Lifeline – Épilogue

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Lifeline – Épilogue
Lifeline – Épilogue
Lifeline – Épilogue

Hiver 2022. Le Pensionnat, Tennessee.
 
Lorsque la neige s'est mise à tomber sur le village, j'ai bien cru qu'elle ne s'arrêterait jamais. Le froid nous a pris de court – mais nous ne sommes pas les seuls à avoir été surpris. Les Impurs – ou les Décérébrés, comme ils préfèrent dire ici – semblent avancer au ralenti, comme si les bestioles n'étaient pas bien immunisées contre le froid. Certains Impurs meurent, d'autres sont incapables de courir, d'attaquer... alors nous en profitons pour faire le ménage. Chaque jour, nous passons plusieurs heures à braver la neige et le vent glacial pour faire tomber les têtes de tous les Impurs que nous croisons. Aujourd'hui, je profite de la présence d'Anna pour ramener des vêtements à tout le monde parce que nous n'étions pas du tout préparés à cette vague de froid. Mais ce n'est pas toujours simple de trouver des tenues chaudes dans une ville où la fin du monde a eu lieu en été. Nous nous sommes donc tous les deux rendus à l'autre bout de la ville en Pick Up pour tenter notre chance dans un magasin spécialisé dans le sport ; les Impurs ont infesté les lieux et nous avons beaucoup de chance que le froid les rende moins agressifs, parce que nous pouvons en venir à bout rapidement et sans danger.
 
« Il te plairait ce manteau ?, je demande à ma Anna en levant haut dans l'allée un manteau de ski rose et noir.
– Tu veux pas prendre triple XL non plus ? »
 
Je hausse les épaules. J'en sais rien. Elle s'approche de moi et m'arrache rageusement le manteau des mains.
 
« Franchement, je vais nager dedans !
– Peut-être, mais ton manteau sera fermé. On le prend aussi en S, si tu veux. Pour l'année prochaine. Si tu tombes malade, ça va devenir compliqué, tu le sais. »
 
Je dis en caressant ses cheveux. Elle jette un air agacé mais elle capitule.
 
« Ok. On le prend en deux tailles.
– Mets-le tout de suite, s'il te plaît. 
– J'ai ma polaire, je—
– Anna, je tranche, il fait -2°C. Tu enfiles ce manteau et tu le fermes jusqu'en haut. »
 
Elle serre les dents – et peut-être même qu'elle m'insulte en plusieurs langues dans sa tête – mais elle enfile le manteau et s'il est vraiment trop large dans les manches et les épaules, elle peut le fermer entièrement.
 
« Tiens. »
 
Je rajoute un bonnet noir avec un pompon à sa tenue, et lui enroule une écharpe autour du cou.
 
« Tu te fiches de moi ?, elle demande.
– Non. J'ai même des gants pour quand on sortira. J'ai pris la même chose pour Julian et Louis. Ma mère a déjà ce qu'il faut pour Rick et elle, on s'occupe que de nous aujourd'hui.
– Ok. Je vais chercher des chaussures et des chaussettes, elle m'annonce. Tu regardes si y a pas une luge ou... j'sais pas, un truc pour les petits ? Ils s'ennuient un peu en ce moment. 
– J'ai vu une librairie en venant, je lui dis.
– Ok, on s'arrêtera pour prendre des livres et de la papeterie. »
 
Je hoche la tête.
 
« Ne baisse pas ta garde, je lui rappelle alors qu'on va se séparer.
– Oui, ne t'inquiète pas. Hey Harry ?
– Hm ?
– C'est ça que vous faisiez à New Heaven ? Quand vous alliez faire les courses ?
– Oui. Pourquoi ? »
 
Elle hausse les épaules et me tourne le dos pour disparaître dans les rayons. Nous ne parlons pas de New Heaven – ou très peu – parce que nous sommes effrayés de penser que cette ville n'existe peut-être plus, ou que les gens que nous y avons connus sont tous morts. Je crois que nous avons un peu honte de notre lâcheté, de notre égoïsme, et qu'on se complait à penser que personne n'a jamais trouvé la ville. Parfois je me demande s'ils ont su continuer de s'organiser, si Chris a su trouvé sa place parmi les adultes. Je me demande comment vont Lenny, Mila, Charlie... Graham et Clara, aussi. Lorsque j'y pense trop et que Louis s'en rend compte, il vient se blottir contre moi et me rappelle que c'est lui qui a fait un choix et qu'il referait toujours le même parce qu'il m'a sauvé et qu'il nous a mis en sécurité. Mais c'est difficile de me déculpabiliser parce que je portais cette ville à bout de bras et je l'ai abandonnée. Julian oublie un peu, Anna se dit qu'elle a bien plus sa place ici que là-bas et c'est ce qui m'aide à relativiser. Ma famille se porte bien, elle est heureuse et en sécurité ; de nos jours, c'est tout ce qui compte.
 
