Cold Water – Chapitre 11

.
Cold Water – Chapitre 11
Cold Water – Chapitre 11
Cold Water – Chapitre 11

Hiver 2019. Tampa, Floride.
 
Louis ne sait plus articuler, son centre de gravité semble avoir été altéré par de nombreux verres – trop – de punch ou coktail en tout genre et il hurle dans le micro plus qu'il ne chante, mais le voir s'amuser comme ça n'a pas de prix.
 
« Pas de karaoké pour les militaires ? »
 
Je lève les yeux vers Colin et lorsqu'il s'assoit à côté de moi, je retiens un soupir.
 
« Les autres militaires j'en sais rien, mais pour moi non.
– Tu réserves ça à Louis ?, il demande avec un sourire taquin.
– Hein ?
– Tu chantes sous la douche, non ? »
 
Je le regarde un moment sans savoir quoi lui répondre, agacé que Louis lui ait raconté ce genre de choses, et blasé que Colin pense qu'on se connaît assez pour me les raconter.
 
« Tu m'aimes pas, hein ?, il demande.
– Non. Et si tu le sais, pourquoi est-ce que tu viens me parler ?
– Pour comprendre.
– Sérieusement ?, je soupire. On est dans une soirée où il y a une bonne ambiance, tes amis sont là, tu es venu avec Paolo...lito... Pao-quelque chose qui est en train de nous dévisager avec rage alors s'il te plaît, éloigne-toi.
– Tu ne m'aimes pas parce que je lui fais des avances ? Parce qu'il aime ça ? Parce qu'on a déjà dîner tous les deux ? »
 
Je vois dans ses yeux qu'il cherche à allumer une étincelle, mais je vois également sur son visage – et à sa manière de prononcer les mots – qu'il est bourré, pas beaucoup, mais assez pour se sentir pousser des ailes. J'éprouve plus de peine pour ce pauvre type, qui est conscient qu'il n'aura jamais mon homme parfait, que de haine.
 
« Je ne vais pas m'énerver, je lui dis calmement.
– Et si t'apprenais qu'on s'était embrassés et que c'est pour ça que je m'accroche à ce foutu espoir qu'un jour il réalisera que tu n'es pas indispensable à sa vie ?
– Colin, tu ferais mieux de t'en aller.
– Ça ne te fout pas un peu la haine ? C'était passionné et tendre à la fois, quand il a réalisé, il est parti mais c'était trop tard.
– Mais t'as un sérieux trouble mental, ma parole. Dégage, t'entends ?
– T'es jaloux ?
– Putain non ! Bien sûr que non ! Je sais que t'es persuadé d'être un tombeur et que t'as la haine que Louis te repousse tout le temps. Mais c'est pas en inventant des trucs de ce genre pour tenter de briser son couple qu'il t'accordera plus d'attention. Louis est fidèle, c'est une notion qui te semble étrangère, mais lui possède cette qualité. Puis en plus de ça, il est honnête.
– Tu penses qu'il te l'aurait avoué ? Sincèrement ?
– Je ne pense pas qu'il l'aurait fait. Je sais qu'il l'aurait fait. Casse toi, Colin. J'ai confiance en mon amoureux.
– Mais—
– DIX, NEUF, HUIT, SEPT... »
 
Je suis tiré loin de ma chaise et mon visage se détend lorsque Louis se retrouve entre mes bras, le sourire radieux.
 
« SIX, CINQ, QUATRE... »
 
Dans son dos, je vois Colin foutre un coup de pied dans la chaise sur laquelle j'étais assis avant qu'il ne disparaisse hors de la pièce, son invité d'un soir sur les talons.
 
« TROIS, DEUX, UN... »
 
Le regard de Louis est brillant d'amour et même si cette année n'a pas été facile, je sais qu'elle est maintenant derrière nous.
 
« BONNE ANNÉE ! »
 
Tout le monde hurle et Louis s'approche pour embrasser mes lèvres. Je réponds à son baiser avec tendresse et lui sourit lorsqu'il se détache de moi.
 
