Lifeline – Chapitre 11

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Lifeline – Chapitre 11
Lifeline – Chapitre 11
Lifeline – Chapitre 11

Été 2022. Quelque part dans le Nebraska.
 
Nous sommes éclairés à la lumière d'une bougie et, malgré la porte fermée et bloquée par un meuble, on peut entendre le Chasseur gémir et gratter deux pièces plus loin ; pour Sally et Truman, ça doit être l'Enfer – mais je reconnais volontiers que je n'en ai rien à secouer pour le moment.
 
« J'ai peur. »
 
La révélation de Louis me retourne l'estomac ; il est accroché à moi bien plus qu'il n'est blotti dans mes bras et j'ai beau le câliner depuis un moment, il continue de trembler comme une feuille.
 
« Je sais, Amour. Tu veux en parler ?
– Y a rien à dire. J'ai peur. J'ai envie de faire demi-tour. On était bien à New Heaven, je ne sais pas ce qu'il m'a pris de vouloir partir quand même. C'était idiot, non ? On aurait pu rester. On aurait dû. Je mets en danger tout le monde. Julian, Anna, Thomas... toi.
– On s'en est très bien sortis, tout à l'heure.
– On a eu de la chance. C'est tout. La porte s'est ouverte au bon moment. Quelques secondes avant qu'Anna ou Thomas ne se fassent attraper. Tu réalises ? »
 
Oui, je le réalise. Et je ne sais pas quoi lui répondre. On est vivants, on a trouvé un endroit où se reposer et demain, on reprendra la route. On se doit d'être positif parce qu'on n'y arrivera jamais autrement.
 
« Il nous reste quelque chose comme 20 heures de route, on a déjà bien avancé, tu ne crois pas ?
– Oui mais pour combien de temps ?
– Louis, tu ne peux pas baisser les bras comme ça, je me fâche. Tu ne peux pas laisser la peur te paralyser, tu entends ?
– C'est toi qui dis ça ? Ça fait des années que tu laisses la peur te paralyser ! Tu vois où est-ce qu'elle t'a mené la peur d'être révoqué et de faire de la prison si jamais tu désertais ? Nulle part. Tu m'as abandonné parce que t'avais peur. Tu m'as abandonné pour rien parce qu'il n'y a plus de gouvernements ni de justice. »
 
Son discours me coupe le souffle. Je déteste lorsqu'il devient désagréable et qu'il passe ses nerfs sur moi, simplement parce qu'il ne sait pas sur qui d'autre il pourrait le faire. Comme s'il n'avait jamais fait d'erreur et qu'il était parfait. Je le lâche et me défais de lui pour lui tourner le dos. Peut-être que j'aurais dû dormir avec les enfants, peut-être qu'ils ont plus besoin de moi que Louis, en fin de compte.
 
« Harry...
– Fous-moi la paix. »
 
Il pose une main sur mon dos et je gigote jusqu'à ce qu'il la retire.  
 
« Je suis désolé, il souffle.
– Ferme-là. C'est trop facile d'être méchant et de demander pardon ensuite, comme si tu n'avais pas été blessant.
– Mais j—
– Tu vas te taire à la fin ? »
 
Mon ton est sec, cassant. Il est hors de question que je poursuive cette conversation – ou même que je reste couché près de lui. Alors je me lève et je vais m'installer sur le sofa à l'autre bout de la pièce. Tout est poussiéreux ici et je pense sincèrement que cette cachette n'est plus habitée depuis longtemps ; ils auraient fini par rentrer, non ? J'ai bon espoir que, cette nuit, le Chasseur erre seul dans l'hôtel et qu'il se retrouve pris au piège demain matin, loin de ce fichu escalier, mais chaque fois que je tends l'oreille, je l'entends gratter à la porte. Il ne s'arrête pas. Jamais.
 
« Harry, est-ce qu'on pourrait ne pas se fâcher dans un moment comme celui-là, s'il te plaît ? »
 
Je l'ignore. C'est lui qui commence et c'est moi l'enfant qui boude. Je crois qu'il ne réalise pas à quel point c'est difficile pour moi de constater que la situation dans laquelle on se trouve a été provoquée par moi. Il ne sait pas que chaque fois que je le vois, je me souviens qu'il aurait pu être protégé à New Heaven depuis tout ce temps. Il ne voit pas que je souffre d'être cet imbécile qui a si peur de l'imprévu qu'il préfère tourner le dos à ceux qu'il aime, sous prétexte que c'est comme ça que ça doit se passer. J'ai mal d'être moi et chaque fois qu'il me rappelle que je suis nul, j'ai envie de baisser les bras.
 