J'attrape encore quelques vêtements, je farfouille pour trouver des jeux pour les enfants et je rejoins Anna dans les rayons. Elle est à quatre pattes, au pied du caddie qu'on a trouvé dans l'entrée.
 
« Sérieusement ?, je demande en la regardant avec un air blasé.
– Bah quoi ? Écoute, on fait les courses, ok ? Moi je ne vais pas tout me traîner jusqu'à la voiture, c'est lourd.
– Donc tu fixes des surfs à un caddie.
– Quoi, t'as une meilleure idée ? »
 
Je secoue la tête parce que, en effet, je n'ai pas de meilleure idée et que, malgré tout, on pourra remplir le caddie au maximum.
 
« Tu devrais pas te tortiller comme ça, c'est pas bon pour le—
– Le quoi ?, elle me coupe sèchement.
– Anna... »
 
Je soupire tristement ; si on ne parle pas de New Heaven, on ne parle pas non plus de son état actuel et, plus le temps passe, plus je m'inquiète de l'avenir.
 
« J'ai pas envie d'en parler, tu peux comprendre ça ?
– Oui, je peux comprendre. Mais ça fait cinq mois et tu ne peux pas faire comme si de rien n'était, tu saisis ?
– Si, je peux. »
 
J'entends qu'elle a du mal à articuler parce qu'elle se retient de pleurer et ça me fend le c½ur. Je n'aime pas la bousculer, mais personne n'ose le faire et, au Pensionnat, chaque fois qu'elle se retrouve seule avec moi et qu'elle sent que je vais aborder le sujet, elle fuit. Aujourd'hui, elle ne peut pas fuir.
 
« J'aimerais vraiment qu'on en parle, j'insiste.
– Y a rien à dire.
– Si. Y a des tas de choses à dire, au contraire.
– Mais j'en voulais pas de ce bébé, tu comprends ? »
 
Son ton est sec et quand elle se relève pour me faire face, elle a déjà les yeux rougis par les larmes.
 
« Je veux Thomas. Pas ça, elle dit en pointant son ventre. C'est même pas un cadeau, putain. J'ai... il va... »
 
Sa voix se brise et elle prend une seconde pour tenter de se ressaisir ; je crois l'entendre insulter ses hormones mais elle parvient à garder le dessus.
 
« C'est pas un monde pour avoir des enfants. Qu'est-ce que je fais de lui, moi ? Hein ? Comment je le nourris ? Comment je l'élève ? Et si je meurs à l'accouchement ? Je viens d'avoir 18 ans et j'ai vraiment pas envie de ça. Je veux que Thomas revienne. C'est tout ce que je veux. »
 
Cette fois-ci, elle est incapable de retenir ses sanglots. Je ne crois pas l'avoir déjà vu pleurer à ce sujet et ça me retourne l'estomac. J'hésite à m'approcher mais, comme elle me laisse faire, je l'attire contre moi pour la serrer dans mes bras.
 
« Je sais que c'est difficile, p'tit c½ur. Si je pouvais prendre ta place, je le ferais, mais t'es pas toute seule. On est tous là. Tu as une famille qui t'aime et qui te soutient.
– Pourquoi ?, elle demande la gorge serrée. C'est moi qui l'aie tué. C'est moi qui—
– Tu sais que c'était la meilleure des solutions, je lui rappelle. Peu importe le choix que tu aurais fait, tu t'en serais voulu parce qu'il est mort et que tu as besoin d'un coupable. Mais ce n'est pas toi la coupable, c'est le virus, tu comprends ?
– Je ne veux pas de ce bébé, elle insiste.
– Alors on le confiera à une femme du Pensionnat.
– Quoi ? »
 
Elle s'écarte vivement de moi et la tristesse dans ses yeux est rapidement remplacée par une panique que je n'avais jamais vue avant.
 
« Eh bien... si tu ne veux pas de ce bébé, nous le confirons à une femme qui sera heureuse de l'élever.
– Mais non ! »
 
Je la regarde avec un pâle sourire. Je crois qu'elle est tellement confuse qu'elle ne réalisait pas les conséquences de son déni. Peut-être que la prise de conscience dont n'arrête pas de parler ma mère pour me rassurer est en train de se faire sous mes yeux.
 
« Mais qu'est-ce qu'on va en faire, si tu n'en veux pas ?, je demande bêtement.
– Mais Louis et toi vous pouvez le garder ! »
 
Je souris ; parfois j'oublie que la maturité qu'elle a acquise ces derniers mois n'efface pas son âge et qu'il lui arrive encore d'être une adolescente.
 
