Lifeline – Chapitre 14

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Lifeline – Chapitre 14
Lifeline – Chapitre 14
Lifeline – Chapitre 14

Été 2022. Quelque part dans le Maryland.  
 
J'ai à peine tourné les talons que je me prends un coup de poing entre les omoplates qui me coupe le souffle et me fait tomber à genoux.
 
« S'il faut que je te tue pour traîner cette petite merde jusqu'au laboratoire maintenant, crois-moi, je vais le faire. »
 
Je ferme les yeux pour chasser les étoiles qui s'agitent partout où je regarde, mais je les vois également dans le noir. Je reprends lentement mon souffle et j'essaie de trouver une solution, mais Truman me balance un coup de pied dans l'estomac qui me couche sur le sol.
 
« ARRÊTE !, hurle Louis. ARRÊTE ! JE VAIS TE SUIVRE !
– Bien sûr que tu vas me suivre, espèce de monstre. Putain mais j'attends le moment où on va enfin avoir une bonne raison de te butter depuis longtemps !
– Ta gueule, Truman. », j'articule difficilement.  
 
Ce connard me pousse du pied et sans pouvoir résister, je roule sur le côté, il appuie sur mon épaule et m'arrache un gémissement de douleur.
 
« Vous pensiez sincèrement qu'ils allaient étudier ce qu'il a dans le crâne en le laissant en vie ?
– Quoi ? »
 
La voix de Louis tremble et même si je ne l'ai pas dans mon champ de vision, je suis presque sûr qu'il a posé une main sur son crâne.
 
« On l'a vu dans ton crâne lors des scanners qu'on a fait, quand on avait encore le générateur de secours.
– Quoi ? Qu'est-ce que vous avez vu ?
– La bestiole que t'as là-dedans, putain ! T'as un parasite accroché au cerveau, sauf que le tien est mort et qu'on sait pas comment. Le labo doit le disséquer pour comprendre. C'est pour ça que t'es pas contagieux, parce que t'as rien qui passe dans le sang, c'est—
– Tu dis n'importe quoi !, réponds Louis.
– Tu sais bien que non ! T'as eu des maux de tête à t'en cogner contre les murs après t'être fait mordre. Tu t'en souviens, pas vrai ?
– Ça n'a rien à voir.
– Ça s'est arrêté rapidement parce que la bestiole est morte !
– Tu le sais depuis le début ?, je demande.
– Bien sûr que oui, j'ai rien dit parce qu'aucun d'entre vous ne m'aurait suivi si vous aviez su que laisser une chance à l'humanité le tuerait lui !
– Personne ne va tuer Louis, je menace.
– Et qui va m'en empêcher, hein ? Toi peut-être ? »
 
Truman me met un coup de pied dans les côtes qui me coupe le souffle.
 
« Thomas va...
– Thomas ?, il me coupe avec un rire mauvais. Thomas savait. Il savait depuis le début de l'expédition et il n'a rien dit.
– Tu mens, je réponds sûr de moi.
– J'espère qu'il te trouvera par terre, j'espère que tu seras encore vivant et j'espère que tu auras le temps de lui demander s'il savait ou non que ce serait un aller simple pour Louis.
– Va te faire foutre, Truman ! »
 
Cette fois-ci, les coups pleuvent ; Louis hurle qu'il va coopérer mais Truman s'en fout. Il s'acharne et je n'y vois plus rien, même en rouvrant les yeux. J'ai un goût de sang dans la bouche, j'ai mal dans tout mon corps et chaque mouvement que je fais est une véritable torture – même respirer me coûte. Je m'attends à un énième coup de pied mais il n'arrive jamais.
 
J'ai l'impression de vivre l'instant par saccade ; je n'entends plus, je ne vois plus, je suis effrayé et lorsque j'entends un coup de feu, mon c½ur s'arrête. Est-ce que c'est moi qui suis touché ? Oui, c'est forcément moi parce que je refuse une autre issue que celle où je suis celui qui meurt.
 
« Ils sont établis dans une ville limitrophe de James Town dans le Wyoming, hurle Truman, sans que je ne comprenne pourquoi.
– Non..., je murmure avec toute la force qu'il me reste. Louis ? Louis !
– Rasez le village pour les trouver. À vous. »
 
Un grésillement se fait entendre et la voix d'un homme que je ne connais pas répond ; Truman prévient le labo de notre position, on n'a plus d'endroit où aller et j'ai peur que Louis se retrouve seul.
 
« Où êtes-vous ? Où est le colis ? Il nous faut le colis, Truman !
– Il— »
 
Un second coup de feu résonne et celui-ci fait taire Truman. Mon c½ur bat la chamade, je cherche Louis du regard mais je peine à bouger. Qui tire ? Je n'entends pas Louis et je commence à paniquer. Le grésillement revient.
 
« Truman ? Qu'est-ce que c'était ? A vous ! Truman !?
– Truman n'est plus. »
 
Mon c½ur explose ; la voix de Louis résonne dans tout mon être lorsque je comprends qu'il était celui qui tirait. Avec tous les efforts du monde je tente de me tourner sur le dos et lorsque j'y parviens, je réalise qu'il n'y a pas un seul nuage dans le ciel. Il est d'un bleu magnifique – peut-être un peu plus clair que les yeux de Louis – et la sérénité qui m'envahit à ce moment-là semble faire taire toutes les douleurs qui me tiraillent et me font souffrir. Le soleil se couchera dans trois heures et je vais certainement mourir ici, soulagé de savoir que Louis est sain et sauf, peu importe ce qui vit dans son crâne.
 