« Bonne année ptit chat.
– Bonne année gaufrette. »
 
Louis me saute dans les bras et enroule ses jambes autour de ma taille. Il me serre contre lui tellement fort que je pourrais suffoquer si je n'avais pas l'habitude. Il me murmure tout un tas de choses et si je n'en comprends pas la moitié à cause du bruit, je sais qu'il énumère toutes les choses qu'il souhaite pour cette nouvelle année. Je capte quelques bribes comme « adopter officiellement Éclipse » ou « se mettre au sport pour être une gaufrette pleine de vitalité » et ça me fait bien rire. Jusqu'à ce que j'entende très nettement : 
 
« Je ne veux pas que tu repartes, Harry. »
 
Le ton de cette phrase-là n'a plus rien de drôle, de léger. Comme si l'alcool qu'il avait dans le sang s'était évaporé et que son euphorie avait été remplacée par un sérieux déroutant. Louis ne dit plus rien et j'ai la sensation que le monde s'est arrêté de tourner. Je n'entends plus les autres. Louis se détache de moi pour me regarder et je reste face à lui, les bras ballants le long du corps.
 
« J'ai eu Charlotte au téléphone, j'ai parlé sérieusement avec elle et... je sais que tu ne la portes pas dans ton c½ur parce que tu penses qu'elle m'influence, mais ce n'est pas le cas. Parfois, il lui arrive d'avoir raison. Je t'aime et j'ai eu peur de te perdre, plus que toutes les autres fois. Je ne veux pas revivre ça. Je ne peux pas. »
 
Je le regarde, sans être capable de répondre. Je me recule de quelques pas et puis je lui tourne le dos.
 
« Harry ! »
 
Je l'ignore, je me fraye un passage à travers les gens et même si j'entends qu'il hurle mon prénom, qu'il commence à pleurer, je continue d'avancer. Je sors, je retrouve l'air frais et ça me fait un bien fou. Louis sort à son tour et s'accroche à mon bras.
 
« Mais où est-ce que tu vas ? Harry ! ARRÊTE TOI ! », il finit par hurler.
 
Je m'arrête et il se poste devant moi.
 
« Ne m'abandonne pas, d'accord ? Reste avec moi.
– Tu ne sais pas ce que tu me demandes.
– Si. Bien sûr que si je le sais, il répond sérieusement. Je veux que tu y réfléchisses pour de vrai, je veux que tu pèses le pour et le contre. »
 
J'ouvre la bouche pour répondre mais il me fait signe de me taire.
 
« Quand tu y auras réfléchis pour de vrai, j'aimerais que tu me donnes ta réponse. Mais seulement à ce moment-là, d'accord ?
– C'est un ultimatum ?, je demande.
– Je veux simplement que tu y réfléchisses pour de vrai. C'est tout. »
 
Je passe une main dans mes cheveux, confus.
 
« Colin m'a dit que vous vous êtes embrassés, c'est vrai ?
– Non. Enfin sauf s'il compte le baiser minable qu'il a eu de ma part quand on jouait à la bouteille cet été mais... bon sang mais qu'est-ce qu'il t'a raconté ?, il demande avec un air agacé.
– Il m'a dit que vous... Attends y a vraiment eu un baiser ? »
 
Mon c½ur se serre, je manque d'air. Louis s'approche de moi et pose ses lèvres sur les miennes tellement rapidement que j'ai du mal à comprendre son geste.
 
« Si t'appelles ce que je viens de te faire un baiser, alors oui, y en a eu un. »
 
Je suis crispé, j'ai les poings serrés.
 
« Pour un jeu ?
– Oui. Penny, Gabrielle et Alice ont eu droit au même baiser. J'ai été éliminé parce que je suis de nouveau tombé sur Colin et que j'ai refusé d'échanger un vrai baiser avec lui. »
 
Le poids qui pesait sur ma poitrine s'envole, je me sens mieux. Je suis traversé par tellement d'émotions en même temps que j'ai du mal à comprendre ce que je ressens vraiment. Louis me regarde l'air inquiet, comme s'il s'attendait à ce que j'entre dans une colère noire, mais je n'en fais rien. Je lui fais confiance et je sais que j'ai raison de le faire.
 
« Colin est vraiment un gros con, je soupire.
– Qu'est-ce qu'il t'a raconté ?
– De la merde. »
 
Louis hoche la tête, je crois qu'il est déçu et ça me brise le c½ur.
 
