Cold Water - Chapitre 3

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Cold Water - Chapitre 3
Cold Water - Chapitre 3
Cold Water - Chapitre 3

Hiver 2019. Vallée de Shenandoah, Virginie.
 
Avec ces quelques rayons de soleil, Louis m'a convaincu de prendre la voiture pour monter jusqu'au barrage qui surplombe la vallée ; le serveur du restaurant où nous avons déjeuné lui a dit que le lac artificiel valait le coup d'être vu parce qu'il n'était là que depuis quelques années et que les aménagements fait tout autour étaient très beaux à cette période de l'année. Je n'étais pas spécialement emballé parce que le tour du lac faisait au moins 10 kilomètres et que Louis était encore épuisé, mais il m'a fait les yeux doux alors j'ai cédé.
 
« Tu veux qu'on loue des vélos ?, il demande alors qu'on quitte à peine le parking. Ne dit pas non. »
 
Je lève les yeux au ciel.
 
« Pourquoi tu me demandes si je n'ai pas le droit de dire non, alors ?
– Par politesse.
– C'est pas raisonnable. On n'a pas beaucoup d'argent de côté. On va devoir payer les billets de retour et c'est bientôt Noël. »
 
Louis me regarde avec un air triste. Mais je sais que ce n'est pas à cause des vélos.
 
« J'ai pas envie de fêter Noël, il souffle avant de baisser les yeux pour fixer ses chaussures.
– Très bien. J'irai chez ma mère alors. »
 
J'ai à peine terminé ma phrase qu'il relève vivement la tête.
 
« Quoi ? Mais non !, il s'exclame. T'as pas le droit de me laisser pour Noël ! Ça fait deux ans que t'étais pas là !
– Si tu ne veux pas le fêter, ce sera un jour comme les autres pour toi, non ? »
 
Il serre les dents et je sais qu'il est plus vexé que blessé alors je ne regrette pas d'avoir dit ça pour le bousculer un peu.
 
« Pourquoi tu me provoques ?, il demande en croisant les bras.
– Parce que tu as besoin de réaliser que la vie continue. Je sais que ton père a eu son accident à cette époque de l'année mais tu penses vraiment qu'il aurait envie que tu gâches tous les Noël qu'il te reste ?
– Tu penses vraiment que tu vas parvenir à me déculpabiliser de fêter Noël avec ton “ton père n'aurait pas voulu ça” ? »
 
Je me tais. Il ne peut pas me dire que je n'ai aucune compassion parce que je sais la douleur que représente la perte d'un parent, mais il me déteste de le forcer à voir le positif là où il estime qu'il n'y en a pas.
 
« Tu pourras aller chez ta mère, il se borne à répondre.
– Ok. Je la préviendrais en rentrant alors. », je dis avant de me mettre en route.
 
L'ambiance est lourde, Louis est une véritable tête de cochon mais j'en suis une aussi et je ne céderais pas cette fois-ci. Je refuse qu'il s'enferme dans des états de déprime tous les ans à la même période, simplement parce que c'est ce qu'il estime qu'il faut qu'il fasse. Je sais que c'est dur, je sais que j'ai l'air d'être sans c½ur, mais malheureusement la vie continue et s'il arrête de vivre à chaque période où il a traversé quelque chose de difficile, il va finir sa vie vissé au canapé et shooté aux antidépresseurs. Ce n'est pas ce que j'imagine pour lui.
 
C'est simplement au bout d'un quart d'heure de marche dans le plus grand des silences que j'entends Louis courir derrière moi pour me rattraper. Il glisse sa main dans la mienne mais je la lâche rapidement pour passer un bras autour de ses épaules et le serrer contre moi.
 
« Il faudra qu'on aille acheter un sapin et quelques décorations, il annonce timidement pour enterrer la hache de guerre.
– Pas de problème.
– Tu voudras inviter des gens ?, il demande.
– Non Louis, juste toi et moi ce sera très bien. Je sais que c'est difficile malgré tout.
– Vraiment ? »
 
Je hoche la tête et je m'arrête pour pouvoir lui donner un baiser. Si on commence par un sapin et des décorations cette année, c'est déjà un bon début.
 