« Harry... reviens près de moi. »
 
Je constate, grâce à la lueur de la bougie, qu'il est assis au milieu du lit. Je me tais alors il insiste encore plusieurs fois avant que sa respiration ne change et que je comprenne qu'il pleure. Il pleure silencieusement et se recroqueville sur lui-même pour se coucher dans un coin du lit. J'ai beau lutter de toutes mes forces pendant quelques secondes, je finis par me précipiter sur le lit pour le prendre dans mes bras.
 
« Arrête, ne pleure pas..., je murmure doucement. Je suis là. Ne pleure pas. »
 
Je ne sais pas s'il se calme tout de suite mais lorsqu'il se tourne vers moi, je peux essuyer ses larmes, embrasser son front, ses yeux. La délicatesse de mes gestes l'aide à se détendre et, cette fois-ci, lorsque j'approche mes lèvres des siennes, aucune main ne me fait obstacle. Louis me laisse faire un pas vers lui, il me laisse enfin une chance de me racheter et je compte bien la saisir. Nos lèvres se trouvent, nos souffles s'entremêlent et l'intensité de ce baiser allume en moi un brasier que je pensais éteint depuis longtemps.
 
« On ne se réconcilie pas sur l'oreiller, il murmure entre deux baisers.
– On est toujours fâchés. », je réponds alors.
 
Louis pouffe de rire contre mes lèvres et mes mains glissent le long de son dos, dans l'espoir de caresser sa peau, mais il stoppe mon élan.
 
« Ne touche pas, s'il te plaît. Je peux pas. Ne soulève pas mon t-shirt.
– Alors quoi ? Je baisse simplement ton pantalon à mi-cuisse et j'te prends par-derrière ? C'est hors de question, je ne vais pas simplement te sauter, j'peux pas. Je sais pas faire ça. 
– Si tu peux. »
 
Ses caresses me donnent chauds, me font voir des étoiles. Je n'arrive pas à m'éloigner assez pour reprendre mes esprits, mais je n'agirai pas comme un sauvage ; ça ressemblerait trop au rapport que j'ai eu avec Lenny et c'est hors de question. J'aime trop Louis pour ne pas caresser son corps, l'embrasser, le voir se cambrer et frissonner, alors je le repousse mais il bascule sur moi. Il glisse ses mains sous mes vêtements, il sait où me toucher pour me faire flancher parce qu'il me connaît encore par c½ur.
 
« Peut-être qu'on n'aura plus l'occasion avant des semaines, il susurre contre mes lèvres. T'as pas envie ?
– Bien sûr que si.
– Ne résiste pas dans ce cas... », il dit alors qu'il scelle à nouveau ses lèvres aux miennes.
 
Faire l'amour dans une situation comme celle-ci est ridicule ; comme si c'était tout ce qui nous importait, comme si nous n'avions pas autre chose à penser... mais je crois que ça nous dépasse. J'ai envie de Louis et rien n'est plus fort à ce moment-là, rien ne compte plus que pouvoir le retrouver tant que j'en ai encore la possibilité. Comme si j'allais mourir demain ; je suis effrayé de vivre comme ça mais je n'ai pas le choix si je veux vivre, justement. Je n'aime plus la spontanéité et l'impulsivité n'avait plus aucun charme à mes yeux jusqu'à cette nuit. Louis tremble entre mes bras mais, cette fois-ci, ce n'est pas de peur, et le sentir frissonner chaque fois que mes doigts le frôlent me donne envie de le combler à nouveau. J'embrasse son cou, je le cajole. On est épuisés mais nos c½urs battent à nouveau à l'unisson et il ne m'en faut pas plus pour y croire à nouveau. Je sais parfaitement que c'est idiot de penser que Louis est la clé d'un remède contre les Impurs et que, grâce à lui, le monde redeviendra ce qu'il a toujours été, mais nous avons besoin d'un but pour avancer et il est l'infime espoir qui nous permet d'y croire.
 
« On va y arriver, je murmure à son oreille alors qu'il se blottit contre moi.
– Je sais. »
 
Louis n'a pas cédé et même s'il a accepté de retirer la quasi totalité de ses vêtements, il a refusé de retirer son t-shirt. Moi, en revanche, je suis entièrement nu et maintenant que la fièvre est passée, j'ai un peu froid – alors je suppose que c'est pareil pour lui.
 