« Je vais chercher nos affaires ?, il demande timidement.
– Ok.
– Tu voudras bien réfléchir à ce que je t'ai dit avant ? »
 
J'hésite un peu mais je crois qu'il a besoin de ça. Alors je hoche la tête. Juste parce que j'espère que lui aussi réfléchira et qu'il réalisera qu'il n'a pas le droit de me demander ce genre de choses.
 
« Quand j'aurais la réponse, tu seras le premier au courant, je dis. File maintenant, j'ai peur que tu attrapes froid, t'es en t-shirt.
– Tu m'attends, hein ?
– Bien sûr que oui ! Aller ! »
 
. . .
 
On marche main dans la main, il est un peu plus de 1 heure du matin, il neige, mais on est bien. Il neige. En Floride. Ça n'a même pas de sens et si la nouvelle année débute comme ça, j'ai bien peur que ma stupide paranoïa prenne encore plus de place. Mais Louis semble aimer la neige.
 
« Alors ?, il demande alors qu'on longe Lettuce Lake Park.
– Alors quoi ?
– T'es effrayé ? »
 
Je fronce les sourcils et je m'arrête pour pouvoir le regarder.
 
« Hein ?
– Par la neige, je veux dire. Tu crois que le climat change ? Que la planète nous souffle qu'elle en a marre ? »
 
Je le scrute un long moment parce que j'ai peur qu'il soit en train de se moquer de moi, mais son visage est vraiment sérieux – voire préoccupé.
 
« Pardon Amour mais j'suis pas sûr de suivre ?
– Je te demande si... enfin, ça va ? Je sais que j'ai souvent tourné ça au ridicule et j'voulais pas. J'ai compris que c'était vraiment une partie de toi. Alors quand je vois le temps, je me demande si ça va... c'est tout.
– Tu te fiches de moi ?
– Je t'assure que non ! »
 
Étrangement, j'ai beaucoup de mal à le croire. Alors j'hésite à répondre. C'est Louis, je sais qu'il ne va pas se moquer. Il ne l'a jamais fait volontairement. Et pourtant...
 
« J'ai pas envie d'en parler, je finis par répondre.
– Quoi ? Mais pourquoi ?!
– Parce que.
– Harry !, il râle T'as pas confiance ?
– À ce propos ? Plus trop non. Je sais que tu trouves ça ridicule, je n'ai plus vraiment envie d'avoir l'air d'un imbécile à tes yeux. »
 
Je vois que ça le blesse mais je ne pouvais pas être malhonnête. Je lui fais confiance sur de nombreuses choses – et des bien plus importantes – mais pas sur ça. J'essaie de gommer tous ces restes de survivaliste que j'ai en moi et je n'ai pas besoin qu'on en discute en amoureux, comme si c'était normal.
 
« Tu m'avais dit que tu m'apprendrais à me défendre.
– Je sais, mais tu es un pacifiste et chaque fois que j'ai essayé, c'était assez médiocre. »
 
Louis éclate de rire et je me détends un peu.
 
« Tu n'as pas besoin de te défendre, je rajoute, personne ne te fera de mal.
– Mais si jamais j'ai envie de sortir seul après 20 heures dans le quartier qui craint ? 
– Bah... tu l'auras vraiment cherché ? »
 
Il me bouscule avec un petit sourire.
 
« Et si la fin du monde arrive et que c'est chacun pour soi ? Je veux dire, si t'es pas avec moi, comment je fais ?
– Tu te barricades dans l'appartement et tu attends que je vienne te chercher.
– Mais si tu ne peux pas venir me chercher ?
– C'est pas une possibilité, Louis. Je viendrais te chercher. C'est évident. »
 
Malgré moi, je sens mon c½ur s'emballer et c'est loin d'être agréable parce que j'ai peur.
 
« Mais si tu es en difficulté ? Si tu es blessé quelque part ?
– Je viendrais te chercher, je répète.
– Si la Floride se retrouve détachée du continent ? Si tu mets plus de six mois à venir ? Un an ? Si tu étais en Europe et que les avions ne décollent plus ? »
 
Je respire vite, fort. Je suis complètement tétanisé et il continue, encore et encore. Il ne s'arrête pas avec ces scénarios catastrophes qui me rendent dingue ; j'ai des centaines de solutions dans mon esprit qui évoluent chaque fois qu'il rajoute un détail. Je suis au bord de l'explosion, je vois trouble et la boule d'angoisse dans mon estomac ne cesse de grandir.
 