« Je t'en voulais vraiment de m'avoir planté l'année dernière alors que mon père... enfin, tu vois ?, il dit avant de passer ses bras autour de ma taille.
– Je sais. Je suis désolé, j'aurais aimé être plus présent. »
 
Il se blottit contre mon torse ; c'est agréable de pouvoir être là, de pouvoir le sentir entre mes bras et de pouvoir le rassurer comme il mérite de l'être.
 
« Tu m'écris toujours les lettres que tu ne m'envoies pas ?, je demande en caressant ses cheveux.
– Si tu savais celle que j'ai écrit pendant que je te pensais à Hawaï !, il dit en riant.
– J'ai dû prendre cher.
– T'as pas idée. »
 
Louis lève la tête vers moi et il me sourit. Un sourire qui réchauffe le c½ur parce même ses yeux et son âme entière reflètent à quel point il est heureux.
 
« C'était une bonne idée d'aller voir un psy, tu penses pas ?, je le taquine.
– Pff. »
 
Il se détache de moi et prend ma main pour avancer.
 
« Ce tour du lac ne va pas se faire tout seul ! », il râle.
 
Il ne veut pas reconnaître qu'il avait besoin d'aide parce que pour lui, les psy, c'est pour les gens malades, qui ont un problème grave. Il m'a dit qu'il avait eu honte de se présenter avec son “mon fiancé me manque” et de prendre la place de quelqu'un qui avait vraiment besoin d'aide. Je crois qu'il a fini par comprendre que j'avais raison de l'avoir poussé à y aller.
 
« Alors euh... »
 
Je le vois hésiter après quelques minutes de silence et je sais exactement qu'il va aborder notre plus gros sujet de discorde actuellement – celui sur lequel il a dû m'écrire des lettres et des lettres pleine de colère que je n'ai jamais reçu. J'ouvre la bouche pour le prévenir que je n'ai pas l'intention d'en discuter mais il me devance.
 
« Tu penses qu'on va trouver un moment pour se marier pendant ces cinq mois ?
– Tu veux vraiment qu'on se dispute tous les mètres ?
– Non mais...
– Louis.
– Je vais garder mon calme, il me promet. Je t'assure. »
 
Je me tais alors il insiste en reposant la question.
 
« La réponse est toujours non. », je dis.
 
Ça le chiffonne et je vois qu'il lutte intérieurement pour ne pas s'emporter en me hurlant “pourquoi” comme il le fait d'habitude.
 
« Pourquoi ?, il demande sur un ton parfaitement neutre.
– Comme d'habitude, Louis. J'ai accepté qu'on se fiance parce que c'est évident que j'ai l'intention de finir ma vie avec toi, mais je ne veux pas me marier pour le moment. Par les temps qui courent, tu n'auras aucun avantage à être marié à un militaire.
– Mais c'est quoi “les temps qui courent ?”, hein ? Tu dis toujours ça et—
– T'as dis que tu ne t'emportais pas.
– Désolé, il soupire. Je veux qu'on se marie. Je veux que toi et moi on soit mariés.
– Mais pourquoi c'est si important ?
– Mais parce que des fiançailles qui ne débouchent sur rien ça n'a pas de sens, enfin ! On dirait que t'as accepté de te fiancer dans l'espoir que ce serait suffisant mais désolé, c'est pas le cas. Moi je veux l'alliance et tous les papiers qui vont avec.
– Pourquoi ? »
 
La question semble le déconcerter et je vois dans ses yeux qu'en effet, il se demande pourquoi. Pourquoi est-ce qu'il faut absolument qu'on se marie. Pourquoi est-ce qu'il faut qu'il ait une alliance. Pourquoi, pourquoi, pourquoi.
 
« Si c'est pour montrer aux autres que t'as raison d'y croire, je t'assure que j'annule même ton statut de fiancé.
– Non ! », il s'écrie pour se défendre.
 
Du coup, je sais qu'il veut se marier pour les mauvaises raisons et que sa s½ur est certainement venue lui labourer le crâne pendant des heures à ce sujet. Je retiens un soupir et je vais m'asseoir sur l'un des bancs qui borde le lac.
 