« Comment tu veux qu'on fasse pour le nourrir ? Même avec tous les efforts du monde, Louis et moi on n'arrivera jamais à l'allaiter.
– Les femmes du village non plus !, elle insiste.
– Si. Il n'y a pas besoin d'être enceinte ou d'avoir accouché pour allaiter.
– Bien sûr que si !
– Non, Anna. Même sans utérus une femme peut allaiter, ce sont des hormones qui provoquent les montées de lait alors n'importe quelle femme peut allaiter si—
– Mais pourquoi tu mens ? Hein ? Comment tu peux savoir ça ?
– Une amie de ma mère ne pouvait pas avoir d'enfant, quand j'étais plus jeune, elle s'est battue pendant des années pour adopter et une adolescente qui ne pouvait pas garder son enfant l'a choisi dans le cadre d'une adoption ouverte.
– Elle a pu allaiter l'enfant ?
– Oui, bien sûr. Elle s'y est préparée mais elle a pu le faire. Elle estimait que c'était important pour créer un vrai lien entre elle et le bébé, puisqu'elle ne l'avait pas porté. Pour ton bébé, ça dépasse un peu le stade du lien parce qu'on n'a pas d'autre choix pour le nourrir avant qu'il ne passe aux purées mais... si tu n'en veux pas, on peut trouver une solution. »
 
Les mains sur son ventre, Anna me fixe avec un air hébété. Comme si c'était la première fois qu'elle réalisait que c'était son bébé et qu'elle y tenait quand même un peu.
 
« Si je le donne, ce ne sera plus mon enfant ?
– Non.
– Mais c'est mon bébé, je n'ai pas envie qu'une autre femme s'en occupe ! C'est tout ce qu'il me reste de Thomas ! »
 
Je hoche la tête, sans rien répondre. Anna percute et, même si elle a mis cinq mois, c'est beau à voir.
 
« Tu ne vas pas donner mon bébé, pas vrai ?, elle s'inquiète soudain. T'as déjà demandé à quelqu'un ? C'est Kelly qui le veut ?
– Je ne donnerai ton bébé à personne si jamais tu décides de le garder.
– Bien sûr que je le garde ! »
 
Malgré moi, je me mets à rire et elle me bouscule.
 
« Interdiction de se moquer d'une femme enceinte, t'as compris ?
– Ah, t'es enceinte maintenant ? T'es pas juste ballonnée ?
– Arrête ou je me remets à pleurer ! »
 
Je sais qu'elle en serait capable alors j'arrête – je ne voudrais surtout pas qu'elle fasse machine arrière.
 
« Tu as pris tout ce dont tu avais besoin ?, je lui demande.
– Oui, je crois. J'ai pris des choses pour Julian, aussi. Et puis je sais que ta mère a tout ce qu'il faut mais je lui ai quand même trouvé des chaussures. Je les trouve sympa.
– Elle sera contente. 
– Cool. Tu m'aides à pousser ce truc ? »
 
Je regarde l'engin qu'elle a confectionné en riant et je balance toutes les affaires que j'ai trouvées dedans pour pouvoir le pousser. En réalité, elle ne m'aide pas du tout, mais son idée de caddie à surfs fonctionne vraiment bien et ce n'est pas difficile de regagner le Pick Up. Elle m'aide à charger à l'arrière et on reprend la route.
 
« Tu crois qu'on pourrait s'arrêter là ? », elle demande à mi-parcours.
 
Je tourne la tête et lorsque je vois qu'elle désigne une boutique entièrement dédiée à la petite enfance, je n'hésite pas une seconde et je m'arrête au milieu de la route ; après tout, c'est bientôt Noël.
 
. . .
 
Lorsqu'on se gare devant la maison, Anna prend plusieurs sacs pour m'aider mais je lui jette un regard noir.
 
« Pose ça tout de suite !
– Juste deux sacs, c'est bon !
– Non.
– Un ?
– Anna ! »
 
Elle part en râlant pour m'envoyer Rick.
 
« ET TU T'ASSOIES !, je lui hurle sans bouger de l'arrière du Pick Up pour être sûr qu'elle a bien entendu.
– Qu'est-ce qu'il y a ?, demande Louis en sortant accompagné de mes parents. Oh la vache, mais qu'est-ce que vous avez ramené ?
– Une chambre, pour le bébé. »
 
Le regard de ma mère s'illumine et je crois que cette nouvelle soulage tout le monde.
 
« On a pris les trucs les plus pratiques, mais c'étaient aussi les plus lourds. J'avais trop peur qu'en rentrant elle change à nouveau de discours alors elle m'a aidé à porter mais elle avait mal au ventre sur le retour.
– Je m'en occupe !, dit ma mère. Et comment t'as fait ? Pour lui faire entendre raison ?
– Je lui ai dit qu'il fallait qu'on trouve une famille d'accueil au bébé et elle n'a pas supporté. Parce que c'est le sien, ce qui lui reste de Thomas. »
 
Le silence qui suit ma phrase est lourd, mais ma mère disparaît pour rejoindre Anna et on se retrouve entre hommes.
 