« Je ne comprends pas comment tu peux avoir peur de la fin du monde et en même temps vouloir repartir. C'est incompatible. »
 
Quand je réalise qu'il m'a mis dans cet état juste pour me faire comprendre que partir n'est pas une bonne solution, j'ai envie d'aller le jeter dans le lac tellement je vois rouge.
 
« Putain mais c'est pas une colonie de vacances ! », j'explose.
 
Je hurle tellement fort qu'il se fige. Je peux même lire de la panique sur son visage.
 
« Mais tu crois vraiment que je peux partir comme ça ? C'est pas un abonnement en salle de sport Louis, tu saisis ? Je suis militaire. Je suis engagé ! On ne démissionne pas sur un coup de tête parce qu'on a peur de quelques intempéries à la con ! »
 
Son regard défi le mien et ce que j'y descelle me fait peur. Il n'a pas l'intention de négocier, j'en ai parfaitement conscience. Je ne sais pas ce que lui a dit Charlotte mais pour une fois, elle a trouvé les mots justes aux yeux de Louis.
 
« Si tu m'aimes assez tu vas rester. Tu vas y réfléchir et tu vas rester. Tu vas comprendre que tu ne peux pas partir parce qu'on a déjà été séparés par cette vague et qu'on sait ce que ça fait que d'avoir peur d'avoir perdu l'autre. Moi je ne pourrais plus te quitter si j'étais à ta place.
– Mais t'es pas à ma place, putain ! T'as compris ça ? T'y es pas et t'y seras jamais. Tu ne sais pas ce que je ressens parce qu'on n'a pas eu la même éducation et tu ne sais pas non plus ce que je pense parce que t'es borné à croire que le centre du monde s'appelle Louis Tomlinson ! »
 
Il serre les dents, je sais que je l'ai piqué au vif mais il ne baisse pas la tête, il ne vient pas se blottir contre moi pour s'excuser comme il le ferait en temps normal pour calmer le jeu. Il reste froid et distant.
 
« Tu sais déjà que tu vas repartir alors ?
– Oui. »
 
Son regard se voile et il lève la tête, certainement pour éviter que ses larmes ne coulent. Je tremble et je sais que ce n'est pas le froid parce que j'ai peur. Peur de le connaître si bien que je m'attends à ce que ce soit la fin. Mais c'est impossible. Ça n'a pas de sens. Il ne peut pas s'en sortir sans moi et je ne peux pas m'en sortir sans lui.
 
« Je t'aime, tu sais ?, il me dit.
– Je t'aime aussi. », je réponds la gorge serrée.
 
Il baisse la tête et quand je l'entends pleurer, mon c½ur se brise. Je m'approche pour le prendre dans mes bras mais il me repousse. J'essaie de contrôler ma respiration pour ne pas pleurer également.
 
« Parfois c'est pas suffisant, il souffle. On a beau aimer quelqu'un de toute son âme, parfois, c'est pas assez.
– Louis mais qu'est-ce que tu—
– Laisse moi finir, s'il te plait, il dit en relevant la tête.
– Pourquoi est-ce qu'on s'inflige ça, hein ? Pourquoi est-ce qu'on continue d'entretenir une relation aussi fusionnelle si elle va droit dans le mur ?
– On ne va pas droit dans le mur, on—
– Si, il tranche. Si on y va. On y va parce que ce qu'on a vécu me fait réaliser qu'on est ensemble depuis des années mais que le temps qu'on a passé tous les deux se comptent en semaines et que si t'étais mort, jamais je n'aurais supporté ça. Je veux passer chaque journée de ma vie avec la personne que j'aime et toi... toi tu ne comprends pas ça. Toi tu veux partir encore.
– Tu refuses de comprendre, Louis.
– Au contraire, j'ai très bien compris. J'ai compris qu'on n'avait pas la même façon de voir l'avenir et qu'on perdait du temps à bâtir quelque chose qui s'effondrera quoi qu'il arrive. Je ne veux pas continuer à remplir notre album photo en me mentant pour me rassurer tout en sachant qu'il aura un jour une fin. »
 
Je ferme les yeux quelques secondes, j'essaie de prendre sur moi mais c'est vraiment difficile ; plusieurs larmes m'échappent et Louis ne bouge pas. Il reste stoïque, les joues inondées d'avoir pleuré.
 