« Mais c'est pas pour les autres !
– C'est pour qui alors ? Parce que c'est pas pour moi étant donné que je ne suis pas d'accord. Et toi... j'ai un doute sur le fait que ce soit vital.
– Mais c'est une forme d'engagement comme une autre ! Tu t'es marié aux forces spéciales, j'ai bien droit d'avoir une place dans tout ce bordel !
– Mais t'en as une, Louis. Bon sang mais c'est dingue ça ! Qu'est-ce qu'il te faut de plus que moi qui rentre pour toi à chaque fois ? Hein ? Ça fait deux ans et demi que je n'ai pas vu ma mère parce que les quelques permissions que j'ai eues, j'ai foncé en Floride pour te voir. Chaque coup de téléphone que je passe est pour toi, chaque lettre, chaque chose que je fais. Alors qu'est-ce que tu veux de plus que ma personne entière en tant qu'engagement ? Hein ? Des papiers ? Mais j'te fais une signature sur une feuille blanche si tu veux ! »
 
Louis baisse les yeux.
 
« Là c'est toi qui t'emporte, il murmure.
– Parce que je ne comprends pas ce qu'il te faut de plus, bon sang ! Lâche le morceau, ça me rend dingue. »
 
Il se tait. Ce silence dure un long moment si bien que j'ai envie de l'attraper par les épaules et de le secouer comme un pommier.
 
« Mais tu pourras pas me quitter facilement si on est mariés.
– Hein ? »
 
Je le regarde, un peu surpris par la véritable raison de son envie d'être marié.
 
« Qu'est-ce qu'elle t'a dit ta s½ur ?, je finis par demander de but en blanc.
– Arrête de tout mettre sur son dos !
– C'est bizarre mais j'ai pas l'impression que tu sois du genre chiant et insistant. Alors qu'elle, elle l'est. »
 
Il me fusille du regard mais je m'en contre fiche, ça commence à bien faire cette histoire de mariage et je suis à peine rentré depuis un jour que c'est déjà le merdier toutes les heures.
 
« Elle m'a dit que c'était facile de s'engager pour de faux, c'est tout. Dire “oui, oui, on se fiance” juste pour le geste.
– Mais c'était juste pour le geste, Louis ! Ne fait pas l'étonné. Si on se marie c'est pas avant la fin de tes études parce que mine de rien ça fait seulement trois ans et demi qu'on est ensemble, qu'on n'a pas une vie de couple facile et que ça t'évitera à toi de t'emmerder avec des papiers de divorce que je peux pas signer parce que je suis à l'autre bout du monde si jamais tu réalises enfin que tu mérites mieux qu'un mari qui n'est jamais là. »
 
Il blêmit et j'ai l'impression que sa mâchoire est sur le point de se décrocher.
 
« C'est pour toi que je refuse de me marier. Parce que trois ans sur toute une vie c'est rien du tout et qu'il peut se passer un milliard de choses avant que tu ne sois diplômé. Et même si tu penses que non, même si tu es persuadé que c'est impossible, tu peux encore rencontrer quelqu'un qui sera là quand moi je ne peux pas l'être. Et tu lui diras quoi à ce quelqu'un ? “Désolé, j'peux pas divorcer avant six mois parce que mon mari n'a pas de permission”, c'est ça ?
– Tu dis n'importe quoi, jamais je ne trouverais quelqu'un d'autre.
– Mais ça peut arriver, j'insiste.
– T'as dit que t'essayais de ne plus vivre comme ça. De ne plus prévoir toutes les options possibles et inimaginables parce que ça t'empêchait de vivre. T'as dit qu'on—
– J'ai dit que j'essayais, je le coupe. J'essaie et parfois je n'y arrive pas. Depuis que je suis gosse je dois étudier toutes les options possibles avant de faire des choix et c'est pareil dans mon métier parce qu'on ne peut rien prendre à la légère. C'est comme ça. Je ne peux pas agir et me dire que je penserais aux conséquences plus tard.
– Mais je ne suis pas un plan d'attaque ou de survie. »
 
Il s'approche pour caresser mon visage et ça me fait beaucoup de bien. Mon c½ur palpite, j'ai des sueurs froides parce que je déteste lui révéler ce que je pense vraiment, mais il ne s'est pas enfui. Il est toujours là.
 
