de camp chez moi pour officialiser mon retour. Fais chier.


#RAMfic

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Comments :

  • resteavecmoific

    10/10/2016

    IWillFallForYouFic wrote: "Je sais me faire une opinion maintenant au bout de quatre chapitres c'est court. Mais le titre et la tournure que prenne les choses me font peur. L'amour fort aussi fort, le grand amour ça ne termine jamais bien. Et le titre ça sonne mal. Je suis accro à ta fiction depuis le premier chapitre. Mais j'ai peur que ça finisse mal j'ai déjà fais quatre suites dans ma tête mais aucune ne termine bien. Je sais que parler de fin au bout de quatre chapitres c'est n'importe quoi. Mais c'est ce que je ressens et je pense que j'avais besoin de te le dire. Cette fiction est trop intense en moment et en sentiment entre les deux personnages pour une fin heureuse. "

    Ahah je comprends et vois tout à fait ce que tu veux dire. Evidemment je ne peux pas te donner d'indice, peut-être que tu te trompes, peut-être pas... xD Merci beaucoup, j'espère que ça te plaira jusqu'à la fin et que je parviendrais quand même à te surprendre malgré toutes les fins que tu as déjà imaginé ! ❤

  • resteavecmoific

    10/10/2016

    LARRYFICAHOLIC wrote: "J'adoooooore !!J'ai eu des frissons tout le long ❤❤❤ MAIS... parce qu'il a toujours un MAIS je trouve ça trop beau pour etre vrai... que nous reserves-tu ma belle Mélanie ??!!! "

    Ahah vous êtes tous stressés je comprends pas pourquoi xD Merci beaucoup ❤

  • LARRYFICAHOLIC

    10/10/2016

    J'adoooooore !!J'ai eu des frissons tout le long ❤❤❤ MAIS... parce qu'il a toujours un MAIS je trouve ça trop beau pour etre vrai... que nous reserves-tu ma belle Mélanie ??!!!

  • IWillFallForYouFic

    10/10/2016

    Je sais me faire une opinion maintenant au bout de quatre chapitres c'est court. Mais le titre et la tournure que prenne les choses me font peur. L'amour fort aussi fort, le grand amour ça ne termine jamais bien. Et le titre ça sonne mal. Je suis accro à ta fiction depuis le premier chapitre. Mais j'ai peur que ça finisse mal j'ai déjà fais quatre suites dans ma tête mais aucune ne termine bien. Je sais que parler de fin au bout de quatre chapitres c'est n'importe quoi. Mais c'est ce que je ressens et je pense que j'avais besoin de te le dire. Cette fiction est trop intense en moment et en sentiment entre les deux personnages pour une fin heureuse.

  • resteavecmoific

    09/10/2016

    Visiteur wrote: "Oh mon dieu mais Mélanie tu essaies de me tuer ? MAis c'est tellement mignon lkhdfsqghfqsjf je suis au bout de ma vie !! C'est vrai que c'est rapide mais, étant donné qu'Harry leur donne seulement 2 mois, ils n'ont pas de temps à perdre. J'ai dû mal à comprendre ce point de vue d'ailleurs, parce que je suis comme Louis, quand j'aime, c'est du sérieux. Les amourettes de vacances, je sais même pas comment c'est humainement possible de survivre à ça quand t'as de réels sentiments pour la personne. Alors Louis va-t-il réussir à faire changer de point de vue Harry ? That is the question. En tout cas moi je volunteer pour être avec Louis si Harry lui brise le coeur ?. Parce qu'honnêtement Louis c'est l'amour, il a l'air doux, gentil, intelligent, la définition du gentil garçon.
    Je trouve ça bien qu'ils parlent de sujets sérieux (genre la séparation planifiée) avec humour et taquinerie. Pour profiter de ce qu'ils ont pour le peu temps qu'ils disposent, c'est la meilleure des solutions.
    En ce qui concerne la famille d'Harry, je me pose des questions... Il parle de "communauté" et du coup la première chose qui me vient à l'esprit ce sont les familles américaines qui vivent tous ensembles et qui ressemblent à des sortes de sectes. Du coup j'ai vraiment hâte d'en apprendre plus sur cette partie de l'histoire.
    Trop hâte de ire la suite !!!?
    "

    Aww merci beaucoup slkjfghdfhg. Je ne sais pas si c'est "rapide" pour un amour de vacances... ils se plaisent, ils s'embrassent... on ne se pose pas trop de question quand on se dit que c'est éphémère et qu'il faut vivre l'instant.
    C'est vrai ça pour Louis, c'est un gentil garçon... malheureusement ça peut également être un défaut parce qu'il se peut qu'il ne sait pas dire non, il n'ose pas trop être méchant avec les autres de peur d'être mal vu... C'est à double tranchant.
    Ahah pour la communauté vous saurez bientôt, si Harry savait que tu parlais de secte il serait vraiment agacé MDRRR xD ❤
    Merci d'avoir pris le temps de me laisser un commentaire ❤

  • resteavecmoific

    09/10/2016

    RoxanneK wrote: "Adorable! J'adore! Ils se découvrent de plus en plus et moi aussi, et j'aime leurs différences.
    :-)
    "

    Merci beaucoup ❤

  • resteavecmoific

    09/10/2016

    ALongwaydown wrote: "Je les aime bcp ces deux là! Tout est si simple entre eux et pourtant réaliste et profond. Ils sont fait pour être ensemble. Tu nous faut vivre à leur côté et c'est très agréable comme aventure ! ❤"

    Merci beaucoup, c'est agréable à écrire et je trouve aussi qu'ils sont fait l'un pour l'autre ❤ ❤

  • RoxanneK

    09/10/2016

    Adorable! J'adore! Ils se découvrent de plus en plus et moi aussi, et j'aime leurs différences.
    :-)

  • Visiteur

    09/10/2016

    Oh mon dieu mais Mélanie tu essaies de me tuer ? MAis c'est tellement mignon lkhdfsqghfqsjf je suis au bout de ma vie !! C'est vrai que c'est rapide mais, étant donné qu'Harry leur donne seulement 2 mois, ils n'ont pas de temps à perdre. J'ai dû mal à comprendre ce point de vue d'ailleurs, parce que je suis comme Louis, quand j'aime, c'est du sérieux. Les amourettes de vacances, je sais même pas comment c'est humainement possible de survivre à ça quand t'as de réels sentiments pour la personne. Alors Louis va-t-il réussir à faire changer de point de vue Harry ? That is the question. En tout cas moi je volunteer pour être avec Louis si Harry lui brise le coeur ?. Parce qu'honnêtement Louis c'est l'amour, il a l'air doux, gentil, intelligent, la définition du gentil garçon.
    Je trouve ça bien qu'ils parlent de sujets sérieux (genre la séparation planifiée) avec humour et taquinerie. Pour profiter de ce qu'ils ont pour le peu temps qu'ils disposent, c'est la meilleure des solutions.
    En ce qui concerne la famille d'Harry, je me pose des questions... Il parle de "communauté" et du coup la première chose qui me vient à l'esprit ce sont les familles américaines qui vivent tous ensembles et qui ressemblent à des sortes de sectes. Du coup j'ai vraiment hâte d'en apprendre plus sur cette partie de l'histoire.
    Trop hâte de ire la suite !!!?

  • ALongwaydown

    09/10/2016

    Je les aime bcp ces deux là! Tout est si simple entre eux et pourtant réaliste et profond. Ils sont fait pour être ensemble. Tu nous faut vivre à leur côté et c'est très agréable comme aventure ! ❤

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