« Qu'en est-il du colis ?, demande l'homme à l'autre bout du Talkie Walkie.
– Il vous emmerde.
– Nous vous traquerons, nous vous trouverons. Nous connaissons votre position et— »
 
Le grésillement se tait et je comprends que Louis a mis fin à la conversation.
 
« Harry ? Je suis là, regarde-moi ! »
 
Louis se penche au-dessus de moi ; il n'a pas une seule égratignure. Ma gaufrette est entière et à peine effritée.
 
« Tu vas bien ?, je m'inquiète.
– Oui j'ai... bon sang. »
 
Il me scrute et ses yeux s'emplissent de larmes immédiatement. Je dois être vraiment amoché pour qu'il réagisse comme de cette manière et ça me serre le c½ur. Je ne veux pas qu'il pleure ; j'essaie de tendre un bras vers lui pour le rassurer mais il est obligé d'attraper ma main pour la plaquer lui-même sur sa joue, étant donné que je suis incapable de contracter ne serait-ce qu'un muscle sans que ce ne soit une souffrance intolérable.
 
« Pleure pas, je souffle.
– Tais-toi, je fais ce que je veux ! »
 
Je souris faiblement. Je pense que j'ai envie de lâcher prise parce que je suis épuisé, alors je ferme les yeux mais Louis me gifle doucement.
 
« Qu'est-ce que tu fais ? T'as pas intérêt à me faire ça, t'as compris ? C'est rien du tout ! Juste une petite bagarre !
– Amour...
– Y a pas d'Amour qui tienne. C'est toujours toi qui prends les décisions et t'as bien raison parce que les miennes sont nulles ; comment t'as pu me laisser faire confiance à ces femmes, hein ? Bon sang, t'as pas intérêt à me lâcher maintenant parce que je vais mourir sans toi, tu comprends ?
– Egoïste, je dis en luttant pour ne pas fermer les yeux, mon petit sourire toujours placardé sur mon visage.
– Oui et alors ? J'te préviens que si tu meurs, je te tue, c'est clair ? T'as pas le droit de mourir. On n'a pas vécu toute cette merde pour que tu meures maintenant, d'accord ? »
 
Cette fois-ci, il n'a plus envie de rire et j'entends à sa voix que, même si aucune larme ne coule sur ses joues, il est effondré et complètement perdu.
 
« Dis-moi ce que je dois faire, Harry. S'il te plaît.
– Trouve les autres. Allez à la voiture.
– Je ne te laisse pas ici, il dit la gorge serrée.
– Si. Trouve-les. Partez. Tu sais où aller.
– Harry, arrête ! Ça va aller, c'est rien du tout. Tu vas juste dormir un peu et ça ira.
– Hm, hm. »
 
Je sens qu'il me soulève et ça m'arrache des gémissements de douleur alors il me repose immédiatement et se couche contre moi.
 
« Me laisse pas, s'il te plait. 
– Va t'en Louis. »
 
Il ne me répond pas ; je sais qu'il pleure. J'aurais tellement voulu que les choses se passent autrement que s'en est douloureux. Je ne veux pas que tout s'arrête ici mais je n'ai plus la force de rien.
 
« Je t'aime. », je souffle lentement.
 
Peut-être que c'est lâche, peut-être que c'est facile, mais je ne vois pas comment je pourrais m'en sortir maintenant – je crois que je n'en ai même plus la force.
 
« Va-t'en. », je dis.
 
Sans même que je n'ai le temps de réagir, Louis se lève d'un bond et s'en va en courant, me laissant là, sur le sol, comme je le lui ai demandé. Je crois que j'aurais aimé qu'il me rassure avant de partir, qu'il me dise qu'il m'aimait et que tout irait bien pour moi une fois que je fermerais les yeux. J'aurais aimé qu'il me dise que je pouvais partir en paix et qu'il ne m'en voulait pas. Peut-être même que j'aurais aimé qu'il ne parte pas aussi vite et qu'il attende que je ne me rende pas compte de son départ. Mais Louis est parti, il va retrouver les autres et je sais qu'ils trouveront un moyen de s'en sortir. Je crois que c'est ça qui m'aide à fermer les yeux : savoir qu'ils iront bien, peu importe si je ne suis plus là pour veiller sur eux.
 
 
Anna.
 
Quand j'ouvre les yeux, j'ai tellement mal à la tête que j'ai l'impression que mon crâne va exploser. Je suis étalée sur le sol, la tête écrasée sur le carrelage froid. J'essaie de me relever mais je réalise que mes bras sont attachés dans mon dos. Merde. On est dans le noir complet, pas une fenêtre, rien. Je bouge à peine qu'une lumière vive m'éclaire le visage.
 
« Anna ?
– Baisse ça, tu m'éclates les yeux ! »
 
Julian éclaire un autre coin de la pièce – qui est certainement un cagibi –  et je crois que je suis vraiment soulagée de l'avoir retrouvé vivant.
 
« J'ai cru que t'étais morte !, il dit avec des larmes dans la voix.
– Parce que t'as cru qu'on pouvait m'exterminer comme ça ?, je demande en souriant pour le rassurer. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
– J'étais aux toilettes et quand je suis sorti, y a une fille qui m'a sauté dessus et elle m'a attaché ici, c'est aussi là qu'elles avaient stocké nos affaires, il y a nos sacs et ceux de Sally et Thomas. Je sais pas ce qu'il se passe. J'attendais là et d'un coup la porte s'est ouverte et elles t'ont jetée par terre devant moi. Elles ont dit qu'elles allaient partir pour New Heaven une fois qu'elles auraient assez de vivre pour le voyage.
– Et Thomas ? Il est où ?
– Je sais pas... Je crois que Sally veut aider les femmes maintenant.
– Putain mais quelle salope celle-là ! Si je la trouve Julian, je te jure que lui éclate la tête.
– Anna... t'arrives même pas à te relever. »
 
C'est plus fort que moi, je pouffe de rire. C'est vrai que là, j'ai vraiment l'air d'un saucisson sur le sol, mais il est hors de question qu'on reste ici sans rien faire.
 