« C'est quoi ce gros cartons ?, demande Louis.
– Un lit évolutif de je sais pas quoi. C'est de zéro à sept ans. Y a une table à langer intégrée qui se transforme en je sais pas quoi plus tard. Moi j'ai vu que ça allait jusqu'à sept ans, j'ai pas cherché plus loin. Nan mais tu réalises que ce truc coûte plus de 800 dollars ?
– Harry... c'est pas comme si t'avais eu à les dépenser.
– Bah encore heureux ! Je l'aurais fabriqué moi-même, son lit évolutif. Quatre planches de bois et ça suffit. »
 
Il pouffe de rire et je lève les yeux au ciel.
 
« Devine qui est venu aujourd'hui ?, il enchaîne alors que Rick commence à sortir le carton du cosy.
– Si c'est ce satané chat, je te jure que—
– Un mot méchant sur lui et on divorce, il enchaîne.
– Mais on n'est même pas mariés !, je rétorque en levant les yeux au ciel.
– Ça signifie rien une alliance pour toi ?, il demande faussement offusqué.
– Non. Beaucoup moins que les sentiments ou les actes. Y a des tas de gens qui ont des alliances et qui vont voir ailleurs.
– Pas dans notre monde, il me rappelle.
– Normal, tout le monde est mort. »
 
Il soupire et tire un carton d'un coup qui lui tombe sur le pied. Je me précipite pour lui venir en aide et il me repousse.
 
« J'ai pas besoin de toi !, il râle.
– Je le repositionne sur ton pied ou je le décale sur le côté quand même ? »
 
Louis éclate de rire et me bouscule en n'oubliant pas de préciser que je suis vraiment très chiant.
 
« ANNA ! ANNA VIENT VOIR ? »
 
La voix de Julian qui résonne dans la maison nous fait tous paniquer et, sans perdre une seconde, on se retrouve tous les six dans l'entrée ; Julian brandit un téléphone portable fièrement.
 
« Il fonctionne ! Il s'est rallumé grâce au chargeur !, s'exclame fièrement Julian.
– Sérieux ? Il s'est allumé ?, s'étonne Anna.
– Oui ! C'est quoi ton code ?
– Zéro, zéro, zéro, zéro. », elle répond, surexcitée.
 
Y a quelques jours, elle a trouvé son ancien portable dans le fin fond d'une des poches de son sac à dos de survie et Julian s'est mis en tête de le rallumer grâce à l'électricité qu'on a avec l'énergie solaire, mais en hiver... c'est un peu compliqué. Quoi qu'apparemment, la persévérance a du bon.
 
« Regarde ! Ça fonctionne ! Oh, c'est qui sur ton fond d'écran ?
– Justin Bieber. », elle répond aussi sobrement qu'elle le peut.
 
On éclate tous de rire et Anna pique un fard.
 
« Bah quoi ? J'étais fan, j'y peux rien. C'est dingue ce qu'on peut être con à quinze ans. Qui mettrait autre chose que les gens qu'il aime de nos jours ? C'est à eux qu'on doit penser tout le temps. Pas à un pauvre type qui ne sait rien de notre existence. Mais il est quand même beau gosse.
– Tu vas prendre une photo de moi ?, demande Julian.
– J'sais pas, j'ai peur que tu fasses planter mon téléphone !, elle dit en riant. Hey mais j'ai plein, plein de musiques là-dedans ! On va pouvoir en écouter !
– Si c'est que du Justin Bieber, je pense qu'on peut s'en passer, je lui réponds.
– Pff.
– T'as des photos ? », demande Julian.
 
Le silence se fait parce qu'elle réalise que oui, elle en a plein. J'imagine facilement son c½ur s'emballer et sa gorge se nouer parce qu'elle comprend qu'elle va pouvoir se souvenir d'un monde qui n'existe plus. Je crois que je n'aimerais pas revoir toutes ces photos à sa place. Mais Anna est plus courageuse que moi alors elle va s'installer dans le canapé, Julian à ses côtés, et elle commence à faire défiler les photos d'une adolescence qu'elle ne retrouvera plus jamais.
 
. . .
 
On ne met pas loin d'une demi-heure à décharger le contenu du Pick Up dans la maison et au moins une heure à étudier l'organisation des pièces pour accueillir le bébé d'Anna – pousser les murs n'étant malheureusement pas une option.
 
« Je suppose que vous proposer de construire une autre maison jus—
– NON ! »
 
Nous rejetons tous la proposition de Rick d'une même voix, et ma mère et lui échangent un regard complice.
 