« Je ne me marierai pas avec toi. Pas tant que tu n'as pas toi-même envisagé toutes les possibilités.
– Tu m'incites à aller voir ailleurs ou je rêve ?
– Mais non ! T'es malade !, je m'exclame alors qu'il éclate de rire. Louis c'est pas drôle ! »
 
Il se blottit contre moi et je referme mes bras autour de son cou.
 
« T'es grave musclé, il fait remarquer.
– Je t'étouffe avec mon biceps si tu vas voir ailleurs, t'as compris ?, je dis en riant.
– Compris Lieutenant Styles. »
 
Il lève la tête et je lui vole un baiser.
 
« Ce que je voulais dire c'est que je ne veux pas que tu penses que tu n'as plus le choix. Si un jour tu es malheureux alors tu as droit de partir, tu comprends ? Et ce sera plus simple si on n'est pas marié. »
 
À contre c½ur, il hoche la tête alors je le serre contre moi.
 
« T'as d'autres sujets fâcheux à aborder ?, je demande. Tant qu'on y est.
– Puisque t'en parle... qu'est-ce qu'on fait au sujet des animaux de compagnie ? T'es toujours contre ou... ?
– Louis, je dis en le prenant par les épaules pour pouvoir le regarder, qu'est-ce que t'as fait ?
– Rien j't'assure, c'est pas moi.
– Explique-toi.
– Bah y a un chat genre... tu sais, il traine toujours dans l'immeuble. »
 
Je lève les yeux au ciel.
 
« Tu l'as nourri ?
– Bah ouais, une fois, c'était sur le balcon mais j'y peux rien moi ! Il avait une tête mignonne et puis il faisait des petits miaou, miaou.
– Miaou, miaou ?, je répète avec un air blasé.
– Oui mais c'était plus mignon que ça, tu vois, il dit en se mordant l'intérieur des joues. Puis comme c'était pas pratique de sortir sur le balcon tout le temps avec ce froid, j'ai mis sur le rebord de la fenêtre mais ça tombait alors sur le plan de travail mais je ne pouvais plus cuisiner alors j'ai mis par terre.
– Tu nourris un chat inconnu, qui traine dans la rue et qui a certainement tout un tas de maladies, dans notre cuisine.
– En fait, je nourris un chat gris trop adorable et qui fait miaou miaou dans notre cuisine. Puis comme il fait froid, je lui ai acheté un petit couffin et je l'ai mis prêt du radiateur.
– Et il fait ronron, maintenant ?
– Oui. »
 
Je soupire, vaincu.
 
« Mais c'est pas notre chat, hein. C'est le chat gris de la rue qu'on héberge de temps en temps, t'inquiètes pas.
– Ah bah ça va, tu me rassures, je réponds avec ironie.
– Il s'appelle Éclipse.
– Tu as donné un nom à un chat de la rue ?
– Oui mais c'est simplement par politesse. J'avais l'impression qu'il était vexé quand je lui disais “minou, minou”. »
 
Cette fois-ci, j'éclate de rire et Louis hésite à se joindre à moi parce qu'il ne sait pas si je craque nerveusement ou non.
 
« T'en fais vraiment qu'à ta tête, je ronchonne.
– Bah ouais mais tu m'as acheté deux poissons et j'peux pas vraiment les serrer dans mes bras quand tu me manques. C'est froid, visqueux, mouillés. Je les aime de tout mon c½ur, hein, ne te méprends pas. Mais...
– Tu t'enfonces. C'était très bien des poissons.
– Harry... le premier s'est suicidé parce que même lui trouvait sa vie nulle.
– Combien de fois il faut que je te dise que ce n'était pas un suicide mais un accident !, je dis en riant.
– Personne ne saute hors de son bocal juste pour rire, il répond sérieusement.
– Arrête de faire l'andouille. »
 
Il lève les yeux au ciel et c'est à ce moment-là que je remarque qu'il a les lèvres violacées.
 
« Bon sang mais t'es frigorifié !, je râle en retirant ma veste pour la passer autour de ses épaules. T'as gagné, on rentre à l'hôtel.
– Mais on n'a même pas fait le tour du lac ! »
 
Je m'apprête à répondre mais il se remet à pleuvoir et cette fois-ci, je ne lui laisse pas le choix : j'attrape sa main et je l'entraine derrière moi pour regagner le parking au plus vite.
 
. . .
 