« Je vais rouler jusqu'à toi et tu vas m'aider, ok ?
– Vas-y. »
 
Au moment où je m'apprête à rouler vers lui, je sursaute comme une dingue à l'entente d'une alarme qui résonne fort dans tout le bâtiment – et sans doute à des kilomètres à la ronde.
 
« Putain de merde, comment ça peut fonctionner encore, ce truc ?
– Je sais pas ! Anna, on est restés longtemps ici, s'il commence à faire nuit, ça va ramener des Chasseurs ! »
 
Mon c½ur loupe un battement et je me demande s'il n'est pas préférable qu'on reste ici toute la nuit pour ne s'échapper que le lendemain matin mais je réalise que ce serait idiot parce qu'une porte en bois aussi minable, un Chasseur la démolirait en cinq minutes. Dans un effort – qui se veut surhumain – je me roule jusqu'à Julian et il m'aide à me redresser pour que je puisse me lever et atteindre ses mains.
 
« Mais elles ont fait plein de n½uds !, il râle.
– Si elles ne veulent pas que je m'en aille, tu trouves pas ça logique ?
– Toi, je vais te laisser attacher, tu vas voir ! »
 
La porte s'ouvre soudainement faisant cogner mon c½ur comme jamais ; Julian coupe sa lampe torche et j'ai tout juste le temps de me jeter sur le sol pour faire comme si de rien n'était. Je me suis cognée le menton et j'ai mordu ma langue si fort que c'est insupportable de ne pas pouvoir hurler à la mort. J'entends un bruit sourd, comme si quelqu'un était balancé à côté de nous.
 
« Tout à l'heure vous irez faire un tour dans les sous-sol pour nourrir notre collection.
– Allez vous faire foutre ! Avec l'alarme, si nous on crève, vous crevez aussi ! »
 
Je reconnais la voix de Thomas alors je lève immédiatement la tête vers lui. Dans la pénombre, je ne vois pas bien son visage et lorsque la porte se ferme, on doit attendre que Julian rallume sa lampe torche pour y voir un peu plus clair.
 
« Anna ? Tout va bien ? »
 
Thomas fond sur moi pour m'aider à me relever. Il embrasse mes lèvres à plusieurs reprises et je suis soulagée de ne plus être celle qui prend les décisions quant à notre plan d'évasion.
 
« T'as mal quelque part ?
– Je viens de me mordre la langue, je sais même pas comment je ne me suis pas coupée un bout.
– Tout ça pour un baiser, soupire Julian.
– Quoi ? Mais non !, je me défends en piquant un fard. Raah, détache-moi, s'il te plaît !, je demande à Thomas.
– Tout de suite ma chérie. »
 
Julian pouffe de rire et j'aurais vraiment aimé le laisser ici s'il ne risquait pas d'en mourir. On doit s'y mettre à deux pour le détacher.
 
« Bon faut qu'on trouve nos sacs avant de partir et—
– Là. »
 
Julian éclaire un coin de la pièce et je sais que Thomas sourit. Moi aussi d'ailleurs, parce que même s'il est chiant, il est bien loin du petit merdeux insupportable de New Heaven qu'il était et que je suis fière de lui – mais je ne le lui dirais pas, faut pas rêver.
 
« Parfait. »
 
On enfile nos sacs et, avant de sortir, Thomas se tourne vers nous.
 
« Vous quittez l'hôtel, c'est clair ? On sort de cette pièce et vous foncez dehors.
– Sans toi ? Hors de question !, je réponds tout de suite.
– Si. Elles gardent des Impurs dans le sous-sol, je veux aller ouvrir les portes : s'il n'y a pas de provisions ou même de femmes, il n'y a pas d'invasion de New Heaven.
– On ne se sépare pas, j'insiste.
– C'est pas une séparation si on se retrouve dehors ! »
 
Mais je croise les bras parce que je n'ai absolument pas l'intention de capituler.
 
« On s'est séparés d'Harry et Louis et regarde ce qu'il se passe. On n'est pas dans un film d'horreur, il ne suffit pas de mettre “chapitre précédent” pour trouver une meilleure solution si tout va de travers.
– Justement Anna, c'est dangereux en bas ! Si ja—
– Moi j'suis du côté de ma s½ur, intervient Julian. J'crois qu'on ne devrait pas aller au sous-sol, on sort et on s'en va pour retrouver Harry et Louis. »
 
Je suis tellement touchée par ce qu'il dit que je passe un bras autour de ses épaules pour lui faire un câlin. Même si c'est loin d'être le moment d'être émue.
 
« Il faut qu'on les empêche de nous suivre, reprend Thomas, qui semble céder.
– Alors on ouvre quand même les portes du sous-sol ?
– Et si on avait une grenade, est-ce que ce serait moins dangereux ?, demande Julian.
– Oui mais on n'en a pas, je soupire.
– Bah... »
 
Julian ouvre son sac et en sort un petit objet ovale qui m'effraie complètement.
 
« Bon sang mais t'as eu ça où ?
– Dans le sac de Truman. Comme il n'avait pas le droit de l'avoir car Harry ne voulait pas qu'il ait d'armes lourdes, il n'a pas pu dire qu'elle avait disparu...
– T'es génial, bonhomme ! »
 
Thomas s'en empare et cette fois-ci, il semble d'accord qu'on le suivre. C'est Julian qui crochète la serrure pendant que Thomas lie nos doigts ; je crois qu'il a peur pour moi autant que j'ai peur pour lui. Mais ça me rassure de savoir qu'on reste à ses côtés.
 