« Ok alors... on peut toujours créer une chambre en plus dans le bunker, propose ma mère. À ce moment-là, Anna et Julian descendent. Julian aura sa propre chambre et Anna tu auras accès à la petite cuisine et tout ce qu'il faut pour le bébé et Rick et moi récupérons la chambre que vous vous partagez actuellement. Ça vous va ?
– On n'est pas obligés de créer une autre chambre, dit Anna à Julian.
– Tant mieux, il soupire, soulagé. C'est pas grave si le bébé pleure, il ajoute, moi ça me gêne pas du tout.
– Alors on s'occupera de ça demain, j'annonce. Là, il est déjà tard et Anna a besoin de se reposer. »
 
Elle ne se défend même pas alors on dîne dans le plus grand des calmes, et après avoir jouer un peu aux cartes, montrer à Julian tout ce qu'elle avait choisi pour lui dans la librairie, Anna est allée se coucher. Rick et ma mère ont suivi à peine quelques minutes plus tard et Julian a traîné un long moment à réclamer des histoires avant de sombrer contre moi. Je l'ai porté jusque dans son lit, je l'ai bordé et je suis sorti sans même réveiller Anna.
 
« Il ne reste plus que nous, je chuchote en revenant au salon.
– On n'y a pas pensé mais on pourrait rajouter un étage à cette maison, non ? Les remparts sont assez hauts, pas vrai ?
– Louis... je t'ai déjà dit que rien ne pourra inonder le bunker.
– On vit près d'un lac. Assez près pour qu'il nous offre l'eau courante.
– Louis, on ne meurt pas noyé dans sa maison.
– On ne meurt pas non plus noyé dans sa voiture et pourtant, moi j'y ai bu la tasse à plusieurs reprises ! »
 
C'est plus fort que moi, je me marre et je l'attire à moi pour lui faire un câlin.
 
« Je vais réfléchir pour l'étage, je dis pour le rassurer.
– Merci. J'aime déjà pas savoir tes parents là-dedans alors...
– Amour... stop. Il est tard. »
 
Il hoche la tête et glisse ses mains froides sous mon t-shirt.
 
« Trop tard pour faire l'amour ? », il demande en souriant.
 
Je pouffe de rire en écrasant tendrement mes lèvres contre les siennes ; bien sûr que non, il n'est jamais trop tard pour ça.
 
. . .
 
Je crois que c'est ce que j'aime le moins dans le froid de l'hiver : ne pas pouvoir dormir nu contre Louis après avoir fait l'amour, sous peine de mourir d'hypothermie. Alors nous voilà emmitouflés dans des pyjamas chauds et enfouis sous trois couettes, blottis l'un contre l'autre.
 
« C'est bien qu'Anna ait enfin accepté ce bébé, me dit Louis après de longues minutes de silence.
– Oui. Elle sera une bonne mère. »
 
Louis hoche la tête et hésite un moment avant de reprendre la parole.
 
« Et toi, t'as toujours pas envie d'aborder New Heaven ?
– Non. », je réponds sèchement.
 
Louis se relève pour s'asseoir et je me redresse sur mes coudes pour pouvoir le regarder.
 
« Harry... ça te ferait du bien qu'on en discute un peu. Je suis sûr que le labo abritait deux pauvres scientifiques qui n'ont jamais pu atteindre le village ou qui l'ont intégré.
– Comment tu peux être sûr de ça ?
– Et comment tu peux être sûr de l'inverse ?, il rétorque. Tu ne dois pas te torturer pour un choix que j'ai fait, tu comprends ?
– Choix que je n'aurais pas fait si j'avais été conscient !
– Mais tu ne l'étais pas !, il s'emporte. Bon sang mais tu réalises que c'est toi qui m'as dit que je savais où aller ? T'as vraiment pensé qu'on se cacherait dans la maison jusqu'à ce que tu reprennes du poil de la bête pour ensuite retourner à New Heaven ? Pour moi c'était évident que tu parlais du Tennessee !
– On aurait peut-être pu les prévenir, les sauver...
– Mais sauver qui ? Pourquoi ? T'as pas compris que si tu voulais survivre dans ce monde, il fallait être égoïste ?
– Parce que toi tu l'es, peut-être ? »
 
Louis me jette un regard noir quand il comprend ce que je sous-entends.
 
« Je t'ai dit de partir, à ce moment-là. Tu aurais pu être égoïste et tu ne l'as pas fait.
– Tu m'as demandé de t'abandonner. Est-ce que tu réalises ?
– Et tu ne l'as pas fait.
– Bien sûr que non, enfin ! Bon sang mais comment est-ce que tu veux que je te laisse pour mort au milieu de la route ? Hein ? T'es complètement taré ! Je n'abandonne pas quelqu'un que j'aime, j'en suis incapable. J'suis pas comme toi. »
 
Je serre les dents parce que cette remarque est aussi douloureuse que du sel sur des plaies ouvertes, mais je ne l'ai pas volée et, après coup, elle m'arrache un sourire.
 