Je n'avais pas réalisé que nous avions marché autant parce que nous avons mis une demi-heure pour regagner la voiture aux pas de courses. Lorsqu'on aperçoit enfin l'accueil et le stand de location de vélos, je suis soulagé même si nous sommes déjà trempés jusqu'aux os et qu'à mon avis on va passer les prochains jours cloués au lit.
 
À notre arrivée au parking, on constate que plusieurs voitures de police et un camion de pompier sont stationnés en plein milieu et que c'est la panique. Ça court partout et ce n'est pas normal.
 
« Tu crois que quelqu'un est tombé dans le lac ? »
 
Louis me regarde en espérant une réponse de ma part mais je reste stoïque tout en essayant d'analyser la situation.
 
« On s'en va, je dis.
– Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
– J'en sais rien. Mais on se casse d'ici. »
 
Je le traine jusqu'à la voiture et il n'est même pas installé correctement que je démarre au quart de tour.
 
« Mais Harry ! T'es malade ou quoi ?!
– Des situations comme celle-là, j'ai pas arrêté d'en voir au cours de ces derniers mois et tu sais ce que ça m'a appris ?
– Non ?
– Que si les forces de l'ordre paniquent, c'est qu'il faut prendre ses jambes à son cou. On récupère nos affaires à l'hôtel et on va directement à l'aéroport. »
 
Louis sourit et il pose une main sur ma cuisse.
 
« T'es rentré, Harry. Tout va bien. Il doit y avoir un accident, c'est tout. »
 
Sa voix m'apaise mais mon instinct me hurle toujours de fuir alors on regagne la ville en deux fois moins de temps qu'on a mis pour la quitter.
 
« HARRY ! »
 
Je pile comme un dingue, mon bras droit tendu devant Louis, et je m'arrête à quelques centimètres de la voiture devant moi. Fait chier.
 
« Désolé Amour.
– Ne conduis pas comme ça ! Tu sais que je déteste ça. Il pleut, en plus ! T'es complètement malade ! » 
 
Je le laisse s'énerver parce qu'il a eu peur et que si ça lui permet d'évacuer sa montée d'angoisse, ça me va très bien. On est à peine à l'entrée de la ville qu'il y a un embouteillage monstre. Les voitures sont à l'arrêt, les gens sortent sous la pluie pour se hurler dessus. Ça court, ça traine des valises.
 
« Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ?, je râle en détachant ma ceinture.
– Où tu vas ?! »
 
Louis m'attrape le bras.
 
« Ça va, je vais juste voir ce qu'il se passe. »
 
Il hoche la tête, lâche mon bras et j'embrasse ses lèvres.
 
« Je reviens vite. »
 
J'ouvre la portière, il pleut comme vache qui pisse et on n'y voit pas à 50 mètres. Les gens courent sur les trottoirs, ils s'insultent, se bousculent.
 
« Qu'est-ce qu'il se passe ?, je demande à un homme qui sort également de sa voiture.
– J'en sais rien, ça fait un quart d'heure que rien n'avance. Tout le monde à l'air de vouloir rejoindre l'autoroute et... »
 
Je ne l'écoute plus, j'avance encore pour trouver quelqu'un qui saura me renseigner. C'est un jeune homme qui court et qui me bouscule que je rattrape par les épaules qui m'informe – enfin, si on veut.
 
« L'eau arrive !, il me hurle dessus. Lâche-moi putain ! L'eau arrive !
– Quoi ? Mais de quoi tu parles ?
– Le barrage ! Y eu une alerte ce matin et personne ne l'a prise au sérieux et maintenant il va céder ! 
– Quoi ?
– Putain mais lâche-moi, pauvre connard ! »
 
Il se défait de mon emprise et se remet à courir. Bon sang mais ils sont en train de devenir dingues ou quoi ? Je m'avance pour rejoindre une boutique de souvenirs et demander de vrais renseignements mais je sens de l'eau. Sur mes pieds, sur mes chevilles. Rien à voir avec cette foutue pluie qui ne s'arrête pas. Je dois être dans le caniveau, je me dis, mais lorsque je baisse les yeux, je suis loin d'y être et l'eau continue de monter. Putain.
 