« C'est bon ! »
 
Julian ouvre la porte et j'attrape sa main avant qu'on ne sorte en file indienne. L'alarme résonne toujours et elle est bien plus forte dans les couloirs. Il n'y a personne à l'horizon et c'est presque déstabilisant de voir que tout est vide. Elles ne sont pas beaucoup, mais pourquoi est-ce qu'elles ne sont pas là ?
 
On descend les escaliers en courant et c'est une fois dans le hall d'accueil qu'on se met à chercher un accès au sous-sol.
 
« Là ! », nous indique Thomas, sa voix couvrant à peine le vacarme de l'alarme.
 
Nous n'avons pas le temps de faire un pas de plus qu'on se retrouve nez-à-nez avec Sally et Thomas pointe son arme en direction de sa tête, sans même hésiter une seconde.
 
« Non attends !, elle s'empresse de dire. Je vous cherchais partout ! J'ai—
– Tu te fous de ma gueule ?, tranche Thomas. Putain mais c'est sur tes dires que je me suis retrouvé dans le cagibi !
– Parce que c'était le meilleur moyen pour qu'elles baissent leur garde avec moi et que vous vous retrouviez tous les trois au même endroit ! »
 
Ce qu'elle dit semble logique mais Thomas ne baisse pas son arme pour autant et je n'ai pas l'intention de me mettre entre eux.
 
« Tu vas les conduire à New Heaven ?, demande Thomas.
– J'irais forcément moins vite que vous, elles penseront vous piéger mais ce sont elles qui se feront avoir en arrivant car vous serez prêts ! Elles ne savent pas pour la voiture !
– Où est-ce qu'elles sont ?
– Confinées dans une pièce au dernier étage. Je suis censée gagner ma place auprès de la Reine Rouge en désactivant l'alarme. »
 
Thomas baisse son arme et se tourne vers moi ; il me vole un baiser qui me déchire le c½ur parce que j'ai l'impression que c'est un au revoir.
 
« Julian et toi, vous sortez. Vous vous cachez et vous nous attendez. On ouvre les portes et on sort immédiatement. Si nous ne sommes pas là dix minutes après l'explosion, vous partez, c'est clair ?
– Non ! On doit venir avec toi !, je dis la gorge serrée. S'il te plaît.
– Je ne vous laisse pas le choix. »
 
Il s'approche pour nous serrer dans ses bras et il embrasse à nouveau mes lèvres à plusieurs reprises.
 
« Dix minutes, ok ? »
 
Je vois trouble et lorsque je cligne des yeux, des larmes coulent le long de mes joues. Thomas et Sally disparaissent derrière une porte et je redeviens l'adulte responsable qui doit veiller sur Julian. On reste plantés dans le hall quelques secondes parce que j'espère que Thomas va remonter tout de suite mais lorsqu'on entend hurler d'en bas, mon sang se glace et je serre fort la main de Julian.
 
« Ça c'est pas Thomas, il dit.
– Ni Sally. Putain, y a des chasseurs. »
 
J'ai la gorge serrée et c'est Julian qui m'oblige à bouger. On se précipite à l'extérieur et il m'aide à redresser une benne à ordure pour qu'on puisse s'y cacher. L'odeur est immonde mais on est à l'abri et on peut regarder ce qu'il se passe grâce au couvercle défoncé qui ne ferme plus correctement. J'essaie de ne pas pleurer mais c'est vraiment difficile. J'ai mal au c½ur, au ventre. Je tremble comme une feuille et la main de Julian dans la mienne ne m'aide pas à me calmer. C'est trop long et il n'y a toujours pas d'explosion. On ne dit rien avec Julian, le silence qui nous enveloppe est pensant. Au moins dix minutes se sont écoulées et toujours pas d'explosion. Rien. On n'entend presque pas l'alarme de l'extérieur mais elle est toujours en fonction. Le temps passe encore, c'est insupportable.
 
Puis sans qu'on ne l'attende plus vraiment : une explosion se fait entendre. C'est Thomas, c'est forcément Thomas ! Commencent alors les dix minutes les plus longues de toute ma vie. Ma montre ne fonctionne plus depuis longtemps – avant même l'apocalypse parce que je la portais bien plus comme un bracelet que comme une montre depuis qu'elle n'avait plus de pile – alors je compte dans ma tête. Une minutes, puis deux.
 
« Louis !, s'exclame Julian en chuchotant malgré tout. C'est Louis ! C'est Louis ! »
 
Sans se soucier de rien, Julian ouvre le couvercle de la benne à ordure et s'en échappe pour courir jusqu'à Louis.
 
« Julian !, j'appelle en sortant à mon tour. Retourne te cacher ! »
 
Mais il ne m'écoute pas et fonce dans les bras de Louis qui se baisse pour lui faire un câlin.
 
« Vous allez bien ?, il s'inquiète en me regardant. Vous n'êtes pas blessés ?
– Non, non. On va bien.
– Ok. Il faut regagner la voiture ! »
 
Julian se détache de lui et la chape de plomb qui nous tombe dessus me brise tous les os. On dévisage Louis : il a les yeux rouges, le nez qui coule, la face complètement salie.
 
« Où est Harry... ?, je demande la voix tremblante.
– Là-bas, dans un caddie. Il faut vraiment qu'on parte, il a besoin de soins et— »
 
Lorsque je vois Thomas arriver au loin, je n'écoute plus rien et je lui cours dans les bras ; il me réceptionne avec difficulté et dépose un baiser sur mon front.
 