« Pourquoi tu te marres ? C'est la dispute qui te fait rire ou t'es complètement stupide ?
– Non c'est pas ça.
– Bah c'est quoi alors ?, il répond avec agacement.
– C'est qu'on est toujours les mêmes malgré toutes ces années, on n'a pas changé : moi qui ne fais pas les bons choix, toi qui tentes de me pousser à bout pour qu'on se dispute et que tu aies une raison de devenir hystérique.
– Hey, il râle avec un petit sourire.
– Et tu sais ce qui ne changera jamais non plus ? »
 
Il hausse les épaules nonchalamment, comme s'il s'en fichait complètement alors que je sais très bien que son c½ur bat la chamade, tout comme le mien.
 
« Peu importe à quel point on se chamaille, à quel point on s'éloigne, le destin nous réunis à chaque fois à cause d'une promesse que je t'ai faite à Carmel et que personne ne peut briser. Pas même nous. »
 
Louis sourit parce qu'il sait. Il s'approche de moi et se faufile entre mes bras pour réclamer un câlin que je ne lui refuse pas. Je tire à nouveaux les couettes sur nous pour qu'on soit bien au chaud ; la dispute est annulée et ça me convient bien.
 
Lorsque Louis lève les yeux vers moi, je n'ai pas besoin de l'entendre me dire qu'il m'aime pour le comprendre ; c'est écrit sur son visage, dans ses yeux. Ça irradie de lui, comme une aura que je ne peux pas voir mais que je ressens et qui fait battre mon c½ur plus fort, plus vite. La promesse qu'on s'est faite est bien plus forte que tous les je t'aime qu'on a déjà pu se dire, parce que c'est elle qui nous maintient en vie, c'est elle qui nous force à nous battre. Ce sont ces quelques mots qui nous poussent à nous surpasser chaque fois qu'on veut baisser les bras parce que, finalement, ce serait plus facile parfois. Ces quelques mots qu'il a prononcé avant de prendre la route du Pensionnat et que je me suis répété en boucle pour ne pas lâcher prise.
 
« Tu restes avec moi ?, il murmure près de mes lèvres.
– Je reste avec toi. »
 
À jamais


#RAMfic Et voilà... ce voyage touche à sa fin et j'ai été ravie de le partager avec vous. J'avais beaucoup de craintes quand à la réussite de ce projet que je trouvais beaucoup trop ambitieux pour moi et j'espère donc ne pas vous avoir trop déçus ! Dire que tout ça partait simplement d'un OS ! Je tenais à remercier toutes les personnes qui ont pris le temps à un moment ou à un autre de me laisser un petit mot - ici ou ailleurs - pour me dire ce qu'ils pensaient de mon histoire, ça me touche beaucoup. J'espère que vous êtes satisfaits de cette fin, que cette histoire vous a permise de vous éloigner et de voyager un peu ; moi j'ai beaucoup aimé l'écrire et la partager avec vous. Merci encore

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Comments :

  • 1Direction-pasactive

    27/05/2017

    J'ai adoré
    Félicitations, ta fiction es top, pleine de rebondissements et les ambiances drs tome sont tellement différent c'est vraiment surprenant. J'adore cette petite famille a laquel je me suis attaché et au deux personnages principaux ☺
    Continue d'écrire j'ai vraiment beaucoup aimé ❤

  • Visiteuz

    24/04/2017

    Hello
    Je sais pas trop quoi dire, je me sens vraiment apaisée, j'ai l'impression que chaque chose est à sa juste place.
    Merci infiniment d'avoir écrit cette histoire et merci la vie de t'avoir donné l'envie de l'écrire.
    Cette fiction a vraiment été longue mais jamais je ne me suis ennuyée ou lassée. Je te l'ai deja dit dans un comm sur le dernier chapitre, en fait ta fiction m'a fait le contraire de lasser, elle m'a fait ressentir trop d'emotions en meme temps. Je me suis sentie vivante, et merci aussi infiniment pour ça.
    Je suis meme pas triste que ça soit la fin parce que les persos je les garde dans mon coeur.
    Bravo × 10000000
    Tu es très douée, c'en est magnifique.
    Bonne continuatioooon!! (Que je compte suivre de près haha ) ❤❤
    PS: Bravo l'éducation sexuelle, heureusement que thomas lui a pas refilé une maladie! (Omg une idee vient de traverser mon esprit, si ça se trouve il avait pas le virus, il avait une MST. Olalala en fait c'etait de la prevention ta fiction!!!) Desolee mdr je m'égare
    Bisous

  • resteavecmoific

    24/04/2017

    AboutCharlie wrote: " J'ai tellement aimé cette histoire, merci merci merci merci à toi de l'avoir écrit !"