« Je ne veux pas passer plusieurs mois à t'aimer encore plus, à devenir encore plus dépendant de toi, si c'est pour que tu partes finalement.
– Alors c'est tout ?, je demande. Tu m'as incité à poursuivre mon rêve et à m'opposer à ma mère, et maintenant tu t'en sers contre moi pour me quitter ?
– Je n'ai—
– Attention à ce que tu vas dire. », je le coupe sèchement.
 
J'essuie mes larmes avec rage et j'ai la sensation de me sentir mieux. Parce qu'être en colère c'est beaucoup plus facile que d'être triste.
 
« Harry, je ne veux pas qu'on se quitte en mauvais terme, j'ai...
– Dis-le.
– Quoi ?
– Que c'est toi qui pars, que c'est toi qui me quittes. Dis-le parce que moi j'ai juré que je ne t'abandonnerais jamais et il est hors de question que tu te rassures en te disant que tout est de ma faute.
– Mais c'est toi qui refuses de quitter ton boulot ! », il s'exclame, sur la défensive.
 
Je serre les dents. Quand il a décidé d'être stupide, apparemment, personne ne peut lui venir en aide.
 
« Dis-le, j'insiste.
– Arrête.
– Non je n'arrête pas. »
 
Il y a un long silence et il plante finalement son regard dans le mien.
 
« C'est terminé, il murmure. Je t'aime mais je ne veux pas vivre comme ça. Je ne peux pas. »
 
Je hoche la tête.
 
« Très bien. », je souffle.
 
J'encaisse le choc, c'est dur, mais j'y parviens. Je ne flancherai pas devant lui. D'ici quelques jours il réalisera ce qu'il a fait et j'accepterais ses excuses, mais aujourd'hui, je n'ai pas envie d'accepter toutes ces conneries.
 
« T'as deux mois pour vider l'appartement de tes affaires, j'annonce. Après ça, je reviendrais de chez mes parents et tu n'y auras plus ta place.
– Quoi mais... 
– Je paie le loyer avec un boulot que tu détestes. Je pense que j'ai droit d'avoir un chez moi quand je rentre de mission.
– Harry mais—
– Bonne continuation pour cette nouvelle année. J'espère que tu trouveras ce que tu cherches, Louis. Tu es quelqu'un de formidable et je sais que je ne suis pas le seul à l'avoir remarquer. Tu peux rentrer ce soir, je vais certainement louer une voiture et conduire jusque dans le Tennessee pour digérer tout ça. »
 
Sans même attendre de réponse, je l'ai planté là, au milieu de cette neige à la con, qui n'a définitivement rien de magique.
 
. . .
 
Je tourne en rond : Louis devrait être là depuis une heure, pour récupérer les quelques cartons qui lui restent, et il n'arrive pas. J'ai tout entreposé dans l'entrée avec l'intention de faire comme si je me fichais bien qu'il soit présent ou non, mais je me mens. Je ne l'ai pas vu depuis six semaines et chaque jours sans lui est une torture. Il me manque, il est partout dans cet endroit et nulle part à la fois. J'ai dû fermer les fenêtres pour qu'Éclipse cesse de venir me rappeler que j'ai perdu l'amour de ma vie, je dors plus souvent sur le canapé que dans notre lit parce que sans lui, c'est vide et froid. J'ai bien tenté de le convaincre qu'on pouvait trouver une solution quand j'ai compris qu'il ne plaisantait pas et il n'a jamais répondu. J'ai tenté de l'appeler, de l'attendre à la sortie de ses cours mais je ne suis jamais parvenu à le croiser et il a fait changer son numéro de téléphone.
 
J'attends Louis depuis une heure parce qu'il faut que je le vois, c'est vital. Tous mes efforts pour ne plus penser à lui ont été réduits à néant lorsque je suis rentré la semaine dernière. J'ai même demandé à écourter ma permission mais mon psy s'y est totalement opposé parce que, d'après lui, je suis sous le choc. Comment on peut être plus choqué par une rupture que par une putain de vague ? Ça n'a pas de sens.
 
Je regarde mon téléphone toutes les cinq secondes en me répétant qu'il a besoin de ces affaires et qu'il est obligé de venir les chercher. Il ne peut pas ne pas venir. C'est inconcevable.
 