« Doucement...
– Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ?, je m'inquiète immédiatement. Mais c'est le sang de qui ?, je demande en constatant que son sweat est imbibé de sang au niveau de l'épaule, du ventre – et sans parler de son front qui saigne abondamment. Où est Sally ?
– On s'est battus..., il hésite à poursuivre et mon c½ur bat la chamade. Et je l'ai balancé dans la pièce avant de fermer la porte. 
– T'as fermé la porte sur elle ? Tu l'as enfermé avec des Impurs ?
– Ils sont tous attachés, c'était tellement flippant de voir ça. Quand je l'ai entendu hurler, j'ai dégoupillé la grenade et je suis remonté. J'ai été projeté contre le comptoir alors—
– Il faut partir ! »
 
Thomas relève la tête et semble réaliser que Louis est là seulement lorsqu'il nous interrompt.
 
« Louis ?
– T'es surpris de me voir ? »
 
Le ton de Louis sonne comme une provocation et c'est la première fois que j'entends ça dans sa bouche ; il est amer – et peut-être même en colère.
 
« Non mais j'ai...
– J'avais le droit de choisir, t'entends ? J'avais le droit !
– Thomas, de quoi il parle ?, je demande avec inquiétude.
– Je devais penser au nom de tous les survivants, je ne savais pas quoi faire et j'ai pensé que c'était ce qu'il y avait de mieux ! Quand l'Amiral m'a demandé de me taire, j'ai simplement obéi aux ordres et j'ai— »
 
Un hurlement les interrompt et le regard de Louis change complètement ; la colère se dissipe pour laisser place à une grande inquiétude – bien trop grande pour un seul homme. C'est un chasseur qui a crié, même s'ils ne peuvent pas sortir de l'hôtel pour l'instant, ils pourraient trouver un moyen.
 
« On doit regagner la voiture, Harry a besoin d'aide, répète Louis.
– On en a pour plus vingt heures de route !, je m'inquiète immédiatement. On n'aura pas assez d'essence, pas assez de vivres pas de—
– On ne rentre pas à New Heaven, annonce Louis.
– Quoi ? Pourquoi ?
– Parce que Truman a dit où nous nous rendions avant de mourir, qu'on va me chercher et qu'il est hors de question qu'on me trouve.
– Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
– Tu demanderas à Thomas plus tard, tranche Louis. Il y a des vélos le long de l'immeuble, vous les prenez et vous foncez, ok ? Vous préparez la voiture, vous remettez de l'essence et vous aménagez l'arrière du Pick Up en lit. J'arrive avec Harry et on part immédiatement. »
 
Julian se serre contre lui et Louis lui rend son étreinte. Moi aussi, je vais le serrer dans mes bras avant qu'il ne rebrousse chemin pour rejoindre Harry, dissimulé je ne sais pas trop où.

 
. . .

 
Thomas a appris la route qui mène à la voiture avec Harry et n'a aucun mal à retrouver son chemin. On n'a juste tourné en rond dans la ville parce qu'il hésitait entre deux noms de rue et qu'elles étaient toutes les deux à l'opposé mais nous sommes enfin arrivés. Thomas n'a pas dit un mot, il est blême et sa dispute avec Louis semble tourner en boucle dans son esprit – tout comme dans le mien.
 
« Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Louis ?, je demande alors qu'on récupère toutes couvertures qu'on trouve dans la maison.
– Rien. »
 
Je m'apprête à insister mais il lance un regard en direction de Julian et je comprends qu'il faudrait qu'on se retrouve seuls. Alors on prépare la voiture exactement comme Louis nous l'a demandé ; j'ai l'impression qu'on est extrêmement lents parce que la pression retombe soudain et que j'aurais pu dormir un siècle si j'en avais eu le temps. C'est quand on se retrouve adossé à la voiture, à fixer le bout de la rue, que je prends mon courage à deux mains.
 
« Julian ? Thomas et moi on doit discuter.
– J'ai compris, il soupire. Je vais m'enfermer dans la voiture.
– On rentre un peu... klaxonne si tu as un problème, ok ?
– Ok. »
 
J'attends qu'il soit dans la voiture et qu'il ait fermé à clé pour qu'on puisse rentrer avec Thomas ; il traîne un peu des pieds et moi aussi. J'ai l'impression que c'est grave et en même temps, j'ai confiance en lui. Il me fait asseoir sur le canapé et s'installe sur la table basse en face de moi. On a partagé un bon moment dans ce salon et j'ai peur qu'un mauvais souvenir y prenne vie.
 
« Avant que je te dise quoi que ce soit, je veux que tu saches que j'ai toujours été sincère avec toi et avec tout le monde. Mais surtout avec toi. »
 
Je souris et je m'approche pour lui voler un baiser, mais il m'empêche rapidement d'atteindre ses lèvres.
 
« Anna, s'il te plaît. »
 
Je me recule et il caresse mon visage avant de prendre ma main.
 
« Quand nous avons décidé de partir en expédition pour escorter Louis, Harry et lui sont allés l'annoncer à Truman alors que j'ai été chargé de faire un rapport à l'Amiral.
– D'accord.
– Je lui ai dit qu'on partait avec Harry et Louis et qu'à notre retour, Louis s'installerait au village. Il m'a répondu que si tout se passait bien, Louis ne rentrerait pas. »
 
Mon sourire se gomme, mon c½ur loupe un battement – ou plusieurs – et c'est très douloureux.
 