« Rhabille-toi ma gaufrette, je n'ai pas envie que tu prennes froid. »
 
Il ronchonne et je me détache de lui pour récupérer ses vêtements. Il reste étendu sur le lit et la lueur de la bougie semble s'affaiblir. Il doit être tard ; il est temps de dormir alors je prends la décision de le rhabiller moi-même. Il m'aide un peu, mais pas trop non plus, et comme je râle, ça le fait rire et je crois que j'en tombe encore plus amoureux. Je me rallonge près de lui et, comme un aimant, il regagne mes bras, sa tête se niche dans mon cou et nos jambes s'entremêlent.
 
« Tu sais comment sortir ?, il demande avec une voix lointaine, parce qu'il commence à s'endormir.
– Oui. Mais ne te préoccupe pas de ça maintenant. Dors Amour, tu as besoin de te reposer. Dors, je reste avec toi.
– Toujours ?, il marmonne difficilement.
– Toujours. »
 
. . .
 
J'entends pouffer de rire, le lit s'affaisse et je crois que Charlie est en train de s'inviter au lit pour un câlin matinal. Je souris un peu sans ouvrir les yeux avant d'entendre la voix de Julian.
 
« Il fait jour. », il chuchote.
 
Charlie n'est pas là parce que nous ne sommes pas à New Heaven. Le réveil est aussi difficile qu'agréable. Louis est blotti contre moi et quand j'ouvre les yeux, je vois qu'il me regarde avec un petit sourire. Mon premier reflexe est de poser mes lèvres sur les siennes et il glisse sa main entre nous. Je m'apprête à râler mais il me murmure à l'oreille quelque chose qui m'effraie.
 
« Douze heures. »
 
Je ne sais pas combien de temps nous avons dormis, peut-être six heures ? Ou moins. Disons cinq. Cinq heures et je ne me sens pas différent. Je n'ai mal nulle part et je n'ai pas l'impression que je vais muter d'ici quelques heures. Mais Louis a raison, tant que les douze heures ne se sont pas écoulées, je dois rester vigilant.
 
« Il gratte plus, annonce Julian. Le Chasseur, il précise avant de s'asseoir au bout du lit. Tu crois qu'il est parti ?
– Aucune idée, j'avoue avant de me relever.
– Peut-être qu'il dort. », il suggère avant de marcher à quatre pattes jusqu'à moi.
 
Il s'installe sur mes jambes ; c'est étrange de lui faire un câlin parce que, même si j'aime beaucoup pouvoir lui porter ce genre d'attention, il n'était pas du tout demandeur avant. J'ai l'impression d'avoir à faire à un autre petit garçon et j'aime celui-ci encore plus.
 
« Tu as bien dormi ?, je lui demande.
– Anna ronfle !
– MÊME PAS VRAI !, elle hurle de la chambre où elle est, avant de débouler, les poings sur les hanches, l'air fâché.
– Si c'est vrai !, il insiste.
– Non c'est pas vrai !
– Demande à Thomas !, rétorque Julian alors que ce dernier pointe également le bout de son nez.
– Ne me mêlez pas à vos chamailleries, il râle. Anna, y a des vêtements pour toi dans la penderie. Enfin je pense, tu devrais jeter un ½il. »
 
Le regard d'Anna s'illumine et elle disparaît à nouveau dans la chambre adjacente.
 
« C'est trop bizarre les filles, soupire Julian.
– Tu m'étonnes, rétorque Louis.
– Euh... par « des vêtements pour moi » tu entendais quoi exactement ?, demande Anna alors qu'elle débarque avec plusieurs vêtements. C'est pas parce que c'est rose que c'est forcément pour moi.
– Ah non ? », demande Thomas en la regardant de la tête aux pieds.
 
Même s'il est sale parce qu'elle s'est trainée sur le sol pour nous ouvrir la porte de l'hôtel, son haut de pyjama est rose pâle à la base, et son pantalon est recouvert de roses – la fleur – dans les tons rose, évidemment.
 
« Je pense que je préfère être en pyjama plutôt que de mettre un truc qui fait trois fois ma taille. Si je cours et que je perds mon pantalon, je n'aurais pas du tout l'air maligne. »
 
Elle déplie le pantalon et, en effet, deux mini gabaries comme elle peuvent remplir ce pantalon. Julian pouffe de rire et Anna le regarde d'un air blasé.
 
« Y a rien de marrant, Julian. Tout ça c'est de ta faute.
– Anna, doucement. », je dis sérieusement.
 
Elle se tait et fixe ses pieds, elle sait que rejeter la faute sur Julian n'est pas la solution, même si c'est plus facile de trouver un coupable plutôt que d'admettre qu'elle l'a suivi de son plein gré.
 