Mon sang ne fait qu'un tour et mon c½ur s'emballe parce que je sais que l'autre taré à raison, que c'est le barrage. L'eau monte de plus en plus alors je cours jusqu'à la voiture avec difficulté.
 
« SORS DE LA VOITURE ! », je hurle à Louis.
 
Il fronce les sourcils, il ne comprend pas et j'ai beau lui faire tous les signes du monde, c'est simplement lorsqu'il remarque l'eau à mes genoux qu'il défait sa ceinture.
 
« SORS ! », je hurle encore.
 
Il se dépêche et j'essaie de le rejoindre mais mes jambes se font cogner par je ne sais quel débris à plusieurs reprises et je peine à avancer.
 
« Qu'est-ce qu'il se passe ? », il me crie pour se faire entendre en quittant enfin l'habitacle.
 
Je vois qu'il est effrayé. J'ouvre la bouche pour lui répondre mais aucun son ne sort, rien ; mon regard est happé par la vague qui se dresse derrière lui et qui nous engloutit tous avant même que je n'ai pu lui dire que je l'aimais. 


#RAMfic Surprise... ahah. J'avais dit que l'ambiance allait nettement changer dans ce tome et voilà pourquoi... Je vais essayer d'écrire vite la suite pour ne pas vous laisser comme ça trop longtemps. J'espère que ce chapitre vous plaît malgré tout ! Miaou, miaou ❤

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Comments :

  • resteavecmoific

    30/11/2016

    RoxanneK wrote: "Tu ne peux pas me" niaiser" avec tes miaou miaou, me fais rire avec tes poissons rouges, et faire ça à la fin bordel!!!!!!!! Mais viiiiiiiiiiiiiiiiiiiite la suite!
    En tout cas, comme d'habitude, super chapitre, avec pleins de passages différents! :-)
    "

    Si je peux 😏😏😏😏 mouhahaha. Merci beaucoup 💕💕

  • RoxanneK

    29/11/2016

    Tu ne peux pas me" niaiser" avec tes miaou miaou, me fais rire avec tes poissons rouges, et faire ça à la fin bordel!!!!!!!! Mais viiiiiiiiiiiiiiiiiiiite la suite!
    En tout cas, comme d'habitude, super chapitre, avec pleins de passages différents! :-)

  • resteavecmoific

    29/11/2016

    Yse88 wrote: "Bon, je ne parlerai pas de la fin, parce que je ne veux pas avoir peur. Alors, je préfère ne pas y penser en attendant de lire la suite. (-:
    Dans ce chapitre, j'ai vraiment adoré les discussions autour de leur relation : tendresse, complicité (le passage sur le suicide du poisson rouge est un délice), peur de l'absence, angoisse de l'avenir, besoin d'être rassuré, difficulté à vivre une histoire peu conventionnelle,...
    Je trouve que tu parviens vraiment à faire ressentir la difficulté des relations à distance, qui se complique encore ici du fait que l'un des deux est en perpétuel danger.
    C'est toujours avec beaucoup de plaisir que je te lis.
    Merci.
    "

    Ahah tu as raison, la politique de l'autruche ça fonctionne bien parfois !
    C'est gentil, merci beaucoup, ce genre de compliment me touche beaucoup ❤ C'est vrai que c'est complique pour eux de vivre tout ça, mais ils ont quand même trouver un équilibre et sont forts de cette stabilité. Il faut simplement s'assurer qu'elle continue ! ❤
    Merci encore ❤

  • resteavecmoific

    29/11/2016

    heyfifou wrote: "C EST INTERDIT DE FINIR UN CHAPITRE COMME SA NOM DE DIEU!!!!
    Bon louis et harry sont tous mignons mais aussi entete l'un que l'autre!
    donc ils sont bel et biens fiances mais harry veut pas se marier il veut encore laisser le choix a louis de partir ... c'est triste de penser comme ça je pense car louis est son seul repere qui lui permet e pas devenir fou surement et d'avoir un peid dans la realite de penser qu'il peut partir c 'est affreux je trouve comme raisonnemment
    je me demande pourquoi autant d'animosité entre lottie et harry , est-ce parce que harry est pas la pour son frère et elle lui en veut? ou une autre raison
    quand à la vague... bon bah je serre les fesses qu'ils aillent bien mais bon j'imaine qu'il va y avoir une couille dans le systeme
    aucun des deux va mourir je pense mais un petot coma ou plutot un harry handicape je penche putot sur cette hypothese , du coup il pourra plus faire ce qu'il aime ni proteger louis de la faon dont il le voudrait et auraiot du mal a accepter sa ferait du bordel blabla
    ou alors ils s'en sortent juste tres choque mais indemne raaaah j'ai hate de savoir!!!!
    "