« Pourquoi ?
– Parce que Truman était venu lui expliquer, à son arrivée, que pour en savoir plus sur le virus, il fallait autopsier Louis.
– Autopsier ? Mais on autopsie quelqu'un quand il est...
– Quand il est mort, oui. Le virus a muté et il est devenu un parasite qui s'accroche au cerveau.
– Comme une bête ?
– Oui. Exactement comme ça. Mais la bête que Louis a dans le cerveau est morte et c'est pour ça qu'il faut l'étudier et... »
 
Il baisse la tête et ça me serre le ventre.
 
« Je ne savais pas quoi faire, tu comprends ? Moi je ne connaissais pas Louis, je voulais juste qu'on puisse croire que les choses rentreraient dans l'ordre un jour. Encore plus depuis qu'on est tous les deux. Tu mérites mieux que cette vie de— »
 
Sans que je ne comprenne pourquoi, Thomas ferme les yeux si fort que je réalise qu'il a mal à la tête. Il appuie longuement sur ses tempes, il les masse, et il ne m'entend pas parler pendant de longues secondes.
 
« Qu'est-ce qu'il y a ? Thomas ? Qu'est-ce qu'il y a ? T'as mal ? THOMAS !
– Ça va, c'est rien. »
 
Il semble se reprendre et moi, je suis complètement perdue. Je n'arrive pas à savoir s'il a fait le bon choix ou pas, est-ce que j'aurais fait le même ? Est-ce qu'Harry aurait fait le même, si Louis n'avait pas été celui qu'il aurait fallu autopsier ?
 
« J'aurais dû le lui dire, j'aurais dû lui laisser le choix. »
 
Je hoche la tête, même si je n'en sais rien. Je crois que j'aurais aimé avoir le choix, à la place de Louis. Mais c'est à la place de Thomas qu'il faut se mettre et je ne sais pas ce que j'aurais fait.
 
« C'est pas grave, Thomas. Je suis sûre qu'il peut comprendre. Il va... Thomas ? »
 
À nouveau, il se crispe et prend sa tête entre ses mains. Il serre les dents pour ne pas laisser passer de cris de douleur et ça m'effraie bien plus que ça ne devrait.  
 
« Bon sang mais qu'est-ce que t'as ? Qu'est-ce que... t'es blessé ? Sally t'a blessé ? C'est ton sang ici ? »
 
Je tends une main pour atteindre son sweat-shirt, complètement abîmé et déchiré au niveau du col. Même s'il a un mouvement de recul, il se laisse faire, alors je découvre son épaule pour révéler une blessure sanguinolente et vraiment dégoûtante.
 
« Bon sang mais qu'est-ce qu'elle t'a fait ? »
 
Lorsqu'il lève les yeux vers moi, le regard voilé, mon c½ur se serre – même si je refuse de comprendre ce que ça signifie.
 
« Qu'est-ce qu'elle a fait ?, je répète faiblement.
– C'est pas elle.
– Si c'est elle, j'insiste. Bien sûr que si !
– Non, j'ai... Anna, s'il te plaît, ne fait pas comme si tu ne comprenais pas.
– Je ne comprends pas, je dis alors que ma respiration s'accélère, je comprends rien, j'ai pas... qu'est-ce qu'elle t'as fait ? Elle—
– Elle m'a agrippé quand je l'ai bousculée dans le sous-sol. On s'y est retrouvés tous les deux et j'ai... j'ai été mordu.
– Mais non, t'as réussi à sortir, c'est pas grave. »
 
J'approche mes mains pour les poser sur sa blessure mais il m'en empêche. J'essaie de me souvenir si on a échangé un baiser depuis qu'il est sorti de l'hôtel, j'essaie de me convaincre que oui, mais je crois qu'il n'a eu que des gestes tendres, qu'il a pris les devants chaque fois que j'ai eu l'intention de poser mes lèvres contre les siennes.
 
« C'est pas grave.
– Arrête.
– Mais c'est pas grave, je répète pour me convaincre. Louis va trouver une solution, on va trouver un vaccin, il va t'aider, pas vrai ? Ça va aller. T'es peut-être immunisé, toi aussi.
– Je la sens dans ma tête, Anna.
– Non, c'est parce que tu connais sa forme, c'est parce que tu..., t'as rien du tout, j'en suis sûre. Ça va aller. »
 
Ma gorge est complètement serrée, je tremble, j'y vois plus rien tellement j'ai de larmes dans les yeux, mais je refuse de comprendre ce qu'il se passe. Comme si mon cerveau était verrouillé parce qu'il savait à quel point Thomas m'est devenu vital. Je refuse d'entendre que c'est trop tard parce que c'est impossible. Pas quand on est sur le point de rentrer. Pas quand le cauchemar est terminé. C'est trop injuste pour que ça se passe comme ça.
 
« On va trouver une solution, je tente encore, t'as plusieurs heures et—
– Je ne vais pas venir avec vous, Anna.
– Quoi ?, je dis sans pouvoir retenir mes sanglots cette fois-ci. Mais si, tu viens ! Ou bien on reste là, je reste avec toi !
– Non, Harry peut encore être sauvé et il ne faut pas que vous soyez séparés, tu comprends ? Je refuse de vous mettre en danger, je ne sais pas ce qu'il peut se passer, à quel moment je vais... »
 
Il se lève sans terminer sa phrase et quand je comprends que c'est pour récupérer l'arme qu'il cache dans son dos, mon sang quitte ma tête au point que j'en ai des étourdissements.
 