« L'ennui c'est que tu vas avoir froid, en pyjama, reprend Thomas.
– J'ai déjà froid. », elle se plaint.
 
Thomas hoche la tête et disparaît un moment avant de revenir avec son sac et un sweat-shirt.
 
« Tiens, tu peux le mettre, ça libérera de la place dans mon sac. Il est gris mais bon. »
 
Anna pique un fard et pour ne pas qu'on le voit, elle enfile rapidement le sweat-shirt que Thomas lui tend. Ils ont tous les deux un comportement gêné et, même si c'est très drôle à voir, je trouve ça mignon. On est enfermés dans une suite parce qu'un Chasseur a failli nous dévorer, mais Anna et Thomas ont trouvé le moyen de flirter pendant que Louis et moi faisions l'amour. Je crois que j'aurais pu avoir un fou rire nerveux si Sally n'avait pas débarqué dans la chambre en claquant rageusement la porte sur le mur. Le bruit sourd est rapidement suivi d'un hurlement et on comprend rapidement que le Chasseur est toujours là.
 
« Putain mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Hein ? Il fait jour ! Vous comptez rester ici combien de temps ? 
– Ta gueule, Sally, on répond tous d'une même voix avant de le réaliser et de se mettre à rire.
– Mais j'vous emmerde, putain ! Magnez-vous ! J'en peux plus d'entendre ces hurlements, ça me rend cinglée.
– Tu l'es déjà, rétorque Thomas avant de lui passer devant en la bousculant.
– Merdeux ! »
 
Anna presse le pas pour rejoindre Thomas et Louis est tétanisé derrière moi, alors que Julian glisse sa main dans la mienne. Sally fait demi-tour, Louis se détend et on rejoint tout le monde dans le salon.
 
« Alors, comment on fait, Sherlock ?, elle me demande.
– On passe par l'escalier de secours, je réponds simplement.
– Les fenêtres de s'ouvrent pas, elle rétorque avec agacement.
– On les pète !, dit Truman en balançant une grosse chaise à travers la première fenêtre qu'il croise. »
 
Le vacarme excite tellement le Chasseur qu'il se met à cogner contre la porte, qui tremble sous son poids. Les coups sont espacés, réguliers, comme s'il prenait son élan dans les marches avant de courir contre la porte.
 
« La porte ne va pas tenir !, s'inquiète Anna.
– On y va ! », je tranche.
 
Sans perdre une seconde, je me précipite par la fenêtre et passe de l'autre côté sans problème. L'escalier est toujours intact – du moins, c'est ce dont j'ai l'impression.
 
« Julian, Anna ! », j'appelle.
 
Julian passe le premier, il escalade facilement le rebord pour se retrouver de l'autre côté et, même si Anna ronchonne encore, jusqu'ici, elle est loin d'être le boulet qu'elle pense être. Je suis fier d'elle, de ce qu'elle est capable d'accomplir. Thomas est le suivant et il commence à descendre, suivi de près par les enfants. Je réceptionne Louis qui tremble comme une feuille. Les hurlements du Chasseur sont de plus en plus intenses et le craquement qu'on entend nous pousse à courir dans l'escalier de secours. On court sans nous soucier de Truman ou de Sally, on court parce qu'il faut qu'on regagne la voiture pour être en sécurité et quitter la ville. Mon c½ur bat à mille à l'heure, je ne lâche pas la main de Louis et lorsque Sally hurle à l'étage, on court encore plus vite.
 
« Il faut sauter !, annonce Thomas alors qu'on arrive au deuxième étage.
– Vas-y, tu les réceptionnes ! »
 
Il saute souplement pour rejoindre le palier du premier et les grincements de l'escalier ne laisse rien présager de bon. Anna saute et se réceptionne sans aucune aide, et j'attrape Julian par les bras pour réduire l'écart du vide qui le sépare des deux autres.
 
« Je te lâche, t'es prêt ?, je demande.
– Oui ! »
 
Thomas le récupère sans mal et, au moment où je me tourne vers Louis pour l'aider, Truman déboule comme un malade et nous bouscule pour sauter de tout son poids en bas.
 
« THOMAS ! », j'ai à peine le temps d'hurler pour l'avertir, que l'escalier s'effondre sous nos yeux.
 
J'entends Anna se mettre à crier, Julian également, et c'est la confusion durant de longues secondes. La poussière que génère l'effondrement nous empêche d'y voir clair et si j'ai l'intention stupide de sauter, Louis m'en empêche et tendant son bras devant moi.
 
« Attends ! », il me supplie.
 