Alors quand l'interphone retenti soudain, c'est la délivrance. Le poids sur mon c½ur s'envole et je sais qu'en nous voyant, il va réaliser qu'il ne peut pas prendre ses affaires parce que leur place est ici, tout comme lui. Il va réaliser qu'il ne peut pas vivre sans moi tout comme je ne peux pas vivre sans lui et il va comprendre que même si les premières années sont difficiles, dès que je pourrais tout quitter, je le ferais. Parce que je l'aime et qu'il n'y a rien que je ne ferais pas pour lui.
 
J'entends l'ascenseur, mon c½ur bat la chamade. J'essaie de ne pas me précipiter sur la porte mais je ne veux pas non plus aller m'asseoir dans le canapé et ne pas le voir. Je veux voir sa tête quand il verra à quel point je suis soulagé de le voir ici. Je veux voir sa tête quand je lui dirais qu'il a fait une erreur et que je l'aime encore, toujours.
 
Je veux voir sa tête, mais apparemment, lui n'avait pas envie de voir la mienne.
 
Lorsque la porte s'ouvre, après un coup sur la sonnette, et que je découvre la mine déconfite de Gabriel, un truc se brise en moi. Je ne saurais pas dire ce que c'est, mais la déception est si dure à encaisser que je souhaiterais être mort. Je ne veux plus ressentir toute cette peine. Je préférerais qu'on me coupe un bras plutôt que d'avoir à encaisser ça.
 
« Salut... je sais que c'est pas moi que t'attendais mais... il est malade.
– Malade ? C'est tout ce qu'il a trouvé ?
– Je suis désolé. »
 
Je hoche la tête, le c½ur lourd.
 
« Tu as besoin d'aide ?
– Oh... ça ira. Il n'y a que ça ? »
 
Je hoche la tête. Deux cartons et un sac de sport. J'ai voulu fouiller dedans chaque fois que mon regard tombait dessus, mais je ne l'ai pas fait.
 
« Je vais m'asseoir alors. »
 
Gabriel me regarde avec un air triste et c'est d'autant plus difficile maintenant que je pleure et qu'il assiste à ça. Je lui tourne rapidement le dos mais le seul espoir que j'avais de tout arranger vient de s'envoler et c'est dur de n'avoir personne à blâmer.
 
« Il ne va pas mieux que toi, tu sais...
– Peut-être. Mais c'est toi qui est là et pas lui, je réponds la gorge serrée. Je ne sais même pas comment il va, où il vit, s'il continue les études, s'il s'en sort tout seul. Je—
– Ça va. Colin l'aide pas mal.
Colin ?
– Oui... c'était le seul de nous tous à pouvoir l'accueillir alors...
– Ok. Est-ce que tu peux partir, maintenant ? »
 
Gabriel hoche la tête et traine les cartons dans le couloir avant que je ne referme la porte dans son dos. Mon psy a raison. Le choc est trop rude pour que j'y retourne parce que j'ai tellement hâte d'aller me sacrifier dans une mission suicide que ça n'a pas de sens.
 
J'entends l'ascenseur repartir alors je vais à la fenêtre pour voir les dernières choses appartenant à Louis foutre le camp. J'ai mal au ventre de me dire que c'est terminé pour de vrai et lorsque je vois Gabriel trainer un carton sur le trottoir et Louis sortir de la voiture en à vive allure pour lui pleurer dans les bras, je ferme les rideaux.
 
On dit souvent qu'on fait des choses irraisonnées et stupides lorsqu'on est amoureux, mais dans ce cas précis, j'aurais préféré qu'il continue d'être stupide, parce que les choix de raison ne sont finalement pas les plus intelligents. 


#RAMfic Contre toute attente, c'est le dernier chapitre avant l'épilogue. J'écris vraiment au fur et à mesure et je ne pensais pas que cette dispute arriverait si tôt. Mais elle est là et c'est la fin... Ça m'a brisé le coeur de l'écrire parce que s'aimer autant mais se séparer, c'est vraiment horrible. Voilà. Mais c'est la fiction, c'est comme ça. Il fallait bien placer l'OS d'où tout est parti un jour ou l'autre... Evidemment, je l'ai mis hors ligne pour vous empêcher de le relire avant que je ne le poste en tant qu'épilogue parce qu'il doit être pas mal modifié pour correspondre à la fiction... Je vais faire au plus vite. Je suis vraiment triste de ce qui leur arrive. J'espère que vous ne me détestez pas trop... ❤ ❤

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.166.228.35) if someone makes a complaint.