« Non, je dis alors que mes sanglots redoublent.
Si, Anna. Vous allez avoir besoin de cette arme et je n'ai pas envie d'attendre que cette chose détruise celui que je suis. Je ne veux pas devenir un Impur, tu comprends ? Je ne veux pas t'oublier ni oublier personne d'autre. J'peux pas les laisser gagner.
Je ne vais pas te tirer dessus, je peux pas faire ça, je dis en pleurant, je peux pas.
– Si tu peux. Et tu vas le faire parce que Louis est sur le point d'arriver et qu'il va avoir besoin de toi. Tu vas devoir l'aider et veiller sur Julian et sur Harry.
– Mais t'as qu'à le faire, toi ! T'as qu'à tirer tout seul !, je rétorque en colère. T'es qu'un lâche, Thomas ! J'avais confiance en toi et tu baisses les bras alors que— »
 
À nouveau, il est pris de maux de tête qui lui font perdre l'équilibre et quand j'essaie de l'aider à s'asseoir, il me bouscule avec violence.
 
« ME TOUCHE PAS ! », il hurle agressivement, avec une voix que je peine à reconnaître.
 
Je reste pétrifiée, même si les larmes continuent d'inonder mes joues. Je n'ose plus bouger, je respire à peine. Son visage est dur et même s'il me fixe, j'ai la sensation qu'il ne me voit pas. Je ne sais pas combien de temps je reste figée mais ça me semble être une éternité. Je murmure son prénom du bout des lèvres et la lueur chaleureuse, qu'il a naturellement dans le regard lorsqu'il me voit, se ravive.
 
« Pardon Anna... »
 
Ses lèvres tremblent et c'est quand une larme lui échappe que je comprends qu'il se bat déjà depuis un moment, qu'il fait tout pour gagner encore quelques minutes.  
 
« Mais c'est douze heures, non ?, je demande la gorge serrée.
– Peut-être que c'est douze heures maximum ? Peut-être que ça prend plus ou moins de temps en fonction des gens ? 
– Tu as mal ? 
– Oui. »
 
Il se tait et je comprends que je ne peux pas le laisser souffrir ; ce serait trop égoïste. Je respire difficilement et lorsque je tends une main vers la sienne pour récupérer son arme, je tremble comme une feuille. J'ai pas envie de faire ça, mais c'est moi qui serait lâche si je l'abandonnais maintenant.
 
« Merci, il souffle du bout des lèvres alors que je m'approche de lui pour l'étreindre une dernière fois.
– Ne me laisse pas tomber, d'accord ? Je veux être sûre que tu resteras près de moi quoi qu'il arrive.
– Une part de moi sera toujours avec toi. Tu as ma parole. »
 
Il me serre contre lui et je ne peux pas lâcher prise, je n'y arrive pas. Je ne pourrais pas le regarder dans les yeux et lui tirer dessus comme s'il était déjà devenu un Impur alors, sans quitter ses bras, je retire la sécurité et arme le pistolet. Mon c½ur tambourine dans ma poitrine mais je suis incapable de lever le bras, et c'est lui qui attrape mon poignet pour me forcer à placer le canon contre sa tempe.
 
« Ça va aller, Anna. Libère-moi. »
 
Je hoche la tête et, toujours contre lui, sans être capable de le regarder, je place mon doigt sur la détente, je bloque ma respiration.
 
Et je tire.
 

#RAMfic
 

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Comments :

  • resteavecmoific

    18/04/2017

    @Cartooune wrote: "Ce chapitre a été tellement dur à lire ! J'ai carrément pleuré, c'est pour te dire. J'ai cru que Louis se barrait sans Harry, j'ai paniqué. Même si je me doutais que c'était pour aller chercher les autres, mais on sait jamais qu'il ne soit pas arrivé à temps... J'en reviens pas que Louis ait tué Truman ! Je pensais pas qu'il en serait capable, mais en même temps, dans des situations pareilles, quand on menace la vie de la personne qu'on aime forcément on est capable de tout. En un chapitre tu nous as débarrassé de Sally et Truman, c'est parfait. Bon par contre Thomas.... C'est trop horrible. Puis que ce soit Anna, la fille qu'il aime qui doit l'achever, c'est quand même vraiment atroce. Être si jeune et vivre autant de souffrance, ça devrait être interdit. Comment tu veux qu'ils ne soient pas traumatisés après ça ? Je crois pas qu'on puisse trop en vouloir à Thomas au sujet de Louis. Il le connaissait pas, et dans un contexte comme celui là, c'est quoi une vie quand tu peux potentiellement sauver l'humanité ? Et après, une fois qu'il a appris à connaître Louis, comment il pouvait leur avouer ? Qui l'aurait fait à sa place ? Pas moi en tout cas, j'aurai pas eu le courage et j'aurai vécu avec cette culpabilité toute ma vie.
    J'espère que ça va s'arranger pour eux, qu'ils vont trouver une solution et que NH va rester un lieu paisible et en sécurité...Super chapitre en tout cas❤️
    "

    Ahah c'est Harry celui qui abandonne, pas Louis... xD Je pense que Louis lui-même ne s'en pensait pas capable mais quand tu réalises que t'as pas le choix, que c'est lui ou la personne que tu aimes, dans un contexte post-apocalyptique sans justice, sans rien de moral, tu réfléchis pas trop longtemps...
    Je ne sais pas trop comment Anna pourrait se remettre d'un truc comme ça, ce sera pas facile... Mais bon, je pense qu'elle s'en serait encore plus voulu de l'avoir laissé en plan, se transformer. Là, au moins, il repose en paix. Et oui, je suis d'accord avec toi. Malheureusement, il ne connaissait pas Louis et comme Harry avant lui, il a pensé à la communauté avant de penser à un seul individu - puis ça s'est renfoncé avec sa relation avec Anna. Surtout que oui, comme tu dis, une fois que t'es attaché à la personne, comment tu peux lui dire "mdr au fait, ils vont t'autopsier donc tu vas pas rentrer, maintenant que je t'aime bien et qu'on a fait ce voyage hyper dangereux pour rien, je peux le dire"... impossible xD
    J'espère aussi que tout va s'arranger parce qu'il ne reste plus qu'un chapitre ! ❤