    Merci beaucoup, je suis contente qu'elle t'ait plu ! ❤

  • resteavecmoific

    24/04/2017

    maaaaanue wrote: "J'arrive pas à croire que c'est fini ! :'((((( Merci beaucoup de nous avoir, une fois de plus, permis de vivre à travers tes personnages et leur aventure ♥"

    Merci à toi d'avoir suivi jusqu'au bout ❤

  • resteavecmoific

    24/04/2017

    Visiteur wrote: "oh my god je suis amoureuse de cette fiction.... c'est la meilleure que je n'ai jamais lue! elle va tellement me manquer ☹ Merci à mon auteur préférée pour ses chef d'½uvre, tu met un peu de douceur et d'amour dans ma vie ❤"

    Merci beaucoup, c'est vraiment adorable ❤

  • Visiteur

    24/04/2017

    oh my god je suis amoureuse de cette fiction.... c'est la meilleure que je n'ai jamais lue! elle va tellement me manquer ☹ Merci à mon auteur préférée pour ses chef d'½uvre, tu met un peu de douceur et d'amour dans ma vie ❤

  • ALifeMadeOfSongs

    23/04/2017

    Quel beau voyage tu nous as proposé là, toutes époques confondues. Que ce soit la légèreté des premiers instants , la gravité du tome 2, la course pour survivre de ce 3e tome...Chaque instant partagé fut un plaisir.
    Merci de continuer à nous proposer de belles histoires, toujours différentes, originales et émouvantes.
    Au plaisir de te retrouver ailleurs, bientôt.
    Bon dimanche,
    @YseNinou.

  • JulietteOD

    23/04/2017

    C'est la fin olololo. Je suis triste quand même. Je suis l'histoire depuis son début quand même! Je vais essayer de faire un beau et constructif commentaire parce que tu le mérites.

    Pour commencer, je suis une fan de tous tes écrits, j'aime tes histoires qui se démarquent des autres et surtout celle-ci parce que de nos jours beaucoup de fictions se ressemble mais comme la tienne, c'est la seule. Je te remercie de nous avoir fait partager ton histoire parce qu'elle vaut sincèrement le coup d'être lu et j'en suis littéralement fan.

    Ensuite(bon je sens mon commentaire va partir dans tout les sens, sans aucun sens oups), cette histoire est un gros coup de coeur, je me suis tellement attaché à tous les personnages,(sauf les pas très gentils mais un peu quand même) à chaque fin de chapitre j'avais qu'une hâte c'était la suite parce qu'on veut vraiment savoir ce qu'ils leurs arrivent à nos héros. J'ai vraiment accroché à ton histoire parce que on ne voyait pas toujours la même chose fin ce que je vais dire c'est que l'histoire ne tournait pas en rond, il y avait des nouveautés à chaque tome et ÇA c'est top!!

    Je ne crois pas avoir commenter tes chapitres et je regrette car tu mérites qu'on te félicite plus souvent pour ça.

    Bon je vais m'arrêter pour le moment parce que MDR le bordel, il est 5h du mat' tout va bien.

    Merci pour cette aventure qui nous à fait passer par tous les sentiments, j'ai adoré voyager avec nos deux acolytes.
    Bonne continuation! ♡ gros bisous

    Et plein d'amour pour Louis, Harry, Anna, Julian et tous les autres habitants. Que la vie leur apporte enfin de la paix et de la stabilité.

    (Je dois t'avouer que je suis un peu ému de les quitter, ils vont me manquer.)