    MAIS JE L'AI FAIT OMFG XD
    Oui ce sont vraiment des têtes de mule tous les deux xD Mais ils s'accordent bien au moins.
    La situation est triste mais au moins il est honnête avec Louis et le fait qu'ils sachent tous les deux où ils vont leur permet de renforcer leur lien.
    Harry et Lottie, je ne sais pas si on va trop les voir interagir mais c'est surtout qu'elle estime qu'Harry n'est jamais là et que Louis pourrait trouver mieux. Elle pense comme Harry en fait, sauf qu'elle voudrait qu'ils se séparent vraiment comparé à Harry qui laisse malgré tout le choix à Louis.
    Ahah, je vais essayer de faire ça vite pour que vous ne soyez pas trop dans le suspense longtemps, mais j'avoue que même moi je ne sais pas trop la suite, j'écris vraiment en fonction de l'inspiration à partir de maintenant xD
    J'espère que tu ne seras pas déçue ❤

  • resteavecmoific

    29/11/2016

    yardley-Directionner wrote: "J'ai commencé ce chapitre en souriant comme le chat dans Alice et je l'ai fini en pleurant tellement qu'on aurait dit que ce sont mes larmes qui ont causé inondation.... T'es Méchante VRAIMENT MECHANTE"

    Awwwww :( ❤ ❤ ❤ ❤

  • resteavecmoific

    29/11/2016

    TropicalEffect-Larry wrote: "Ah bah oui effectivement on change complètement d'ambiance !! On sent petit a petit le rapprochement avec ton OS , ca fait peur mais c'est excitant !! +1 pour le miaou miaou, cette scene était juste le top du top de la mignonnerie, j'ai adoré et ri en même temps !! Bravo encore Mel pour ce beau chapitre. Des bisous"

    Ahah oui, j'avais prévenu. Tout était dans le thème, même le titre du tome MDR Et oui, il faut bien y arriver à cet OS. j'espère ne pas me chier de trop xD Miaou miaou mdrr merci Amélie ❤

  • resteavecmoific

    29/11/2016

    sandyh wrote: "😫 MAIS la fin ma belle 😳 Je me crois dans un film catastrophe et c'est ça qui est genial ( oui bon dis comme ça c'est limite sadique 😂 MAIS c'est ça que j'aime dans une fiction et toi tu réussis à me le faire ressentir )
    Le début je t'avoue que j ai ris , l'humour aussi dans une fiction j'adore et entre le chat et le poisson qui se suicide 😂 J ai adoré !!
    Bravo pour ce chapitre 👏👏👏👏
    "

    Merci, j'avais peur de ne pas savoir faire passer les émotions alors ça me rassure de lire ça ❤
    Tant mieux si t'as ri un peu avant le drame, c'était le but xD Merci beaucoup ❤

  • resteavecmoific

    29/11/2016

    Charlotte wrote: "Oh mon dieu ! je l'avais dit : ça part bien, mais pas trop, mais quand même mais pas du tout là par contre !
    A part ma petite crise, tu écris toujours aussi bien et on se sent tellement "proches" de personnages c'est étrange, mais j'adore ! Continue comme ça ! :)
    "

    Aww merci beaucoup ❤

  • resteavecmoific

    29/11/2016

    Shanee-1D wrote: "Quand j'ai fini le chapitre que j'ai relevé la tête et que j'ai réalisé que le titre du tome 2 c'était "cold water" j'avoue que ça m'a fait rire !

    Encore une super histoire qui s'annonce, merci de nous les faire partager!
    "

    Ahah eh oui, ce n'est pas que métaphorique pour le coup xD J'espère que tu ne seras pas déçue ❤

  • resteavecmoific

    29/11/2016

    Yaël wrote: "Pourquoi tu nous fais ça :(? Super chapitre !"

    C'est la surprise du chapitre... Merci ❤

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