  • resteavecmoific

    18/04/2017

    BeProudOfYourMind wrote: "Mais quel chapitre wow! On sent la tension tout le long c'est dingue que tu arrives à faire ressentir ça. J'aime beaucoup ce tome, j'ai l'impression de découvrir une facette de ton écriture qu'on ne connaissait pas et ce genre me plait beaucoup!!! (Bon Apres c'est pas parce que je laisse un gentil commentaire qu'Harry doit finir en gruyère au fond d'un trou avant la fin de la fiction hein)"

    Merci beaucoup, je suis contente de savoir que j'arrive à transmettre ce genre d'émotions parce que j'avais l'impression que c'était pas trop le cas xD C'est un beau compliment et il me touche ❤ Ahah, je vais essayer de ne pas trop lui faire mal !

  • resteavecmoific

    18/04/2017

    Chiara wrote: "Je te hais, je te hais BEAUCOUP Et Je t'adore, je sais pas je suis confuse, ce chapitre me confusionne. Anna me fait vraiment De La peine c'est horrible ce qu'elle a a endurer et ce parasite dans le cerveau de louis Et Harry complément HS Et AAAAAARGH ! Bon sinon est ce que carmel est toujours sur La carte ? Ou même La Ou les parents d'Harry étaient supposés être ? Parce que moi je parie La dessus pour la destination de notre gaufrette rambo... pfffff c'est émotionnellement fragilisant ton truc La j'avais pas prévu de pleurer aujourd'hui, tant pis "

    Je te sens confuse en effet xD C'est vrai qu'ils sont un peu dans une situation délicate mais Louis va trouver une solution. Je crois que Carmel n'est plus sur la carte depuis longtemps malheureusement ! Ça pourrait être pire comme situation mais bon... xD Ça peut toujours s'aggraver, on en sait rien. Merci pour ton commentaire ❤

  • resteavecmoific

    18/04/2017

    Visiteur wrote: "Je commente quasiment jamais mais la j'étais obligée. J'ai même pas les mots je suis sous le choc. Ton histoire est juste magnifique et tu écris merveilleusement bien à chaque fois que tu écris une fiction je suis transporterreur directement dans l'histoire et c'est trop bien.
    P.S : t'avais pas le droit de faire ça 😭😭😭
    "

    Merci de prendre le temps de commenter alors !! Merci beaucoup pour les compliments également, c'est très gentil ❤

  • resteavecmoific

    18/04/2017

    Butterfly1802 wrote: "Oh putain !!!!
    Je ne sais pas quoi dire de plus. J'ai lu ce chapitre en apnée !
    J'ai détesté Thomas parce que je ne m'attendais pas à ce qu'il soit un "traitre" et pourtant j'avais les larmes aux yeux en lisant la fin. Pour lui ? Pour Anna ? Je ne sais pas. C'est juste horrible mais si bien écrit !
    Félicitations Mélanie ❤
    "

    Merci beaucoup ! Oui, je ne sais pas si traître est le bon mot mais ça a été un choc pour Louis d'apprendre qu'il savait depuis le début. Merci en tout cas, c'est très gentil ❤

  • resteavecmoific

    18/04/2017

    ALifeMadeOfSongs wrote: "Non, non, non, non NON....Pauvre Anna...C'est haletant, bouleversant, effrayant, magnifiquement écrit...J'ai peur...Je ne respire plus...Thomas...Harry...Je veux la suite!
    Merci pour ce nouveau chapitre!
    Et bravo à Louis, épatant en héros du jour. (-:
    Bisous.
    @YseNinou.
    "

    Merci beaucoup ! Louis est déterminé à sauver tout ceux qu'il peut mais bon, c'est pas facile non plus... ❤

  • resteavecmoific

    18/04/2017

    VisiteuSe wrote: "😢😢 non mais... tu nous demandais de trouver un nom pour le couple et là tu nous tues Thomas... c'est trop trop méchant 😭😭😭😭😭
    Mais c'était un superbe chapitre (au fond de moi tant que tu ne touches pas à Harry et Louis tout passe...)
    Me tarde de lire la suite 😘
    "

    Oui mais... il a pas eu de chance :(
    Merci beaucoup ❤

  • resteavecmoific

    18/04/2017

    TropicalEffect-Larry wrote: "Mais Mél !!!! t'as osé faire ça pour mon anniv ??!!! t'as pas honte ??!!! Entre la scene entre Louis et Harry et Anna et Thomas, bah vive l'ambiance ! rolala quel chapitre ! C'était intense. Je croise les doigts, les orteils pour que la suite se passe mieux.... J'AI PEUR "

    Désolée T-T Faut espérer que le prochain chapitre soit moins catastrophique xD

  • resteavecmoific

    18/04/2017

    Visiteur wrote: "Ça devait être une histoire fleurette et sans larmes 😭😭"

    Le premier tome, oui... ❤

  • resteavecmoific

    18/04/2017

    Visiteur wrote: "il est actuellement 2:43 du matin et je pleure toute seule dans mon lit... Il leur arrive rien de bon en ce moment, j'espère qu'ils pourront au moins rentrer tous les 4 à New Heaven en sécurité... Can't wait ! Merci pour tes fictions je les adore 🤗"

    Il faut croiser les doigts, mais je pense qu'ils sont déterminés à s'en sortir ! Merci beaucoup ❤

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