Mon sang bout dans mes veines et la peur qui oppresse mes poumon m'empêche de respirer convenablement. Le silence qui nous entoure est lourd et lorsque la fumée se dissipe, je constate qu'Anna est suspendue dans le vide par le pied, alors que Thomas et Julian sont par terre, un peu plus loin. Je cesse de respirer jusqu'à ce que je voie Julian se relever.
 
« JULIAN ! JULIAN, TOUT VA BIEN ?
– Oui !, il répond en me cherchant des yeux. On a glissé tout le long ! On n'est pas tombés de haut ! »
 
Thomas se relève également.
 
« Anna ?, il appelle avant de lever les yeux lorsqu'il l'entend pleurnicher.
– Anna, ça va ?, je m'inquiète.
– MAIS J'AI LA TÊTE EN BAS !, elle s'époumone, franchement en colère. POURQUOI MOI J'AI PAS GLISSÉ COMME TOUT LE MONDE ? Heureusement que j'ai un soutien-gorge ! », elle ajoute en coinçant son sweat dans son pantalon de pyjama.
 
C'est plus fort que nous, on se met à rire parce que j'ai vraiment l'impression que ça ne pourrait arriver qu'à elle. Sally débarque à son tour, elle boite, elle a les mains tâchées de sang.
 
« Ce fils de pute m'a planté un couteau dans la cuisse !, elle dit en désignant Truman, toujours allongé sur le sol – en effet, son pantalon est imbibé de sang. Il voulait me laisser en nourriture à l'autre taré là-haut !
– C'est pour ça que t'as crié ?, je demande.
– Bien sûr putain ! Ça fait un mal de chien ! Le Chasseur a ouvert la porte, il a fait un pas avant de hurler et de retourner dans le noir. J'crois que la lumière du jour fait un truc à leur peau, ils sont limites translucides putain, c'est dégueulasse.
– Ok, au moins, on est tranquille la journée.
– Qu'est-ce qu'il s'est passé ?, elle demande.
– Truman est arrivé en courant, il a sauté sur un tronçon de l'escalier qui n'était pas stable et il s'est effondré.
– Mais qu'est-ce qu'elle fout comme ça cette conne ?, demande Sally en désignant Anna.
– Bah tu vois, je me faisais chier alors j'ai décidé de devenir EQUILIBRISTE, ESPECE DE CONNASSE ! »
 
Sally la regarde avec surprise et on entend Julian éclater de rire.
 
« Anna, il va falloir que tu remontes, je lui dis. Tu n'es pas très loin du sol, Thomas pourra te réceptionner.
– Que je remonte ?
– Oui. Que tu atteignes ton pied pour le décoincer et que tu te lâches sans avoir la tête en bas, tu comprends ?
– Mais t'as cru que j'avais des abdos en acier ou quoi ? Comment tu veux que j'atteigne mon pied ?
– C'est sérieux, Anna...
– Mais je suis hyper sérieuse ! », elle râle avant d'essayer de se redresser.
 
Elle a à peine eu le temps de bouger, que la partie sur laquelle elle est accrochée tombe d'un mètre, ce qui lui arrache un cri de frayeur. J'ai moi-même retenu mon souffle le temps que tout se stabilise à nouveau.
 
« Je fais quoi ? Harry, je fais quoi ?, elle panique.
– T'es plus proche du sol, Thomas peut t'attraper ! Il faut que tu essaies encore ! »
 
Thomas se positionne juste au-dessous d'elle, il ne lui manque quelques centimètres pour atteindre le bout des doigts d'Anna.
 
« Fait chier. », elle râle avant d'essayer à nouveau d'attraper son pied.
 
Cette fois-ci, rien ne bouge mais elle doit s'y prendre à plusieurs reprises avant de parvenir à débloquer son pied. Elle tombe dans le vide, non sans retenir un cri, et elle écrase Thomas de tout son poids. Julian les aide à se relever, mort de rire, et le soulagement que j'éprouve me donne des ailes. J'aurais aimé que ces ailes soient réelles pour pouvoir regagner facilement la terre ferme, mais même si nous vivons parmi les Impurs, certaines choses restent impossibles.
 
Je me tourne vers Louis et il regarde Sally avec un air inquiet.
 
« Elle a une sale gueule.
– Je suis en train de perdre tout mon sang !, elle s'emporte avec moins de convictions que d'habitude. Comment on va descendre ? »
 
Je regarde autour de moi et rapidement, je sais comment Louis et moi allons descendre ; je détache mon bracelet de survie pour défaire la corde.
 