  • @Cartooune

    23/04/2017

    Mélaniiiiiiiie ! Je veux pas que ce soit finiiiiiii :( (et la rime c'est cadeau héhé). C'est passé beaucoup trop vite...
    Anna enceinte de Thomas ? Jusqu'au bout tu lui en as fait voir de toutes les couleurs la pauvre ! Mais elle est forte Anna, elle se relèvera toujours. Puis même si pour le moment elle a du mal à s'y faire, je suis sûre qu'elle va se rendre compte que ce bébé c'est une très bonne chose. C'est la seule chose qui lui reste de Thomas, mais c'est aussi la meilleure. C'est beau de se dire qu'il va lui rester un petit bout de Thomas, un petit être vivant qui, hopefully, aura beaucoup de ses traits. C'est sûr que pour elle ça n'a pas été facile, qu'elle est très jeune et que c'est pas le monde dans lequel on aimerait élever nos enfants en théorie, mais...sincèrement je trouve que ce n'est pas une mauvaise chose. Elle va être une super maman, elle aura l'aide de sa nouvelle famille (et je fangirl rien qu'à penser à ça, sa "nouvelle famille"), et ça va surement l'aider à aller de l'avant. Puis ils sont à l'abris dans ces remparts, ils vont vivre une vie paisible désormais.
    Je crois que Louis a raison, même si je comprends la culpabilité que ressens Harry. Dans la vie, et surtout dans des situations comme celles-ci, on ne peut pas toujours penser pour le bien commun. Parfois pour sa propre survie et celles des personnes qu'on aime, il faut être égoïste. Tout le monde en aurait fait de même à la place de Louis. Même Harry. Parce qu'il a beau se sentir responsable de New Heaven, je suis pas sûre qu'il aurait pris le risque de mettre en danger (plus qu'ils ne l'étaient déjà) sa famille pour le bien de la communauté. C'est horrible s'ils ont été chassés/tués/pillés par les autres mais ce n'est pas vraiment de la faute d'Harry ou de Louis. C'est celle de Truman. Je comprends malgré tout qu'Harry s'en veuille, c'est légitime. Et ça doit être dur de gérer la culpabilité et de vivre avec. Mais...c'est la vie. Et du moment que Louis, Julian et Anna vont bien, c'est l'essentiel. Puis il a retrouvé sa mère, Rick et sa cousine, c'est vraiment bien pour lui.
    Je sais même pas quoi dire de la fin tellement c'est ldnfcjjzkhfuzbf. Ils s'aiment tellement bon sang ! Je crois que ce que je trouve le plus beau c'est qu'ils n'ont pas besoin de se dire qu'ils s'aiment. Parce que c'est rien comparé à toutes les manières qu'ils ont trouvé pour se le montrer. Qu'ils se promettent de toujours rester ensemble et que même malgré les disputes et même LA FIN DU MONDE BORSEL DE M**** (!!!!!) d'une façon où d'une autre ils arrivent à se retrouver, c'est...c'est dire à quel point leur amour est sans limites. Dans le chapitre précédent, quand Louis dit à Anna qu'il a galéré à porter Harry jusqu'à en pleurer, ça m'a fait réaliser à quel point tout est décuplé quand il s'agit d'une personne à qui l'on tient. Louis la gaufrette qui essaie tant bien que mal de soulever son amoureux deux fois plus balaise que lui et qui y arrive parce bah, clairement c'est pas possible autrement, ça prouve que l'amour nous pousse toujours à donner le meilleur de nous-même, et puiser dans des forces dont on ignore complètement l'existence. Louis a réussi à sauver sa nouvelle petite famille, si c'est pas beau ça !
    D'ailleurs, mon dieu que ça me fait fondre de me dire qu'ils ont une famille, qu'ils vont s'occuper de Julian comme de leur propre fils. Qu'ils vont être des super tontons pour l'enfant d'Anna. C'est tellement inespéré quand on vit dans leur monde ravagé.
    Quand on pense au début de l'histoire et à la fin, y a littéralement un monde. Comment une amourette de vacances à pu se transformer en monde rempli de zombies MDR ? Mais c'est ça qui est génial, parce qu'on a à la fois l'impression de lire 3 histoires complètement différentes et pourtant tellement logiques et dans la continuité. Parce que même si le monde autour d'eux à complètement changé, eux sont toujours restés les mêmes. Je te le dis à chaque fois mais tu as tellement un talent de dingue ! Tes histoires sont toutes géniales, toujours bien ficelées, bien pensées, bien organisées et cohérentes. Et surtout, (et ça aussi je te le dis à chaque fois), il y a toujours des petites morales, des petits messages sur la vie, sur les relations amoureuses, ou les relation avec les autres en général, c'est un réel plaisir parce que ça donne à réfléchir. Par exemple, tout au long de RAM, tu nous as donné à réfléchir sur "doit-on écouter son coeur ou sa raison". Parce que finalement c'est toujours face à ces choix que Louis et Harry se sont retrouvés. Et ils s'en sont très bien sortis. Parce que ce sont des bonnes personnes. D'ailleurs c'est aussi ça que j'adore dans tes histoires, c'est que tes personnages sont toujours de très bonnes personnes qui te donnent envi de t'améliorer. J'aimerai être aussi courageuse que Harry, Louis ou même Anna ou Julian.
    En tout cas, cette histoire va énormément me manquer. Mais j'ai hâte de la relire (ça y est j'ai commandé le livre sjdlvhdfjkgbhfdb) (mais je vais pas l'avoir tout de suite, je le fais arriver chez mes parents et je rentre pas avant 2 semaines :()
    Merci pour cette histoire Mélanie. Elle était super, et très différente de ce que j'ai l'habitude de lire. J'espère que tu vas nous concocter une nouvelle histoire !
    Oh ! Et merci de prendre le temps de répondre aux commentaires, et pour toutes nos discutions, j'adore discuter avec toi ❤️
    (Désolée pour ce pavé MDR)

  • Visiteur

    22/04/2017

    Tu écris merveilleusement bien cette fiction est juste magnifique, tu a réussi à me faire rentrer dans l'histoire et c'est depuis le début. C'est une belle aventure qui s'arrête là et j'espère qu'il y en aura d'autres. P.S: C'est l'une des meilleures histoire que j'ai lu ( isil en fait partie aussi )

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