Comments :

  • resteavecmoific

    15/02/2017

    maaaaanue wrote: "Mais il n'y a pas d'ascenseur dans l'immeuble, non ? Pour dissuader les cambrioleurs d'arriver jusqu'au cinquième étage... Je me trompe ?"

    Oui, je pensais avoir modifié mais je ne l'ai fait que sur mon fichier à moi... :(

  • maaaaanue

    15/02/2017

    Mais il n'y a pas d'ascenseur dans l'immeuble, non ? Pour dissuader les cambrioleurs d'arriver jusqu'au cinquième étage... Je me trompe ?

  • resteavecmoific

    13/01/2017

    Victoria wrote: "J'ai le c½ur tout seré .... et pour une fois (ou pas parce que dans tes fictions ça arrive j'avoue) je deste Louis punaise ... Pourquoi !? Pourquoi !? POURQUOI !? On peux pas s'aimer autant et se séparer comme ça ... et pourtant j'ai lu l'OS !! Je savais qu'ils allaient se séparer ... mais pas comme ça, pas pour ça ... pas à la nouvelle année bordel !! J'aurai du me douter qu'on allait avoir mal à nos petits c½urs en sachant quel OS avait inspirer cette fiction et surtout en me rappelant de cette fin traumatisante qui me reste encore dans la tête 😂😂
    J'espère vraiment que cette fois ce sera un happy end je supporterais pas une fin triste en sachant comment ils étaient dans le Tome 1, s'il te plaît s'il été plaît s'il te plaît fait qu'ils vivent heureux et qu'ils ont beaucoup d'enfants qu'ils appèleront Achille Lila-Rose Athèna et Poppy (d'ailleurs j'ai toujours pas compris pourquoi Poppy ... 😂) puis ils peuvent meme avec un saint Bernard qu'ils peuvent appeler câlinou parce qu'on aurait trop envie de lui faire des câlins même quand il fera 90 kilos ! Ah pardons on le dit dans l'oreillette que cette histoire est déjà prise ... bon bah tant pis invente nous un happy end ! (A l'heure qu'il est je suis en train de faire un regard de hein battu à mon téléphone pour te supplier 😂😂)
    "

    Malheureusement si... ça arrive. Quand on est lucide et qu'on préfère arrêter les dommages tant qu'il en est temps. Mais oui, avec l'OS, fallait bien que ça arrive un jour....
    Je suis désolée mais l'OS ne change pas, seulement quelques détails mais certainement pas la fin..... Du coup, j'espère que tu ne seras pas trop déçue ❤ ❤

  • resteavecmoific

    13/01/2017

    heyfifou wrote: "Oh non je le sens mal j ai pas lu l os mais je le sens terriblement mal
    Cette dispute était inévitable et on savait qu' elle arriverait tous... Mais c est déchirant de les voir comme ca alors qu' ils s aiment plus que tout

    Je sens troo la mort d un des deux venir probablement harry ça serait logique vu son métier et un louis plein de regrets se traitant de con pour lesrestants de ses jours
    J espere quand même un happy znding mais bon...
    "

    Oui malheureusement, la dispute allait arriver, quoi qu'ils fassent. Ils s'aiment mais comme dit Louis, parfois c'est pas assez..
    J'espère que tu ne seras pas déçue par l'épilogue ❤

  • resteavecmoific

    13/01/2017

    RoxanneK wrote: "Putain tout en un seul et dernier chapitre avant l épilogue... C'est dur... Cette charlotte elle a réussi son coup !! Ça m'énerve parce-que même s'il y a réfléchi, ça vient d elle. Harry à raison Louis l'a pousser dans cette voie pour le quitter ensuite ! Mais même si Louis était venu ça ne se serait pas terminé comme ça. Merde ! Et j'espérais vraiment que ça ne se terminerait pas comme ça même si je savais que si a 90 %... Du coup suite à l'épilogue on aura des nouvelles de Louis ? D HArry ? "

    Oui, je n'ai même pas pu vous préparer parce que je ne m'attendais à ce que chapitre arrive si tôt... Je pense qu'ils ont chacun leur tord et comme ils n'arrivent pas à s'entendre, forcément ça coince. Je poste l'épilogue d'ici quelques minutes ❤