« Louis et moi, on va descendre en rappel, toi, j'en sais rien du tout.
– En rappel ?, s'inquiète Louis. Comment ça en rappel ? C'est une blague ? 
– Putain mais tu ne vas pas me laisser ici !, s'emporte Sally. Pourquoi j'ai pas de bracelet comme ça, moi ? Hein ?
– Parce que je n'en ai trouvé que pour ceux de ma Maison, je réponds sans la regarder, avant de positionner Louis devant moi pour lui fabriquer un baudrier de fortune.
– Sale petit égoïste de merde ! », elle me dit avant de me bousculer.  
 
Je me redresse pour lui faire face ; Sally est grande et je ne la dépasse pas de beaucoup, mais elle comprend qu'elle a franchi une limite et s'écrase.
 
« Tu fais encore un truc qui nous met en danger et je te balance par terre, t'as compris ? »
 
Elle serre la mâchoire et je vois dans ses yeux tellement de haine que j'aurais pu être effrayé si je ne savais pas qu'elle avait bien plus peur de moi que l'inverse. Elle ne répond rien mais se décale et recule assez pour me faire comprendre qu'elle ne fera rien. Je me retourne vers Louis pour terminer.
 
« Tu vas descendre en rappel, je vais t'assurer jusqu'en bas et tu te détacheras pour que je puisse récupérer la corde.
– Putain mais moi aussi je peux descendre !, s'emporte Sally.
– Oui. Mais j'ai pas envie de t'aider. T'as menacé le village, tu t'es jeté sur Anna à plusieurs reprises et tu as voulu tuer Louis. Tu as ta place dans la voiture uniquement parce que mon but était de t'éloigner assez de New Heaven. Si tu n'es pas capable de regagner la voiture par tes propres moyens, tu es abandonnée sur place. »
 
Je vois qu'elle est sur le point de m'insulter mais qu'elle se retient. Elle serre les dents avant de chercher activement autour d'elle comment descendre aussi rapidement que nous.
 
« T'es prêt ?, je demande à Louis.
– Non, mais j'ai pas le choix, il râle.
– En effet. »
 
Je lui souris et j'embrasse son front avant d'installer la poulie que j'avais dans mon sac pour pouvoir le descendre. Il respire vite parce qu'il a peur, mais il se laisse faire et arrive en bas sans mal.
 
« Détache-toi !, je lui dis.
– Ouais mais t'as vu tous les n½uds ? Je fais ce que je peux ! »
 
Thomas et Anna se pressent pour l'aider et lorsqu'ils ont terminé, je peux enfin remonter ma corde et ma poulie. Je m'attache et je commence à descendre prudemment. Je n'ai pas fait ça depuis des années et je suis soulagé de constater que ce sont des choses qu'on n'oublie pas. Je vois Sally s'agripper à la gouttière pour descendre et j'espère qu'elle n'y arrivera pas.
 
Lorsqu'un coup de feu retentit, mon c½ur loupe un battement. Je baisse les yeux et je vois Truman, debout, le bras tendu en direction du reste du groupe. Lorsque je réalise que la personne étendue sur le sol, aux pieds de Thomas, n'est autre qu'un Impur, je regarde plus loin pour découvrir qu'il n'était pas seul.
 
« Merde. »
 
Je descends encore plus vite, je récupère la corde et la passe autour de mes épaules au plus vite pour ne plus perdre de temps.
 
« Tout le monde à la voiture ! »
 
Truman tire encore une fois pour abattre un Impur plus rapide que les autres et on court tous en direction de la voiture. J'ouvre les portes en catastrophe, tout le monde s'installe et j'ai tout juste le temps de voir Sally grimper à l'arrière du Pick Up avant de démarrer.
 
« Putain mais elle est increvable, peste Anna en bouclant sa ceinture.
– J'ai faim. », dit timidement Julian.
 
Merde. Avec tout ça, on n'a même pas pensé à petit déjeuner. 


#RAMfic J'espère que ce chapitre vous a plu, je commence LENTEMENT à trouver mes marques xD Plus j'avance dans l'histoire, plus j'ai des idées précises de certaines scènes à venir parce que je vous avoue que là, c'était un peu au pif. J'me suis dit "tiens, si l'escalier se pétait ?" puis j'ai réalisé "mdr Harry et Louis sont toujours en haut maintenant, comment tu fais pauvre conne ?" xD Heureusement qu'Harry avait son bracelet de survie parce que je voyais mal Louis descendre le long d'une gouttière ou d'un mur MDR Enfin voilà, ils ont failli se débarrasser de Sally mais maintenant qu'elle est blessée, je ne sais pas trop ce que ça va donner et Truman me fait peur, je ne sais même pas dans quel camp il est celui-là, j'crois qu'il est juste pour sa survie, quitte à sacrifier tout le monde : dangereux donc. Ahah bref ! Faut espérer qu'Harry ne se transforme pas, ce serait con xD Puis eux deux, ils sont toujours aussi entêtés mais amoureux, ça réchauffe le coeur, même si je suis souvent dépassée par leur dispute.

Merci à tous ceux qui commentent et qui prennent le temps de me dire ce qu'ils ressentent et pensent de ma fiction, ça me fait vraiment plaisir ❤

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Comments :

  • resteavecmoific

    21/03/2017

    @Cartooune wrote: "Mais ce chapitre était si cool !!! Je suis tellement contente que Louis et Harry se retrouvent enfin, que Louis ait enfin accepté de l'embrasser. Enfin, même si au début c'était mal parti. C'est compréhensif que Louis reproche à Harry ses décisions passées mais s'ils veulent que ça marche à nouveau, il va pas pouvoir lui balancer ça à chaque fois qu'il a un problème, sinon ils n'avanceront jamais. J'espère qu'ils vont pas trop se disputer à l'avenir, du moins plus se reprocher continuellement la même chose. Bon, parce que se disputer c'est pas prêt de s'arrêter, puisque Harry et Louis c'est Harry et Louis, c'est comme ça qu'ils fonctionnent. C'est à cause des cicatrices que Louis ne veut pas enlever son t-shirt ? C'est triste qu'il ne soit pas capable de les montrer à Harry, sûrement la personne qu'il aime le plus au monde...Mais je suppose que ce n'est qu'une question de temps, il va reprendre confiance. Mais ils s'aiment toujours autant alors ça fait chaud au coeur. Ces petits bébés trop choupinou ** Faire l'amour quand on est potentiellement bientôt mort c'est vrai que c'est vraiment spécial MDR. Si j'étais dans leur situation je crois que je serais tellement flippée que j'y arriverai pas. Mais ils ont raison au final de profiter l'un de l'autre, de se prouver qu'ils s'aiment comme ça. On dit souvent qu'on devrait vivre notre vie comme si chaque jour était le dernier. Puis l'amour c'est l'espoir alors ils ont en besoin dans leur situation. Je valide complètement Thomas et Anna qui rougissent, qui flirtent tout ça tout ça jkhcjsdvhjvuhcs. Anna est si drôle, honnêtement je l'adore ! Oh est j'espère qu'elle va finir par lui péter la gueule à Sally ! D'ailleurs, elle est increvable cette femme ou quoi ? Putain mais c'est pas possible, ils étaient à 2 doigts de la perdre, je suis dégoutée ! Mais j'ai bon espoir que la plaie s'infecte, qu'elle chope de la fièvre et qu'elle crève xD Je t'avoue que je suis un peu anxieuse concernant la suite de leur périple...Pour l'instant ça a été relativement calme alors bon, faudrait pas que tout parte en cacahuète maintenant !
    Oh et puis oui, si Harry pouvait ne pas se transformer ce serait vraiment top. Parce que bonjour la galère sinon ahahahah❤️
    "

    Merciiiiii !
    Oui je pense qu'ils avaient besoin de se retrouver même si bon, ils se chamaillent tout le temps et que c'est un peu leur façon de tester leur amour, à un moment faut s'assurer que c'est toujours intacte. Donc oui, là il va falloir avancer mais avec le contexte, tout est un peu en suspend.
    Oui c'est à cause de ses cicatrices, ça lui prendra peut-être un peu de temps pour les accepter le pauvre.
    Espérons qu'en effet, leur amour leur donne la force d'aller jusqu'au bout et de rentrer en un seul morceau parce qu'il va leur falloir beaucoup de courage !
    Thomas et Anna je suis lqshskjdfgh aussi ils sont trop mignons tous les deux !
    Sally elle s'accroche, une vraie moule xD Pour l'instant je ne sais même pas comment Harry arrive à supporter sa présence xD Maiiiis bon, elle est là, elle s'accroche !
    Je vais faire mon possible pour qu'il ne devienne pas un impur ! ❤