  • resteavecmoific

    13/01/2017

    @Cartooune wrote: "Inutile de préciser que je suis brisée, tu t'en doutes déjà. On savait que ça arrivait, mais là douleur est quand même très vive. Parce que dans l'OS on savait pas leur passé, combien ils s'aimaient. Mais là.... 💔 Je comprends que Louis n'ait plus supporté, je crois qu'on n'est pas tous capables de vivre une relation comme ça et qu'il ait tenu 4 ans comme ça c'est déjà beau. Le problème c'est qu'aucun n'a raison ni tord. Parce que Louis peut pas lui demander de quitter le métier qu'il aime. Même si la plupart des gens auraient fait comme lui. Puis ils se séparent et Louis réagit très mal, pas venir et vivre chez Colin c'est vraiment très très très con de sa part. Mais on peut pas lui en vouloir, il est malheureux, il a pas réussi, il avait pas d'autres solutions... en fait c'est horrible parce qu'il y en a même pas un à blamer. Aucun n'est plus coupable que l'autre. Là j'ai juste envi de leur faire un gros câlin chacun et leur dire que ça va aller... et puis non, en plus, ça va pas aller ! Parce qu'il y a une putain de fin du monde qui va leur tomber sur le coin de la gueule. MAIS LES PAUVRES 😭😭 Je suis harchi brisée 💔 mais j'ai hâte de lire la suite parce que cette fiction c'est un petit bijou ❤
    (Oh et ce soir je lis l'article que tu m'as envoyé ! J'ai pas eu le temps dans l'aprem, j'ai finalement écouté mon cours Ahahah) ❤
    "

    Oui c'est plus dur maintenant qu'on sait toute leur histoire... Moi j'avoue que je ne sais pas trop, je pense que j'aurais supporté la relation moi xD Mais après c'est difficile de savoir quand on voit à quel point ils sont fusionnels... moi j'pense pas que je pourrais être comme ça avec quelqu'un donc c'est vite vu MDRRR Mais oui, personne n'a raison ou tord, ils n'arrivent pas à trouver de compromis donc forcément, l'avenir est un peu flou... Je te rassure, moi aussi je suis brisée T-T Tu me diras quand t'auras lu, si tu veux qu'on crée une communauté, tout ça....... xD
    Merci ❤

  • resteavecmoific

    13/01/2017

    Butterfly1802 wrote: "Il y avait longtemps que je n'avais pas pleuré en lisant une fiction. Je savais qu'on en arriverait là, j'y étais préparée et pourtant tout ce chapitre a été douloureux à lire. Dis moi que ce n'est pas la fin et qu'ils restent avec nous ?!?
    Merci pour ce chapitre Mélanie.
    Ton écriture et la fluidité avec laquelle tu racontes l'histoire me font passer un moment agréable... même si là je suis dévastée. ❤
    "

    Awwww désolée pour les larmes :( Merci beaucoup, j'espère que tu continueras de passer de bons moments ! ❤

  • RoxanneK

    13/01/2017

    Putain tout en un seul et dernier chapitre avant l épilogue... C'est dur... Cette charlotte elle a réussi son coup !! Ça m'énerve parce-que même s'il y a réfléchi, ça vient d elle. Harry à raison Louis l'a pousser dans cette voie pour le quitter ensuite ! Mais même si Louis était venu ça ne se serait pas terminé comme ça. Merde ! Et j'espérais vraiment que ça ne se terminerait pas comme ça même si je savais que si a 90 %... Du coup suite à l'épilogue on aura des nouvelles de Louis ? D HArry ?

  • heyfifou

    13/01/2017

    Oh non je le sens mal j ai pas lu l os mais je le sens terriblement mal
    Cette dispute était inévitable et on savait qu' elle arriverait tous... Mais c est déchirant de les voir comme ca alors qu' ils s aiment plus que tout

    Je sens troo la mort d un des deux venir probablement harry ça serait logique vu son métier et un louis plein de regrets se traitant de con pour lesrestants de ses jours
    J espere quand même un happy znding mais bon...

  • resteavecmoific

    13/01/2017

    Visiteur wrote: "Oh non pas cet OS ... Pas cette fin, je n'ai pas besoin de le relire pour me souvenir..."

    😢😢

Report abuse