  • resteavecmoific

    21/03/2017

    ViCtoria wrote: "ENFIN ENFIN ENFIN UN BISOUS ENFIIIIIIIN !( ouais y'a eu plus que ca mais bon) 😂😂
    Bon maintenant c'est à espérer qu'H soit immunisé aussi contre cette merde, parce que ça serait vraiment pas drôle !
    Tu m'as fait rire avec ton explication sur l'escalier, beaucoup ne lisent pas tes petits mots de fin de ch outre parfois ils loupent des choses mdrrrr.
    OK Thomas et Anna je ship x150000, ils sont tellement mignons, puis flirter alors que dehors c'est la merde c'est cute quand même !
    Sally, elle est increvable lol ! J'étais contente je pensais que l'impur les avait eu tout les deux elle et Truman et bah non ! D'ailleurs lui j'ai pas compris pk il lui avait planter un couteau dans la jambe alors qu'il avait un flingue !? Tire lui une balle dans la tête si tu veux vraiment la laisser en repas au chasseur 🤔🤔
    "

    Ahah oui, c'était cool mais maintenant y a un léger stress des 12 heures.
    Mdrrrrrr oui je pense qu'ils ratent mes conneries xD
    Je pense que Truman s'est dit que si elle était juste blessée elle essaierait de coincer la porte un peu plus longtemps alors que si elle était morte... mdr bon bah elle aurait pas pu xD Mais c'est dur de se débarrasser d'elle c'est clair !

  • resteavecmoific

    21/03/2017

    Butterfly1802 wrote: "J'ai lu les deux chapitres en apnée ! Mon dieu, tu décris très bien la tension de la situation et la tension entre les membres du groupe. Je suis contente que les enfants fassent partie de l'expédition même si c'est dangereux. Je crois que ça peut permettre à Harry de relativiser dans certaines situations. Et ça apporte de la légèreté dont ils ont bien besoin.
    Merci beaucoup pour ces chapitres.
    Et non HARRY NE VA PAS SE TRANSFORMER et Louis et lui vont pouvoir faire des bisous ?
    "

    Awww merci beaucoup !! J'ai toujours peur de passer à côté de l'ambiance que j'imagine dans ma tête !
    ON NE SAIT PAS (mais on a quand même bon espoir car sinon ça signifie que la fiction est terminée mdrrr) ❤

  • resteavecmoific

    21/03/2017

    Kiara wrote: "J'adoooore ce chapitre, je crois que c'est mon prefere pour l'instant il est spontané et c'est chaud ce qu'ils vivent mais j'étais teeeeeeellement morte de rire 😂 Le "je me faisais chier alors j'ai décidé de devenir ÉQUILIBRISTE CONNASSE" était génial. C'était vivant et très prenant ah et j'aime l'idée que tu ne sois pas vraiment maître de tes persos comme tu l'expliques dans la note ! Par contre si Harry se transforme 😱
    Encore bravo pour ton talent et ta régularité
    "

    Merci beaucoup !! J'espère que les autres te plairont tout autant !! Ahah oui moi aussi j'aime bien me surprendre moi-même xD ❤

  • resteavecmoific

    20/03/2017

    IWillFallForYouFic wrote: "Ton mot en bas du chapitre m'a fait trop rire, parce que tu te pose les mêmes questions que moi, alors que c'est toi qui écrit et le "Truman me fait peur" m'a fait trop rire, tu écris la fiction, donc tu peux le zigouiiller quand tu veux, bref tu m'as fait rire :) J'ai beaucoup beaucoup aimé le chapitre !"

    Ahah oui j'écris tellement sans rien prévoir que je ne sais pas ce que je suis capable de faire 😂😂 Merci beaucoup !!

  • resteavecmoific

    20/03/2017

    JulietteOD wrote: "Qu'est que j'aime ta fiction bordel. Et ton chapitre je suis fan. ❤"

    Merci beaucoup 😊💕

  • resteavecmoific

    20/03/2017

    beardofliam wrote: "quand j'lis " gaufrette " jme dis que tu n'ai pas perdu que "

    Ahah oui on croise les doigts !

  • beardofliam

    18/03/2017

    quand j'lis " gaufrette " jme dis que tu n'ai pas perdu que

  • JulietteOD

    12/03/2017

    Qu'est que j'aime ta fiction bordel. Et ton chapitre je suis fan. ❤

  • Butterfly1802

    09/03/2017

    J'ai lu les deux chapitres en apnée ! Mon dieu, tu décris très bien la tension de la situation et la tension entre les membres du groupe. Je suis contente que les enfants fassent partie de l'expédition même si c'est dangereux. Je crois que ça peut permettre à Harry de relativiser dans certaines situations. Et ça apporte de la légèreté dont ils ont bien besoin.
    Merci beaucoup pour ces chapitres.
    Et non HARRY NE VA PAS SE TRANSFORMER et Louis et lui vont pouvoir faire des bisous ?

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